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Un commando de la police judiciaire du commissariat du 12è Arrondissement conduit par l’inspecteur Yoro Traoré, a mis aux arrêts Inzan Sylla et l’ensemble de sa bande. Ils méditent sur son sort dans les cellules de Djélibougou. La perquisition de la chambre de ce grand bandit et celle de son complice direct, Guédé Koré Paul Serge, tous de nationalité ivoirienne a permis de découvrir un arsenal d’armes à feu, d’armes blanches, de gaz et d’objets divers de nuisance. Le commissaire divisionnaire Mohamed Kouréichi, chargé du 12è arrondissement salue la collaboration de la population qui a permis d’arriver à ce résultat.

Dans la nuit du 15 au 16 février derniers, entre 3h et 4h du matin, une équipe du commissariat du 12è arrondissement a interpellé Inzan Sylla dans une concession (où il est en location) à Djélibougou, près du groupe scolaire. Cette interpellation a été rendue possible suite à une dénonciation des voisins, donc grâce à la collaboration des populations. La perquisition de sa chambre a été très fructueuse avec la découverte d’une impressionnante quantité d’armes et d’objets de nuisance. Avant d’y revenir, il convient de rapporter les circonstances qui ont conduit à la dénonciation d’Inzan Sylla, né en 1975 à Issia, en Côte d’Ivoire.

Trois paramètres bizarres dans son comportement et son mode de vie ont tiqué les voisins.

Primo, en prenant sa chambre en location, Inzan avait dit au propriétaire de la maison et chef de famille qu’il était venu dela Côted’Ivoire pour une mission de travail. Et cela dure depuis 8 mois.

Secundo, il change constamment de moyens de déplacement étant souvent à pieds, à moto ou en voiture.

Tertio, et c’est le fait le plus troublant : Inzan sort toutes les nuits vers 1h pour rentrer entre 4h et 5h du matin.

Tous ces faits ont fini par intriguer les voisins qui en ont fait part à la police, conformément aux appels incessants des autorités policières sur la nécessaire collaboration des populations.

Après son arrestation, Inzan Sylla a dénoncé son compatriote Paul Serge. La brigade de recherche du 12è a pu aussi remonter toute la filière et procéder à l’arrestation de Ladji Fofana, Grégoire Togo, Moussa Guindo, Souleymane Balam, Moussa Yanoga, Ousmane Samassekou, Mamoutou Fofana et Daouda Traoré. Tous ceux-ci (plus un certain Fousséyni, recherché activement) résident sur la rive droite de Bamako et servent d’intermédiaires et/ou de receleurs au duo ivoirien Inzan et Paul Serge.

Dans la même affaire, un autre malfrat a été interpellé. Il répond au nom de Hassane, un Libanais. C’est lui qui aurait vendu à serge un des pistolets découverts chez lui, et lui-même détient une voiture.

La perquisition des maisons de ces derniers a permis de retrouver plusieurs objets accablants.

Chez Inzan : un pistolet automatique de marque française, un chargeur de 5 cartouches, 2 poignards, une épée, une voiture Toyota, deux tenues treillis, deux pantalons camouflés, une casquette militaire, un chapeau de campagne, une carte d’identité malienne établie à Sikasso, un permis de conduire malien, une copie d’extrait d’acte de naissance malien et un faux permis de port d’armes plus divers objets.

Il a été trouvé en possession de Guédé Koré Paul Serge : 2 PA de marques française et syrienne, 23 cartouches en vrac plus un étui vide, une carabine de chasse avec munition, un enlève-clous, une pince, un tournevis, un poignard, un couteau, un faux permis de port d’armes et plusieurs objets dont des godemichets.

Une deuxième perquisition chez Inzan et Paul a donné une autre belle moisson : 3 grosses motos et 3 voitures.

Cet impressionnant matériel prouve que cette bande sème la terreur dans la ville de Bamako et son lot de braquages, d’agressions, de vols, de viol et de meurtres. Inzan dit avoir subi, de 1998 à 1999 en Côte d’Ivoire, une formation militaire de base, mais qu’il aurait été radié pour inaptitude physique.

L’interpellation de Inzan Sylla pose une fois de plus le problème des failles de notre administration. L’Ivoirien a en effet, pu se procurer tous les documents administratifs maliens, avec la complicité de citoyens, d’agents et de cadres maliens.

Au moment de notre passage, vendredi dernier, la bande à Inzan était toujours détenue au 12è Arrondissement en attendant d’être envoyée au parquet pour détention illégale d’armes et faux et usage de faux.

Tout en saluant le geste citoyen des populations de Djélibougou qui ont dénoncé le malfrat ivoirien, le commissaire divisionnaire Mohamed Kouréichi sollicite la collaboration de la population de sa circonscription en particulier et de la population malienne en général avec la police. Mais tout ceci a été rendu possible, selon lui, grâce aux efforts du ministre de la sécurité intérieure et de la protection civile, Natié Pléa, du directeur général de la police nationale, l’Inspecteur général Mahamadou Diagouraga et du directeur régional de la police du District de Bamako, contrôleur général Lassana Sanogo, « qui ont fait de la sécurité des populations et de leurs biens leur affaire ».

Sékou Tamboura

le 23 Février 2012