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Des combats opposent depuis quelques semaines deux factions rivales du groupe jihadiste Boko Haram au Nigeria, déchiré par une lutte pour le pouvoir, selon des témoignages d’habitants et de miliciens. Il y a un mois, l’organisation Etat islamique (EI), auquel Boko Haram s’était affilié, avait annoncé la nomination d’un nouveau chef pour le groupe nigérian, en remplacement d’Abubakar Shekau, apparemment contesté pour son ultra-violence. Mais Shekau avait immédiatement démenti son remplacement par cet homme de 22 ans, Abou Mosab Al Barnaoui, identifié par les experts comme le fils du fondateur historique de Boko Haram, Mohamed Yusuf. Plusieurs affrontements meurtriers ont depuis opposé les deux factions du groupe jihadiste, qui subit par ailleurs une forte pression de l’armée nigériane. Jeudi dernier, plusieurs combattants du camp Shekau ont été tués par le camp rival dans deux affrontements armés dans la zone de Monguno, dans l’Etat de Borno (nord-est du Nigeria). « La faction Barnaoui a lancé une offensive contre la faction Shekau qui occupait les villages de Yele et Arafa », a témoigné un habitant, Mele Kaka. « A Yele, les assaillants ont tué trois hommes du camp Shekau » et ils en ont tué aussi « plusieurs à Arafa ». Les habitants d’Arafa ont pris la fuite, selon lui. La veille, les combattants du clan Barnaoui avaient attaqué leurs rivaux dans le village de Zuwa, plus au sud, en tuant un nombre indéterminé, toujours selon Mele Kaka. Mais la direction de Shekau est contestée en interne, selon des experts, en raison de sa brutalité, de son caractère « dictatorial » et de ses attaques indiscriminées contre les civils, pourtant majoritairement musulmans.D’autres combats se sont produits il y a deux semaines dans le secteur d’Abadam (Etat de Borno), près de la frontière du Niger. « Après chaque attaque, les combattants de Barnaoui ont dit aux villageois que leurs rivaux du clan Shekau s’étaient éloignés du vrai « jihad » (guerre sainte), qu’ils tuaient des innocents, pillaient leurs biens et brûlaient leurs maisons », « des actes contraires aux enseignements de l’islam », a rapporté Mele Kaka. AFP