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Le Conseil des ministres du mercredi dernier vient d’abroger le décret portant création du Comité de suivi et de réforme des forces armées et de sécurité. Ce qui met fin à ce que nous allons appeler le contrat d’engagement entre le président de la République par intérim, Dioncounda Traoré et le général Amadou Haya Sanogo.

En effet, au lendemain du coup d’Etat qui mit fin au régime du général Amadou Toumani Touré, dont le regard était porté sur les vraies intentions de la junte militaire. Plusieurs interrogations dominaient l’esprit de la communauté nationale et internationale, entre autres. Que veulent-ils ces militaires ? Vont-ils rester ou remettre le pouvoir aux civils ?

Voilà qu’à la grande surprise générale, les putschistes acceptent gentiment de rendre le pouvoir civil, permettant ainsi le retour à l’ordre constitutionnel. Ce qui fait une première dans l’histoire des coups d’Etat en Afrique.
Cependant, force est de constater que ce n’est pas sans intérêt. L’opinion nationale, brandissant l’honneur et la dignité comme arme de combat et qui se croyait investi d’une mission salvatrice, n’était ni plus, ni moins que des arrivistes, des gens qui cherchent comment justifier la création d’une telle institution pour un si peu de temps avec ce budget faramineux. Si l’ex-capitaine Sanogo n’a pas manqué le plaisir de justifier sa trahison de l’ex-Premier ministre, Cheick Modibo Diarra en l’accusant de n’avoir rien fait pour les forces armées et de sécurité.

Maintenant que le mandat de son comité est venu à terme, peut-il nous dresser un bilan ? Le peuple malien serait ravi de savoir à quoi ont servi ces millions investis dans son comité. Qu’a-t-il réellement et concrètement redressé ou réformé au sein des forces armées et de sécurité ?
En tout cas, le citoyen lambda n’a rien vu de concret si ce n’est quelques visites rendues dans certaines garnisons du pays par les membres du comité pour soit disant leur expliquer le but et les missions du comité et de s’imprégner de leurs problèmes comme s’ils ne les savaient pas. De qui se foutent-ils ?

Notre peuple n’est pas dupe, il est seulement attentif. Il sait être patient. Donc, ne le méprisez pas. Vous ne pouvez accuser quelqu’un d’avoir bouffé un œuf, alors que vous-même, vous avalez un bœuf. Sinon, le tribunal de l’histoire est implacable.

Dramane DOUMBIA

L’Inter de Bamako du 2 Septembre 2013