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C’est en moins d’un mois que les électeurs retourneront aux urnes pour élire de nouveaux conseillers communaux devant conduire la destinée des communes urbaines et rurales pour un mandat de cinq ans. Au moment où certains acteurs politiques se plaignent du fichier électoral, estimant qu’il comporte beaucoup de lacunes, d’autres, au sein de la classe politique, qu’ils soient candidats, simples militants ou électeurs, sont en train de mûrir leur projet consistant à se faire élire le plus grand nombre de conseillers.

Il faut être à la base, auprès des électeurs pour se rendre compte de certaines actions programmées et qui risquent de porter un coup dur au processus électoral. Ces actions, comme il faut s’y attendre, concerne la préparation des fraudes massives.

Sans argent pas de succès

Comment cela peut-il être encore possible, après tant d’années de pratique démocratique au Mali? Certains vous répondront que la fraude n’est pas l’apanage d’un pays ou d’un continent, mais que tout est question d’organisation des acteurs politiques qui ont les moyens, à défaut d’éradiquer la fraude, de la réduire au maximum en s’impliquant à tous les niveaux du processus électoral.

A en croire certains, des acteurs politiques sont toujours prêts pour les élections de proximité, en ce sens qu’ils sont convaincus que pour être candidats, il faut avoir de l’argent à distribuer entre les électeurs. On se rappelle que même pour être bien positionné sur les listes de candidatures, il faut débloquer des sommes importantes variant d’un parti à l’autre.

Au-delà de ce positionnement, en plus des campagnes électorales qui sont d’emblées financées, il faudra que le jour du vote, tout candidat ait de l’argent qui sera utilisé pour faire une mobilisation massive des électeurs. De l’avis d’un groupe de jeunes, on ne passe pas à ces élections à cause de la popularité ou du sérieux, mais à cause des moyens qu’on mettra à la disposition des électeurs.


Les astuces


Les astuces sont nombreuses:
il y a les mille francs des électeurs, des sommes plus ou moins importantes qui sont versées à des jeunes ou femmes capables de mobiliser plusieurs autres le jour du vote.

Cela est habituel le jour du vote et des candidats se préparent activement pour s’adonner à cette pratique. Pour ce faire, ils sollicitent les services des jeunes dynamiques des quartiers ainsi que de femmes jouissant d’une grande popularité. Certains estiment que c’est la seule manière de tirer son épingle du jeu politique.

Pourtant, ces derniers moments, des conférences ont été animées sur la fraude élctorale et la corruption politique. Pour enfoncer le clou, un débat télévisé a été organisé, réunissant toutes les sensibilités politiques afin d’échanger sur la fraude et les lacunes et insuffisances dans l’organisation des élections communales de 2009. Comme il fallait s’y attendre, les avis étaient partagés sur ces questions.

Le peu d’engagement des acteurs politiques

Toute chose qui démontre que le processus électoral ne s’améliore pas à hauteur de souhait, non pas à cause de l’absence de volonté politique du pouvoir en place, mais surtout du peu d’engagement des acteurs politiques pour résoudre les vrais problèmes du processus électoral.

D’ores et déjà, il y a lieu que les uns et les autres se ressaisissent et que, par la voie de l’argumentation, ils amènent progressivement le pouvoir à initier les réformes nécessaires pour la consolidation du processus démocratique dans l’intérêt de tous.

Le plus important étant la volonté politique qui est sans équivoque, le reste appartient à la classe politique qui est plus intéressée que quiconque pour qu’il y ait des élections transparentes et crédibles. L’accent doit être mis sur le changement de comportement et de mentalité pour l’atteinte des objectifs voulus.

Moussa SOW

02 Avril 2009