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L’aventure ambiguë de Adama Sangaré

Après Almamy Sylla et Me Garba Tapo, la nouvelle victime politique du maire de Bamako s’appelle Abdel Kader Sidibé. Celui là même qui l’a tiré de l’ombre pour le mettre sur l’étage de l’hôtel de ville de Bamako. L’épisode de l’élection du Président de l’AMM n’a été, en effet qu’un alibi pour Adama Sangaré de se séparer du maire de la CIII et pouvoir mieux s’agripper sur un nouveau mentor, Soumeylou Boubèye Maiga. Le coup a bien réussi car, Abdel Kader Sidibé, a été radié du C.E. de l’ADEMA. Que le festin commence !

En quelques années de parcours politique, Adama Sangaré, l’actuel maire de Bamako s’est taillé une place de choix dans le panthéon des nomades politiques.

Récapitulons : ancien militant de l’ADEMA association de N’tomikorobougou, il a été par la suite parmi, les premiers opportunistes à lamper le suc nutritionnel du RDP de feu Almamy Sylla. Cela, jusqu’à réduire en cendre cette grande formation politique des premières heures de notre démocratie. Qui n’a pu échapper au foudre des démons de la division.

Après quoi, Adama Sangaré s’accrocha à la robe de Maître Abdoulaye Garba Tapo, qu’il appellerait « Tonton Tapo ». Avec une fonction au cabinet de celui-ci et un poste de responsabilité au sein du bureau exécutif de la RND, Adama a conclu qu’il détenait entre ses mains suffisamment de moyens pour faire seul son chemin politique et pratiquer son sport favori, la trahison. Il créa alors la CND.

Radiation de Kader, seconde mort de Mandé Sidibé !

La réputation de la CND, en réalité ne dépassait pas les rues du Badialan. Néanmoins en raison de son courage et de son « faux » air de respectueux, Kader décide de l’aider, en l’offrant tous les privilèges à la mairie de la CIII malgré de nombreuses contestations. Habitué à son jeu de « gentil garçon », alias Nostra se colle au maire de la CIII, jusqu’à infiltrer son domaine familial. Il n’aurait pas hésité un jour de dire aux frères de celui-ci, de ne plus déranger « le grand frère Kader » et de toujours venir lui voir pour tous leurs besoins personnels que familial.

Les proches de ces deux hommes se rappellent, il y’a une année seulement, du décès brutal (par accident) du frère aimé de Kader, sur la route des funérailles de la mère de Adama Sangaré. Que la terre lui soit légère.

C’est pourquoi, en son temps, nombreux observateurs de la scène politique, avait affirmé que l’exemple de solidarité et de fraternité entre ses deux hommes devraient servir de leçon aux autres.

« Tant que vous resterez unis, l’ADEMA régnera toujours dans cette commune » tels sont les conseils de feu Mandé Sidibé, filés aux deux hommes, débouts, autour de lui dans la cour de l’école du Badialan. C’était le 26 avril dernier, jour du scrutin des municipales.

Celui là même qui a aidé Kader à faire remplacer le défunt maire de Bamako, Moussa Badoulaye Traoré par Adama Sangaré. Hélas, les efforts et les conseils de ce sage de l’ADEMA ont été jetés dans les décombres de l’oubli par « l’enfant de Ségou » qui s’accroche de nos jours comme il peut à un nouveau mentor, SBM.

Du coup, dans le seul but de se faire adorer par les ténors du C.E de l’ADEMA, alias Damus, au cours de la réunion de désignation du candidat du PASJ à la présidence de l’AMM n’a pas manqué de dire que « la section III n’a pas de postulant contre Bill ». C’est pourquoi, Dioncounda Traoré, au cours des différents meetings des signataires de la plateforme déclarait que la candidature de Kader n’était pas soutenue par, même sa propre section.

En aucun moment, Adama n’a voulu rencontrer face à face Abdel Kader, pour qu’ensemble ils puissent s’accorder sur une stratégie commune. « J’ai envoyé des gens pour dire à Kader de retirer sa candidature… ». Ces allégations de Nostra ne tiennent pas route d’autant plus qu’il n’y avait aucune barrière entre les deux hommes.

Comme s’il sent le pipi du bison, de nos jours en CIII, de nombreux responsables politiques et populations ont pris leur distance avec le maire de Bamako.

«C’est vrai que les hommes politiques sont parfois malhonnêtes entre eux, mais entre Adama et Kader, c’était autre chose, la complicité dans la fraternité » confie un membre de la section III Adema qui poursuit que cet événement est loin d’être clos. Vive la pourri…tique !

Moustapha Diawara

Le Quotidien de Bamako du 31 Mai 2010.