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Le comité syndical (syndicat de la police nationale)du Commissariat de police du deuxième arrondissement de Sikasso ne veut pas sentir le premier responsable de ce commissariat, le Commissaire divisionnaire, Madjouma Traoré. Les membres du comité syndical regrettent surtout un manque de soutien de leur chef tant dans l’exercice de leur profession que dans la vie sociale. Des accusations que l’intéressé juge non fondées.

Depuis des mois le torchon brûle entre le comité syndical de la police du deuxième arrondissement de Sikasso et le commissaire divisionnaire Madjouma Traoré.

Selon les responsables de ce syndicat qui se sont exprimés sous couvert d’anonymat, les policiers de leur commissariat sont laissés à leur propre sort face à tous les défis que ce soit sur le plan professionnel ou social.

» Quand nous avons un problème nous ne sentons pas que nous avons un chef. A titre d’exemple, un policier de notre commissariat a eu une prise de bec avec quelqu’un dans une boite de nuit. Quand ce dernier a été interpellé par la gendarmerie, au lieu d’intervenir pour sortir son agent d’affaire, il l’a plutôt enfoncé devant les gendarmes » a déploré notre interlocuteur. Ce n’est pas tout, un autre syndicaliste a enfoncé le clou en ces termes : » la semaine dernière il a refusé qu’on puise dans le fonds social pour acheter une moto à un inspecteur de police du même commissariat dont la moto a été volée devant une banque à la veille de la fête « .

Pour le comité syndical du deuxième arrondissement de Sikasso, il est temps que la direction régionale et la direction générale prennent leurs responsabilités pour mettre fin aux agissements du commissaire en question dont les méthodes «polluent l’atmosphère de travail».

Joint au téléphone dans la nuit du lundi 29 au mardi 30 octobre, le commissaire divisionnaire Madjouma Traoré a balayé d’un revers de la main toutes les accusations du comité syndical. A l’en croire, il n’y a pas de feu à la maison.

» Ces accusations du comité sont sans fondement, je suis un ancien syndicaliste, à ce titre depuis ma prise de fonction dans ce commissariat au mois de septembre 2011, j’ai toujours prôné le dialogue, l’entente avec les syndicats » a introduit le commissaire.

Selon lui, il est victime non pas de son professionnalisme mais surtout de sa neutralité dans le conflit de leadership entre les différents syndicats.

» Contrairement à mon prédécesseur qui avait pris fait et cause pour un syndicat, j’ai adopté une position de neutralité depuis ma prise de fonction. Toute chose qui a agacé certains membres du comité syndical de mon service qui ne cessent de me calomnier. Ils sont partis jusqu’à réclamer mon départ au gouvernorat et à la Direction régionale de police. Les responsables de ces structures ont opposé une fin de non recevoir à leur demande « a souligné M. Traoré.

Il a par la même occasion démenti les accusations le concernant dans le cadre de la gestion des affaires sociales au niveau de leur service.

» J’ai toujours secouru mes agents quand ils sont en difficulté. A titre illustratif, j’ai apporté une assistance financière à mon agent qui a été interpellé par la gendarmerie et gardé pour 15 jours d’arrêt de forteresse. Ils m’accusent aussi de refuser d’acheter une moto pour l’inspecteur de police qui a perdu sa moto. Sur ce point ils savent aussi bien que moi que je ne suis pas le gestionnaire du fonds social.

Mais la réalité est ailleurs, car le syndicat voulait prendre 300 000 FCFA dans le fonds social tandis que d’après les recoupements il n’y a que 115 000 FCFA. Est-ce ma faute ? » s’interroge M .Traoré. Qui se dit convaincu d’être tout simplement victime d’une cabale montée de toute pièce par le Comité syndical.

En tout cas, la direction générale de la police nationale est fortement invitée à calmer le jeu au niveau de ce commissariat pour que le point de non retour ne soit pas atteint.

Kassoum THERA

31 Octobre 2012