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A quelques jours des échéances municipales du 26 Avril 2009, tous les partis politiques sont en train d’affûter leurs armes en vue de ratisser large. Aussi, le Parti pour la Solidarité et le Progrès (PSP) s’est fixé un objectif : engranger un grand nombre de Maires et de Conseillers municipaux.

Tirant les leçons et enseignements relatifs aux échecs lors des précédentes élections, et conscients des enjeux de ces élections communales d’Avril 2009, les responsables du premier parti politique créé au Mali (le 12 Février 1946) ont décidé de changer leurs fusils d’épaule. Ainsi, un peu partout, chacun s’implique de son côté pour rehausser l’image du parti et surtout, assurer son implantation et sa consolidation.


Après Bamako,
principalement en Commune II et III, le tour revient maintenant aux localités de l’intérieur du pays. Après donc Bankass, Bougouni et Yorosso, c’est au tour de Djenné d’entrer dans la danse.

Sous la houlette de M. Kola Amadou Cissé, Ingénieur de sont état, le PSP est en passe de ravir la vedette à l’URD, l’ADEMA et le RPM, grâce à des actions entreprises depuis deux ans par le parti.

Lors des législatives 2007 et des communales de 2004 , nous avions soutenu l’URD et l’ADEMA aux dépens du PSP . Mais à notre grande surprise, c’est le PSP qui s’est soucié du développement du cercle de Djenné avec des réalisations concrètes. Pour nous, rien ne pourra nous empêcher de voter pour le PSP. C’est une manière, pour nous, d’être reconnaissants envers ce parti”, a déclaré un habitant de Djenné.


Et un autre, d’enchaîner :
“Grâce à Kola Amadou Cissé du PSP, il y a eu des moulins, des batteuses de riz, des puits creusés, des jardins potagers aménagés, des actions humanitaires à l’endroit des handicapés, des projets montés et financés par des associations féminines. Vraiment, on a été surpris par tout cela, alors que nous avons refusé de voter pour eux en 2004 (communales) et en 2007 (législatives)”.

Notons que lors de l’adduction d’un canal d’eau à Mougna, les responsables du PSP avaient contribué au financement des travaux à hauteur de 500 000 FCFA. Cette part financière devait être prise en charge par les villageois.

Depuis lors, toute la Commune de Néma-Badenya-Kafo, dont le chef-lieu, qui n’est autre que Mougna, a décidé de rallier le PSP. “Le fait que cette Commune, qui est la plus peuplée et qui constitue un bétail électoral, nous ait rejoints nous réjouit énormément. Cela augure, pour nous, des lendemains meilleurs pour notre triomphe dlors de ces communales” , a indiqué M. Cissé.

En plus de cette Commune, plusieurs adhésions de responsables et militants d’autres partis ont été enregistées dans les rangs du parti dirigé par Oumar H.amadoun Dicko. Il s’agit des communes de Wouro Ali, de Fakala, Mourah et surtout, de Djenné-ville. Ces adhérents sont venus de l’ADEMA, de l’URD et du RPM. Parmi eux, on note le Maire et 5 conseillers qui ont quitté le RPM à Mourah, le Maire Dabi Bocoum de Wouro-Ali qui a quitté l’URD et enfin le Maire du Fakala, M. Mamadou Cissé. Ce qui fait que toutes ses lites ont été attaquées, mais les attaques ont été rejetées.

Avec cette confiance retrouvée, le PSP a donc décidé d’aller sur sa propre liste dans 9 Communes. Et dans 3 Communes, le parti a décidé d’aller en alliance. Rappelons, en passant, que le cercle de Djenné est effectivement composé de 12 Communes.

S’il plaît à Dieu, à l’allure où vont les choses, rien ne pourra nous empêcher de triompher à Djenné. Nous croyons que la population a su apprécier notre nouvelle approche dans le développement du cercle. On peut dire dans se tromper que le PSP renaîtra de ses centres à partir des communales. Ce qui nous permettra de mieux préparer les échéances législatives de 2012. Mais nous n’en sommes pas encore là”, a déclaré le Secrétaire Général du parti, Kola Amadou Cissé.

Rappelons que depuis 1992, le cercle de Djenné était sous la domination politique de l’ADEMA, puis de l’URD, jusqu’en 2007. Mais face aux promesses non tenues de ces deux partis, la population de Djenné a décidé de ne plus se laisser faire. “Maintenant, nous avons compris ; et fini l’achat des consciences. Nous savons qui se soucie du développement de notre localité, et les actions concrètes en parlent. En tout cas, nous ferons tout pour combattre la fraude sous toutes ses formes” , a déclaré un jeune de Djenné.

Cependant, malgré l’optimisme affiché des responsables du PSP, des incertitudes demeurent qui continuent de hanter leurs esprits : il s’agit du phénomène de la fraude dûe au trafic d’influence initié par certains leaders politiques qui continuent d’utiliser le nom du Chef de l’Etat comme fonds de campagne.

L’autre phénomène, c’est l’instrumentalisation de l’administration publique (préfets, sous-préfets, juges, gendarmes, gardes..). Ce qui fait que de 1992 à 2007, les autres partis ont abandonné le terrain politique. D’ailleurs, lors de la conférence de sa section à Djenné, le Président du RDS, M. Younouss Hamèye Dicko, n’avait pas mâché ses mots.

“Je vous demande instamment de lever le Gaawal ancestral contre la triche et la fraude électorales…. Les votes du peuple sont volés et pillés par une nouvelle oligarchie nantie d’argent sale ! Il faut traquer sans état d’âme les fraudeurs ! Et il faut que l’Etat y mette le prix et la volonté politique, pour éviter une dérive regrettable de notre démocratie ! En effet les fraudeurs ne reculent devant rien pour atteindre leurs objectifs, en utilisant la politique du mensonge et le machiavelisme le plus cynique pour lequel la fin justifie les moyens !”, avait-il martelé.

Face à cette gangrène de la corruption, il est donc impossible, pour les partis qui nourrissent un projet de société, de gagner librement des élections, à moins de procéder à l’achat des consciences. Toute chose que des partis comme le PSP se refusent à faire. Il revient donc aux électeurs de Djenné de faire la différence entre le vrai et l’ivraie, pour leur bonheur politique.


Sadou BOCOUM

02 Avril 2009