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Longtemps attendu par les cinéphiles, le tout premier épisode de la série policière du Centre national de la Cinématographie du Mali (CNCM) « Commissaire Balla » a été diffusé samedi dernier sur le petit écran.

L’épisode de 26 minutes, savouré par les nombreux cinéphiles, est considéré par de nombreux Bamakois comme une avancée. « Il permettra de diversifier le genre cinématographique malien ».

Après la première de « Commissaire Balla », beaucoup juge déjà la série réussie. L’épisode de samedi intitulé « Ben Boli » retrace le quotidien d’un vieux soi-disant marabout dont le travail consiste à engager une bande de voleur, d’escrocs, de criminels à soutirer de l’agent aux personnes.

Tous ceux qui résistent sont froidement assassinés. C’est ainsi que par jalousie, il ordonne à sa bande d’abattre le vieux géomancien Tiassé réputé être un grand guérisseur. Les assassins de Tiassé sont vite appréhendés grâce au Commissaire Balla et à ses hommes.

Le film policier de 13 épisodes « Commissaire Balla » est une production du CNCM qui, depuis son changement de statut et de dénomination en 2006 est en train de jouer pleinement la mission à elle confiée.

Disposant d’un budget de 391 millions de F CFA en 2007, les actions que posent le CNCM pour bon nombre de réalisateurs et d’observateurs avertis du cinéma malien sont jugées encourageantes même si beaucoup reste à faire.

« L’une des priorités , selon le directeur du CNCM, c’est de faire en sorte que le cinéma malien retrouve sa place d’antan à travers la production et la réalisation d’œuvres de qualité ».

Pionnier dans le domaine du 7e art, notre pays est le seul qui possède trois Etalons de Yennenga. « Baara » en 1979, « Finyè » en 1983 de Souleymane Cissé et « Guimba » de Cheick Oumar Sissoko en 1995.

Cependant, depuis quelques années et pour des raisons multiples, le cinéma malien est confronté à un certain nombre de difficultés.

C’est pourquoi, conformément aux recommandations des Etats généraux du cinéma malien tenus en janvier 2001, l’établissement que dirige Moussa Ouane s’est donné comme mission la renaissance de cet art dans notre pays.

Bien qu’absent côté compétition, le Mali a été à l’honneur au 20e Fespaco. Une dizaine de films maliens ont été projetés durant le Festival de Ouaga. Ce qui, selon le directeur du CNCM, a été une première dans l’histoire de ce grand rendez-vous du cinéma panafricain. Des projets sont en train de voir le jour.

C’est ainsi que conscient de la place et du rôle des acteurs intervenants dans le cinéma et de la télévision, le CNCM a jugé nécessaire d’ouvrir un studio-école dénommée « Le Bourgou ».

L’ambition de ce studio-école est de stimuler, susciter, soutenir et promouvoir les efforts des producteurs, cinéastes, réalisateurs du continent, en leur permettant de créer des films de qualité répondant à la demande du public africain.

Les artistes, en l’occurrence les cinéastes, ont toujours besoins que leurs produits soient critiqués par des hommes de médias. Aujourd’hui au Mali ce rôle est dévolu aux cinéastes qui se sont transformés en critiques.

Pour rendre à César ce qui est à César, le CNCM vient de former courant août les hommes de médias à la critique cinématographique. Une semaine durant, une dizaine de journalistes a été formée aux B.A-ba du langage cinématographique.

Le CNCM, aux dires des responsables, n’entendent pas rester en si bon chemin. « D’importants projets sont en vue et si nous disposons des appuis de la part de l’Etat et des partenaires, nous ferons de très bonnes choses qui vont aiguiser l’appétit des cinéphiles, des jeunes générations », a lancé Sidy Diabaté du CNCM lors du lancement de la série « Commissaire Balla ».

Amadou Sidibé

30 octobre 2007.