Partager


Si rien n’est entrepris par les autorités du pays, la situation risque de dégénérer à Kangaba, entre les deux grands partis du pays : l’ADEMA-PASJ et l’URD. Comme pour dire que décidément, on verra et entendra tout, à quelques encablures des élections communales du 26 Avril 2009.

En effet, lors des manifestations du parti à Kangaba, un responsable del’URD avait déclaré que son parti vient de bénéficier de l’adhésion des militants et responsaqbles de l’ADEMA-PASJ. Il avait même enfoncé le clou en déclarant que c’est une saignée au sein du parti de l’Abeille. Pire, ces propos ont été tenus lors du journal télévisé du 20 heures à l’ORTM.

Il n’en fallait pas plus pour que le Comité Exécutif (CE) de l’ADEMA réagisse violemment, tout en rassurant ses militants et militantes, particulièrement ceux de Kangaba, qu’il n’y a aucune démission de militants ADEMA-PASJ, à plus forte raison d’une prétendue adhésion à l’URD.

En effet, le Comité Exécutif du parti des Ruchers a proféré des mots très durs à l’encontre du responsable URD incriminé. Pour l’ADEMA-PASJ, la déclaration dudit responsable ne vise qu’un seul but : semer le doute et la zizanie dans l’esprit des militants ruchers. Mais comme on a pu le constater, c’est presque “l’arroseur arrosé”.

En effet, juste après le congrès de l’ADEMA en Octobre dernier, les responsables du parti avaient entamé une campagne de médiatisation du parti, à Bamako et à l’intérieur du pays, faisant croire que des militants et responsables d’autres partis, associations et groupements politiques ont adhéré à l’ADEMA. Mais Si quelques partis en perte de vitesse ont réellement adhéré à l’ADEMA, force est de reconnaître que la plupart des partis dits “de grosse pointure” ne l’ont pas fait. Il s’agit, entre autres, du PSP, du PDJ, de l’UDD et de AMRE-ATT, sans oublier le Mouvement Citoyen des 7 villages.

C’est d’ailleurs ce qui avait poussé l’ADEMA à l’ardeur. Ainsi, il ne se passait aucun jour sans qu’on n’annonce, dans les journaux ou à la radio, que des militants et responsables d’autres partis de telle ou telle localité ont adhéré à l’ADEMA. Ce qui va inciter le président du parti, M. Dioncounda Traoré, à déclarer que c’est sans problème que l’ADEMA gagnera les communales de 2009, et que le parti présentera son propre candidat à l’élection présidentielle de 2012.

Pourtant, la plupart des partis politiques concernés sont membres de l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP) mise en place à la veille des échéances électorales de 2007. Ce qui n’a pourtant pas empêché le parti de l’Abeille de vouloir chercher coûte que coûte à déstabiliser certains autres grands partis. Ce qui revient t à dire qu’en principe, la véracité de cette déclaration du responsable de l’URD devrait être acceptée par le Comité Exécutif de l’ADEMA.

Rappelons que l’URD a été créée en 2003 par des dissidents de l’ADEMA, dont le chef de file n’est autre que Soumaïla Cissé qui avait été trahi par des siens adémistes. En traitant les propos du responsable de l’URD d’allégations mensongères, le Comité Exécutif de l’ADEMA vient d’ouvrir des hostilités qui risquent de se transformer en guerre ouverte, au cas où l’URD décidait de riposter. Ce qui n’est guère un but à rechercher, car le souhait de tous les Maliens est que ces élections communales puissent se dérouler dans un climat serein et apaisé.

C’est dire que déjà, on comprend réellement les enjeux de ces communales qui constituent un passage obligatoire vers les échéances présidentielles de 2012. Pour qui connaît la rivalité (impalpable, mais réelle) qui existe entre l’ADEMA et l’URD, leur positionnement futur sur l’échiquier politique ne sera guère aisé, surtout que tous les moyens seront bons pour parvenir au but. Espérons tout simplement que cette guerre verbale entre ces eux grands partis ne se transformera pas en affrontements rangés.

Sadou BOCOUM

03 Avril 2009