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Le premier tour des élections législatives de ce 1er juillet 2007 n’a guère mobilisé les masses, encore moins un grand nombre d’électeurs. Et le moins que l’on ait pu constater, ce n’était pas l’affluence des grands jours. En dépit de la clémence du climat de cette journée dominicale, une indifférence manifeste régnait au sein de la population, face à un enjeu aussi important.

Un vote peu massif

Selon les avis recueillis auprès d’un délégué, la même situation de morosité a plané sur l’ensemble des bureaux de vote du district. Au centre de vote du groupe scolaire de l’ex-Base aérienne, en commune III, il y avait dans la cour, plus d’assesseurs, de délégués et de présidents de bureau que d’électeurs, plus d’une heure après l’ouverture officielle du vote. Au delà de 9H30 encore, la cour était tout sauf bondée. C’est comme si les électeurs boycottaient les urnes ! Une situation déplorable qui, selon le coordinateur du centre, kassim Tabouré, n’honore guère la commune, le Mali encore moins.

Il fustige : “les partis politiques n’ont pas joué leur rôle de mobilisation et de sensibilisation. C’est regrettable qu’aujourd’hui, les gens pensent plus à l’argent qu’à leur devoir civique. Il est grand temps qu’on revienne sur nos pas, qu’on se remette en cause, et qu’on reparte à zéro. Car, à cette allure, non seulement on risque d’obtenir un taux de participation encore plus faible, mais aussi de voir le sens du civisme disparaître pour de bon

Une autre anomalie qui indexe les politiques : sur les 147 députés, il n’y avait que… 13 présents, à cette toute dernière séance tenue le 30 juin 2007, à l’assemblée Nationale. La raison des élections législatives peut-elle expliquer ces absences notoires, sinon irrégulières ?… C’est dire qu’en définitive, parmi les 1408 candidats prétendants aux futurs sièges législatifs, beaucoup seront élus avec difficulté et avec un score peu rassurant…

Un changement est nécessaire

Cette situation de fait inquiète Konimba Traoré, un électeur de la commune III, qui s’est présenté avant l’heure, à son centre de vote du groupe scolaire de l’ex-base aérienne : “j’étais là depuis 7 heures 30. Et ça fait ma deuxième fois d’aller à la maison et de revenir. Chaque fois, on me dit d’attendre. Ce qui m’a frappé, c’est l’absence d’électeurs. Je pense que les autorités feraient mieux de changer les manières de voter à l’avenir. Ça ne va pas du tout !

Ce qui a frappé le chef de l’Etat, c’est “le nombre important de femmes et de jeunes”. Le Président de la République, comme de coutume, s’est présenté au bureau de vote de la Commune III à 10H30, en compagnie de son épouse. Il s’est acquitté de son devoir dans le bureau de vote N° 167, et Mme la Présidente, au N° 164. Le couple présidentiel était accompagné du ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales, du maire de la Commune III et de personnalités de la DGE.

Le chef de l’Etat n’a pas manqué de souligner ses préoccupations par rapport aux élections : “… Je souhaite que la campagne se passe bien et que le Mali en sorte grandi. Il faut que les candidats sachent susciter l’intérêt du vote, chez les populations. Dans certains pays, l’inscription est automatique et le vote obligatoire. Dans d’autres, le citoyen est inscrit dès l’âge de 15 ans. Il va falloir qu’après les élections, on révise tous nos systèmes et procédures électoraux”.

Notons que le centre électoral de l’ex-base aérienne comporte 8 bureaux de vote, avec plus de 3700 électeurs inscrits. Celui du lycée Mamadou SARR comporte 49 bureaux de vote, avec 445 électeurs inscrits. Là aussi, “il y a peu d’affluence, et les électeurs ne viennent pas”, déplore le coordinateur du Centre, Ibrahima Sanou.

Autant de désagréments qui nécessitent une remise en cause radicale de tout le processus électoral, afin de ressusciter l’engouement des populations et des électeurs.

Oumar DIAWARA

02 juillet 2007.