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UNE CREDIBILITE QUI SE DETEINT

Sans toucher à la respectabilité de la commission nationale d’observation de la lune (et des membres qui la composent) il faut tout de même retenir quelques uns de ses actes posés assimilables à des errements.

1- Il y a un an, au début du Ramadan, l’annonce, par la commission que la lune a été observée quelque part vers Mopti, a été faite à 03 heures du matin alors que plusieurs fidèles s’étaient mis en tête que le jeûn commencerait le jour suivant. On ne voit pas du tout comment une commission peut siéger au-délà de 21 heures pour coûte que coût “dégoter” une lune furtive et visible seulement quelques minutes. Ne faut-il pas fixer une heure au-délà de laquelle elle peut fixer le début ou la fin du carême musulman?

2- En octobre dernier, la commission a fait accroître le scepticisme et le malaise à son encontre: notre pays fêta tout seul l’Aïd El Fitr un jour avant le monde musulman.

LE SCENARIO DU PIRE EST ARRIVE CETTE ANNEE

La fête de Tabaski, elle, n’exige pas de scruter le ciel pour fixer instantanément sa date. Comme on le dit: “on a 10 jours et on peut voir venir en se la coulant douce”. Mais voilà.

La commission nationale d’observation de la lune nous a concocté un scénario digne des grands studios hollywoodiens, avec suspense, rebondissements et plaidoiries de grand barreau à la clé et ceci dans un contexte qui n’était pas bousculé du tout. Vendredi 22 Décembre, ses membres désignés, avec assurance, voire avec emphase, annoncèrent la célébration de l’Aïd El Kebir (la grande fête) pour le dimanche 31 décembre 2006, apparemment, en connaissance de cause et après avoir “épuisé toutes les autres voies de recours”, va-t-on dire.

Dans un premier temps, c’était la circonspection d’autant plus qu’on n’avait jamais vu un mois lunaire à 31 jours. Puis, s’installa le doute qui laissa rapidement lui-même la place à la gronde. Ouvertement, dans certaines mosquées, des fidèles s’élévaient contre cette façon de faire qui ne rimait pas avec l’islam. Un fidèle s’écria violemment dans une mosquée de Badalabougou “Comment peut-on fêter la fin du Ramadan avant tout le monde et fêter la Tabaski après tout le monde? C’est quoi ça?”
BRANLE-BAS AU MATCC

Dès lors, Issaka Traoré, Haïdara et autres… Thiam se lancèrent, deux jours plus tard, dans un exercice de haute voltige, en revenant à la radio et à la télé nous expliquer comment on tord une barre de fer dans l’autre sens, après que, contre tout bon sens, on l’eût coulé dans le mauvais moule. Toutes leurs explications se résumaient à dédire leur propre dire, sans paraître perdre la face. Pathétique!

Pourquoi ne pas dissoudre cette commission et se reférer à nos consulats et ambassades du moyen-orient où, avec 3 heures de décallage horaire, on peut voir venir? Plutôt que de garder une commission qui, chaque année, élève les dégrés au niveau de l’échelle de Richter de l’hésitation.

HAIDARA ML

11 janv 07