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Si, d’un point de vue négatif, l’argent a été souvent associé à la fraude, à l’achat des consciences, lors des élections, il n’en demeure pas moins que mathématiquement, il garde une étroite corrélation avec le résultat issu des urnes.

En effet, selon nos sources, les partis politiques qui arrivent en tête au niveau national et par ordre décroissant sont l’Adéma-Pasj, l’Urd, le Rpm, le Cnid, le Mpr, la Codem, le Parena, Sadi et l’Udd. Les montants les plus élevés accordés aux partis politiques selon le financement public, sont destinés, toujours dans l’ordre décroissant, à l’Adéma-pasj, l’Urd, le Rpm, le Mpr, le Cnid, le Parena, Sadi…

Ces chiffres prouvent donc, même si ce n’est pas scientifiquement irréfutable, qu’on ne saurait occulter le rôle du financement public dans les performances des hommes politiques. C’est pourquoi les formations politiques ont toujours réclamé que le financement soit accordé avant les échéances électorales.

Dans le cadre du renforcement de la démocratie, puisque les partis ont, entre autres rôles, de former et de sensibiliser leurs militants, cette aide est attribuée aux partis qui remplissent les critères exigés. Les indépendants qui réclamaient ce financement n’ont pu l’obtenir pour la simple raison qu’ils ne remplissent pas les critères édictés par la charte des résultats des partis politiques.

Au demeurant, accorder un financement public à un indépendant n’équivaudrait-il pas à dévoyer la chose politique puisque ce serait ouvrir la porte aux opportunistes de tous genres tout en créant une prolifération de candidats. Par ailleurs, il conviendrait de signaler la bataille feutrée menée par le pouvoir contre les partis politiques, notamment ceux de l’opposition. Il n’est donc pas surprenant, que, de plus en plus, on assiste à un effritement des résultats des partis de l’opposition pendant les élections.

Malgré tout, cette stratégie n’a pu barrer la route aux partis, en propulsant les candidatures indépendantes, notamment celles des affidés du pouvoir. Décidément, la conquête du pouvoir est avant tout, une affaire des partis politiques qui s’y sont investis, à travers des comités, sous sections, sections et directions. La prolifération des indépendants ne saurait être le signe de la bonne santé d’une démocratie, mais plutôt la négation du travail idéologique des partis.

L’exemple de la candidature du fils du président sénégalais, Abdoulaye Wade est patent. Karim Wade, malgré ses moyens financiers et l’appui notoire de son père, a essuyé un cinglant revers dans la capitale sénégalaise, Dakar, dont la mairie a été remportée par la coalition de l’opposition.

En somme, le constat fait lors des élections communales de 2009 est la prédominance des partis politiques. Selon nos sources, les partis politiques ont obtenu environ 82 % des sièges suivis des regroupements de partis, avec 9 % et des indépendants 7 %.

C’est donc une débâcle pour les indépendants qui pensaient rééditer, même si c’est au niveau local, les performances d’ATT dont la personnalité doit être située dans le cadre des épiphénomènes. D’autant plus que, parmi ces candidats indépendants, figurent plusieurs transfuges des partis politiques qui se sont opposés aux statuts et règlements intérieurs et claqué la porte de leurs formations.

Il est donc surprenant que des partis politiques s’allient à ces transfuges, tout en clamant l’esprit partisan. C’est dire la chose et faire son contraire, en s’attirant le dépit des populations.

Baba Dembélé

07 Mai 2009