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Les experts en conclave

Bamako abrite depuis hier, un atelier de deux jours sur la lutte contre le commerce illicite organisé par « British american tobacco » (BAT). La cérémonie d’ouverture était coprésidée par le secrétaire général par intérim du ministère de l’Industrie, des investissements et du commerce et le directeur sous-régional de BAT pour les pays de l’UEMOA.

La contrebande et la contrefaçon, selon le directeur sous-régional de BAT, Alastair Jamieson, sont « des activités criminelles qui privent le gouvernement malien d’importantes ressources fiscales, fragilisent le tissu industriel national, compromettent dangereusement l’activité industrielle licite tout en exposant les consommateurs à des produits qui ne répondent pas aux normes établies ».

A l’en croire, chaque année, plusieurs milliards de F CFA sont éludés et qui auraient pu servir à financer d’importants projets pour améliorer les conditions de vie de nos concitoyens. Il s’agit donc là, a-t-il laissé entendre, d’un « crime organisé » qui affecte chaque Malien et chaque Malienne.

Aux dires de M. Jamieson, le commerce illicite, qui constitue depuis quelques années le 2e acteur le plus important du secteur du tabac au Mali, est en passe de devenir le 1er acteur, et 40 % des transactions de produits du tabac au Mali sont des transactions illicites.

Le secrétaire général du MIIC, Youssouf Maïga a déclaré que le commerce de tabac connaît de nos jours, un plein essor. A côté des voies de transactions régulières, laissera-t-il entendre, se développent de plus en plus de véritables réseaux parallèles de trafic de cigarettes qui n’épargnent aucun pays.

Faisant partie des sociétés et entreprises d’Etat qui faisaient la fierté de notre pays au lendemain de l’indépendance, selon Youssouf Maïga, près d’un siècle après, le secteur du tabac, malgré des difficultés rencontrées quelques fois, reste un soutien sûr au budget de l’Etat par sa contribution en droits et taxes.

« En 2007, son apport au fisc était évalué à 16 milliards de F CFA, un niveau qui pourrait être amélioré avec la croissance du volume des cigarettes légales commercialisées due à la réduction significative du taux de la fraude qui est de 40 % aujourd’hui, selon certaines estimations », a-t-il reconnu.

Au cours de cet atelier de 2 jours, qui prendra fin ce vendredi, seront traités, entre autres, les thèmes portant sur le marché de la cigarette au Mali, le commerce illicite international du tabac et le cadre légal et fiscal du secteur tabac. Toutes choses qui permettront aux « soldats de l’économie » (douanes, DNCC…) de mieux s’armer encore en vue de minimiser les conséquences néfastes du commerce illicite sur le progrès économique, social du Mali et pour être en phase avec le Programme de développement économique et social (PDES) du chef de l’Etat.

Ramata S. Kéita

(stagiaire)

10 Juillet 2009.