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Le Centre du Secteur Privée a abrité le jeudi 24 juillet 2008, la journée d’information et de sensibilisation sur la sécurité alimentaire au Mali. Cette journée a été tenue grâce l’appui financier du secteur agricole et des organisations paysanes.

Organisée par le Commissariat à la Sécurité Alimentaire (CSA), la cérémonie d’ouverture de cete journée était présidée par le Commissaire à la Sécurité Alimentaire, Mme Lansry Nana Yaya Haïdara. Elle était accompagnée par Adama Samassékou du ministère de l’Administration Territoriale et de Collectivités Locales et de Mamadou Fla, premier secrétaire particulier aux collectivités.


Objectif

L’objectif de la rencontre est d’amener les partenaires techniques, la société civile et les hommes de média à s’approprier la notion de sécurité alimentaire, de la politique nationale de sécurité alimentaire et des rôles et missions assignés au Commissariat à la sécurité alimentaire. Il s’agit également, à travers les stratégies et moyens d’action privilégiés par l’Etat pour atteindre la sécurité alimentaire préconisés par le président de la République dans son Projet de Développement Economique et Sociale (PDES).

Le rôle de la presse

Selon Mme le Commissaire à la Sécurité Alimentaire, l’information et la communication constituent le socle de toute action de développement car, disait-elle, qui détient l’information, détient le pouvoir. En effet, une bonne information permet de mieux cerner les contours d’une problématique et par conséquent de prendre la meilleure décision.

Si cela est capital pour les décideurs, il l’est également, sinon davantage pour les femmes et hommes de média: disposer de l’information saine pour contribuer à l’explication, à l’orientation et au contrôle utile de l’action publique.

Par ailleurs, cette rencontre avec la presse, dira Mme Lansry Nana Yaya Haïdara, permettra d’harmoniser notre vision, notre compréhension et notre démarche avec celle de l’ensemble de nos partenaires dans la recherche d’une sécurité alimentaire durable pour le pays. Après la cérémonie d’ouverture, il a été présenté devant la presse le cadre institutionnel, la mission et les attributions dévoluent au Commissariat à la Sécurité Alimentaire.


Cadre institutionnel

Bien avant l’indépendance les plans de structuration étaient adoptés par notre pays pour la bonne gestion des produits alimentaires. Progressivement, il a été entrepris par les gouvernements successifs après l’indépendance en mettant en place des cadres institutionnels permettant de réaliser les objectifs de sécurité alimentaire.

C’est dans cet ordre que le Commissariat à la Sécurité Alimentaire a été créé par les autorités de l’Etat en 2004. Aujourd’hui, le fonds de sécurité alimentaire est fixé à 5,5 milliards FCFA, dont 300 millions de FCFA pour le budget opérationnel du CSA inférieur à celui accordé au Système d’Alerte Précoce (SAP) qui s’élève à 1,5 milliards. Selon Mme Lansry Nana Yaya Haïdara, le stock national de sécurité alimentaire optimal est de 35 000 Tonnes.

Pour des stocks prévisionnel d’ici l’horizon 2012, le président de la République, dans sa lettre de cadrage, a souhaité que soient disponibles 100 000 tonnes de riz. Pour le Programme national de sécurité alimentaire le coût global pour les 5 années à venir est de 114 milliards de FCFA pour un gap de 36 milliards à rechercher d’ici la fin de cette année. Toute chose qui suscite aujourd’hui la préoccupation majeure dans notre pays qui souhaite l’accompagnement de tous ses partenaires.


Les missions et attributions du CSA

Le Commissariat à la Sécurité Alimentaire est une structure qui vise à faciliter la sécurité alimentaire saine et active pour la population malienne d’ici l’horizon 2015. Il assure l’accès à tous les Maliens de produits vivriers pour la survie du citoyen malien. Il a comme attribution de proposer des stratégies, de les préparer et de mettre en oeuvre des politiques nationales de biens de sécurité alimentaire.

Apporte également des soutiens aux populations sinistrées en cas de calamités naturelles par exemple en procédant à la distribution gratuite des produits vivries. L’un des rôles les plus indispensables est la vulgarisation de l’information depuis la base de la production jusqu’à la garantie efficiente des produits de consommation alimentaire aux populations.

Au total, il ya 166 communes actuellement au Mali menacées d’insécurité alimentaire. C’est pourquoi le CSA appuie ces communes à travers deux interventions : à travers le plan structurel au niveau national et celui conjoncturel avec le suivi quotidien d’informations auprès des populations cibles. Ce qui suscite aujourd’hui une ambition de décentralisation du CSA qui est d’ailleurs actuellement en cours.

Sur les cinq années à venir, le CSA envisage de prendre en contre 12 000 villages pour faciliter leur alimentation. Par ailleurs, le Commissaire à la Sécurité Alimentaire a, dans son intervention, signalé que le Mali est sur le bon chemin pour assurer une intervention d’urgence sur l’étendue du territoire partout où le besoin se fera sentir.

Chaque commune du Mali a aujourd’hui son programme de sécurité alimentaire qui sert cadre de dialogue, de recherche de fonds pour subvenir aux besoins de leurs populations en matière de sécurité alimentaire. Aussi, ce qu’il fallait retenir de l’intervention de Mme le commissaire, ce sont les vérités par rapport à la surenchère des prix des céréales opérées par les opérateurs économiques.

Ce qui fera dire à Mme Lansry Nana Yaya Haïdara qu’il vaut mieux subventionner les producteurs en termes d’intrants agricoles que d’accorder les exonérations à ses opérateurs économiques. L’objectif qui aujourd’hui de nous permettra de vaincre l’insécurité alimentaire au Mali, dira-t-elle.

En effectuant ces missions le CSA travaille en collaboration avec plusieurs structures notamment le Système d’Alerte précose dont l’objectif a été défini lors de cette rencontre. Il faut dire aujourd’hui que la sécurité alimentaire est sur le bon chemin à condition que chacun s’y mette.


Hady BARRY

25 Juillet 2008