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Les éléments du 11è commissariat de police de Bamako viennent de mettre le grappin sur quatre redoutables assassins qui composaient la bande des agresseurs au couteau. 

De sources proches du dossier, dans la nuit du 11 au 12 novembre 2021, un habitant de Garantiguibougou vers le 1er Terminus dont nous tairons le nom, a informé par téléphone le commissaire divisionnaire de police Mamoudou Diabaté de la présence d’un corps sans vie. Immédiatement, le commissaire Diabaté a instruit alors à sa Brigade de recherches, conduite par le capitaine de police Issa Yacouba Coulibaly, de diligenter une enquête afin de connaitre l’identité du défunt et les circonstances du décès.  Aussitôt, l’équipe de la Brigade de Recherche s’est rendue sur le lieu avec un médecin légiste pour constater la mort de la victime, laquelle est en effet décédée des suites d’une blessure au couteau sous l’aisselle. Et d’après le constat, la victime logeait non loin du lieu où son corps a été retrouvé.  Après l’avoir clairement identifié, les enquêteurs ont pu trouver son domicile. Ainsi, un des parents de la victime a témoigné qu’elle était sortie de la maison à moto. L’engin n’a pas été retrouvé. Mais où donc se trouvait cet engin ? La conclusion s’impose aux enquêteurs qu’il s’agirait d’un braquage qui serait mal tourné en se soldant par la mort de la victime, mais l’auteur n’a laissé aucun indice pouvant conduire à sa personne.

Dans la nuit du 23 au 24 novembre 2021, un autre cas d’assassinat s’est produit à kalanaban-Coura où la victime, elle aussi, a été poignardée. Les enquêteurs du 11ème ont été appelés par un informateur anonyme. Cette fois-ci encore l’auteur n’a laissé aucun indice. Pour répondre à la question qui est donc ce mystérieux assassin au poignard qui ne laisse aucun indice après ses forfaits, les enquêteurs sont revenus alors sur le premier cas survenu à Garantiguibougou. Ainsi, la moto ayant été emportée par l’assaillant, le commissaire a ordonné à ses éléments de chercher à savoir si la famille dispose encore des pièces de la moto. Effectivement, la vignette et l’attestation d’achat ont été retrouvées dans les affaires de la victime. Selon nos sources, le 17 décembre 2021 aux environs de 15h, un des parents de la 1ère victime a informé le commissaire Diabaté par téléphone qu’il venait d’apercevoir la moto de la victime, au marché de Kalaban-Coura avec un individu.

Sans désemparer, une équipe d’intervention rapide s’est rendue sur les lieux et est parvenue à interpeller le conducteur de la moto en question. Après vérification, il s’est avéré que la vignette et le papier d’achat sont identiques au numéro de cadre de la moto.

Conduit dans les locaux du Commissariat de police du 11ème arrondissement, le conducteur de la moto a déclaré avoir troqué sa moto contre celle qu’il a en sa possession avec un réparateur de moto au marché Dibidani, lequel a été retrouvé en possession de la moto troquée.

Interrogé sur la provenance de l’engin, ce dernier a déclaré l’avoir acheté avec un jeune répondant aux initiales I.D dit Faya. Ainsi, l’enquête s’est orientée vers le nommé Faya. Alors qu’ils étaient lancés à la recherche du nommé Faya, les enquêteurs du Commissariat de police du 11ème arrondissement apprenaient qu’il a été arrêté par leurs collègues du Commissariat du 15ème et qu’il a même été déféré à la MCA pour détention d’arme et appartenance à un réseau de malfaiteurs.

C’est ainsi que les hommes du commissaire Diabaté ont demandé et obtenu son extraction pour des investigations plus poussées. Interrogé, il a reconnu avoir vendu trois motos au réparateur de moto de Dibidani en question au lieu de deux dont celle de la 1ère victime. Au cours de l’interrogatoire, il a cité le nom d’un de ses complices, un certain Sangaré qui a été déféré au parquet concernant le même dossier par le Commissariat de police du 15ème arrondissement. Les enquêteurs ont demandé que ce dernier aussi soit extrait pour un interrogatoire. Devant les enquêteurs, Sangaré a reconnu avoir vendu la moto du défunt à Faya. Il a déclaré en outre avoir opéré avec un certain Damozon sans autre précision, à Garantiguibougou- 1er Terminus, qui a été arrêté par la suite.

A ses dires, c’était entre 2h et 3h, alors qu’ils étaient à la recherche d’une proie, ils ont aperçu un motocycliste qu’ils ont intercepté et le nommé Damozon a tenté de retirer de force l’engin à son propriétaire et une altercation s’en est suivie. Et de poursuivre que c’est ainsi que Damozon a poignardé la victime qui est tombée dans un caniveau. Ensuite, ils se sont alors emparés de l’engin. Quant à son coéquipier, le nommé Sangaré, il était armé et a tiré en l’air pour dissuader d’éventuels poursuivants. Lors de l’interrogatoire, Damozon a déclaré avoir donné deux coups de couteaux dans le thorax de la victime.

A propos du deuxième corps découvert a Kalanaban Coura, le nommé Sangaré a reconnu là-aussi être l’auteur en complicité avec Damozon en donnant même des détails de l’opération.  Selon eux, comme dans leurs habitudes, ils évoluaient cette nuit sur une moto. Au niveau du “Djakarta-terrain”, ils ont aperçu une dame en train de descendre d’un véhicule personnel conduit par un monsieur. Aussitôt, ils se sont arrêtés auprès de la dame en pointant leur arme sur elle, en vue de lui retirer son sac et son téléphone portable. Le monsieur qui accompagnait la dame a fait semblant de fuir, mais est revenu vite sur ses pas pour les pourchasser.

Arrivés à proximité de la Station Yara de Kalaban coura, le conducteur les a heurtés. Ils sont tombés, mais ils sont parvenus à reprendre la fuite en se séparant. Mais le conducteur continuait à suivre Damozon à pied, après avoir abandonné le véhicule.

Selon Sangaré, son complice Damozon l’a informé plus tard qu’il a poignardé deux fois au thorax le monsieur qui le pourchassait et d’ajouter qu’il a appris qu’il en est mort.

Toutes les quatre personnes ont été incarcérées dans les geôles du Commissariat de police du 11ème arrondissement de Bamako en entendant d’être déférés au parquet de la commune V. Et les enquêtes ont prouvé qu’il s’agissait d’un véritable réseau possédant de faux cachets, de vraies fausses attestations de vente et d’achat pour mieux écouler les objets volés.                  

  Boubacar PAÏTAO

Source: Aujourd’hui-Mali