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Le 9 mai, Journée de l’Europe, a été célébré à l’hôtel Salam par la Délégation de la Commission de l’Union européenne au Mali. C’était l’occasion, pour Moctar Ouane, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale et ordonnateur national du FED, Mme Irene Horejs, chef de la Délégation de la Commission européenne et Reinhard Schwarzer, ambassadeur d’Allemagne au Mali et représentant de la présidence européenne de l’Union et du Groupe des huit pays les plus industrialisés (G 8) de louer l’exemplarité des rapports bilatéraux et multilatéraux des ACP, de l’Afrique et particulièrement du Mali avec l’Europe.

Il y a cinquante ans que l’Union européenne est née. C’est ce cinquantenaire qu’Irene Horejs, chef de la Délégation de la Commission européenne au Mali, a voulu célébrer en organisant une réception à l’hôtel Salam le 9 mai consacré, depuis 1986, Journée de l’Europe. Une invitation à laquelle a répondu du « beau monde » dont plusieurs personnalités maliennes: les ministres Mme Bâ Hawa Keïta de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Kafougouna Koné de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, Sadio Gassama de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, Abdoulaye Koïta des Transports et de l’Equipement. De même que de nombreux diplomates ou représentants d’organisations internationales accrédités à Bamako.

Irene Horejs a d’abord rappelé que le 9 mai, Fête de l’Europe, commémore l’anniversaire du discours prononcé à Paris, à la même date, en 1950, par Robert Schumann, ministre français des Affaires étrangères: « Schumann a exposé… la première ébauche du rêve européen, d’une nouvelle forme d’organisation de l’Europe, nés de la volonté politique de surpasser les haines et les clivages, de rapprocher les peuples afin d’instaurer en Europe une paix durable après l’expérience horrible de la 2e guerre mondiale« . Le 25 mars 1957, à Rome, six pays ont signé le traité de Rome, fondateur de la Communauté économique européenne, ancêtre de l’Union actuelle. Qui, avec le produit national brut le plus élevé du monde, est constituée de 27 pays membres comptant 490 millions de citoyens.

« Dans un continent marqué, il y a peu encore, par des frontières, des divisions, des rideaux de fer, aujourd’hui nous voyageons sans frontières, nous payons avec une seule monnaie, nous nous marions sans problèmes, nous étudions et nous travaillons ensemble, Français et Allemands, Danois et Tchèques, bref Européens. C’est aussi tout cela, l’acquis de l’Europe, l’acquis de ce projet de paix, de ce projet politique qui est né de la conviction que c’est l’Union – au-delà de nos particularités et considérations nationales – qui nous fait progresser« .

Le Chef de la Délégation de la Commission européenne a ensuite souligné le courage des pères de l’Europe, Robert Schuman et Jean Monnet notamment, qui ont forgé le projet européen souvent contre l’opinion publique et l’opposition des populations. Avant de faire les éloges du Mali: « Le Mali fait partie des pays pionniers et a été un des pays au rendez-vous depuis Yaoundé I. Aujourd’hui, le Mali occupe une place privilégiée dans les relations avec notre Union, tant pour le volume de notre coopération, qui ne cesse d’augmenter, que pour la qualité de nos relations« . Une coopération dont la qualité tient, selon la diplomate européenne, à plusieurs facteurs: la stabilité politique et la paix sociale.

Reinhard Schwarzer, ambassadeur de la République d’Allemagne, représentant la présidence de l’Union et du Groupe des huit pays les plus industrialisés (G 8), a abondé dans la même direction que l’ambassadrice de l’Union européenne: «L’Europe vit depuis un demi siècle dans la paix. C’est la réalisation d’un rêve. Ce rêve est basé sur « l’âme de l’Europe« , comme le souligne notre chancelière: l’esprit de la tolérance. Nous avons eu besoin de siècles pour apprendre cette tolérance… Nous nous sommes entretués, anéantis, poursuivis, haïs. Aujourd’hui, les peuples européens cohabitent paisiblement dans une Europe unie et démocratique…. Le modèle européen, basé sur la liberté et l’état de droit, réunit le succès économique et la responsabilité sociale. Il peut servir d’exemple pour nos partenaires du continent africain».

Le diplomate allemand a ensuite souligné que le Mali démocratique a accompli de grands efforts. Selon lui, l’aide européenne n’est que la récompense de ces sacrifies. Car les résultats réalisés « en valaient la peine. Le Mali, grâce au travail acharné de ses dirigeants, dispose aujourd’hui d’une bonne infrastructure. La liberté de presse et de parole au Mali est exemplaire. Le Mali est décidé à renforcer la décentralisation et à créer un cadre économique permettant une meilleure exploitation de ses riches ressources naturelles, notamment dans le secteur de l’agriculture« .

Une coopération «dynamique et exemplaire»

La Journée de l’Europe était également l’occasion, pour Moctar Ouane, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale et ordonnateur national du FED, de revisiter, selon ses propres termes, les relations entre l’Europe et l’Afrique et « de célébrer la coopération exemplaire et dynamique » entre le Mali et l’Union européenne. Une association d’Etats dont la construction du projet constitue, à ses yeux, une « belle réussite » 50 ans après la signature du traité de Rome. Pour appuyer ses compliments, le Ministre a avancé trois traits de caractère – qui fondent toute union viable – à l’égard de l’Union européenne: la libre circulation des personnes, des services, des capitaux et des biens, le rôle de première puissance commerciale du monde de l’Union avec plus de 18 % du volume total des importations et des exportations mondiales et le rôle d’acteur majeur notamment de la paix et de la stabilité sur la scène internationale.

Sur les relations eurafricaines, tout en rappelant les fondements juridiques de cette coopération, en l’occurrence les deux conventions de Yaoundé et les quatre conventions de Lomé « qui ont permis de mettre en place un dispositif de coopération unique entre l’Europe et 77 pays en développement dont 48 africains« , le Chef de la diplomatie malienne a constaté qu’elles sont passées, de 1957 à ce jour, « d’une logique d’assistance à une logique de partenariat« . Ce dispositif « garantit l’accès préférentiel et non réciproque d’une large gamme de produits de ces pays au marché européen et leur permet de bénéficier de l’institutionnalisation du Fonds européen de développement (FED) comme instrument de financement du développement« .

Autres fondements non moins importants de cette coopération: l’Accord de Cotonou signé en juin 2000 et entré en vigueur en avril 2003 pour 20 ans et l’adoption, par l’Union européenne, du « Consensus européen pour le développement » au service de la lutte contre la pauvreté et de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Sans oublier l’adoption de la Stratégie pour l ‘Afrique, initiative qui, pour être confortée, nécessite des préalables à réaliser par l’Europe: le renforcement des relations commerciales avec l’Afrique à travers, entre autres, la réduction des mesures discriminatoires, dont les subventions aux exportations, en matière de commerce international. Ce qui nécessite la réussite des négociations des Accords de partenariat économique en vue de stimuler la croissance économique et de réduire la pauvreté. Deuxième exigence: la mise en œuvre des engagements politiques en vue du financement du développement par l’ensemble des acteurs de la coopération internationale. Troisième exigence: la promotion du développement durable global.

Le Ministre a ensuite souligné que la coopération entre Bamako et Bruxelles a permis de hisser le Mali « au deuxième rang des pays ACP bénéficiaires de l’aide européenne sur la durée du 9e FED (2003-2007) avec une enveloppe A mobilisable de plus de 416 millions d’euros, soit environ 272 878 112 000 F CFA« .

Avant de saluer les relations bilatérales du Mali avec les pays membres de l’Union. De même qu’avec l’ensemble des partenaires techniques et financiers du Mali qui ont apporté un concours à la bonne organisation de la présidentielle du 29 avril 2007 et des législatives à venir.

Zoubeirou MAIGA

11 mai 2007.