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Elles offrent l’occasion aux enfants de rompre avec les idées préconçues sur les autres, et avec les stéréotypes.
Les agences de voyages et certaines associations et Ong ayant senti le besoin d’évasion des adolescents, ont investi le créneau.

La Sovicap est l’une des structures les plus connues en matière d’organisation de colonies de vacances. Les destinations qu’elle propose à la clientèle durant cette campagne sont Ouagadougou, Accra, Dakar et Abidjan. La durée des séjours va de 15 à 21 jours. Le thème central choisi par la Sovicap est : « Jeunesse africaine ambitieuse, unie et solidaire ».

« Notre objectif est de permettre à l’enfant de vivre des vacances qui puissent l’épanouir en toute sécurité et dans un cadre sain. Il s’agit aussi d’améliorer son expression en français ou en anglais« , explique un responsable de Sovicap.

La Sovicap/Afrique est un groupe spécialisé de la Mission évangélique ambassadeurs pour Christ international. Elle a une vocation spirituelle, éducative sociale et culturelle. Elle élabore des projets éducatifs et pédagogiques pour le bien-être et l’épanouissement de la jeunesse africaine, assurent ses responsables.

L’effet de la conjoncture:

L’agence de voyage Tam-Voyages s’est aussi fait une renommée dans le créneau. « Depuis plus d’une dizaine d’années, nous organisons des colonies de vacances. C’est un produit touristique destiné aux enfants. Les colonies de vacances sont une rencontre avec l’homme et la nature, un arrachement au confort de routine et à la confrontation avec soi-même. Il faut apprendre à vivre avec les autres« , explique joliment Amadou Maïga, le responsable au tourisme de l’agence.

L’autre objectif recherché est de permettre aux parents de récompenser leurs enfants après une année scolaire bien remplie. Les destinations que propose Tam-Voyages sont le Sénégal, la Tunisie, le Ghana, la France et le Maroc pour les enfants âgés de 7 à 18 ans. Les responsables de l’agence assurent que les tarifs sont très abordables. Malgré tout les demandeurs ne sont pas bousculés cette année au portillon de l’agence.

En effet, Tam-Voyages a enregistré moins de 100 clients pour la campagne en cours contre près de 200 pour les deux campagnes précédentes. L’agence s’est même vue contraint d’annuler des voyages vers des destinations comme la France et vers les circuits domestiques comme Teriyabougou faute de clientèle suffisante. Et même le nouveau produit de l’agence appelé « Let speak english » et sur lequel elle misait beaucoup, n’a pas rencontré grand succès.

Cette innovation ouvrait des destination vers les pays anglophones. « Nous avons initié ce produit pour permettre à nos clients à destination du Ghana d’apprendre l’anglais pour des échanges interculturels. Mais à cause de la conjoncture actuelle, l’affluence a été très faible« , précise Amadou Maïga qui met aussi en cause « la concurrence déloyale » d’organismes et d’associations étrangers au secteur. « C’est une activité réservée aux professionnels du tourisme. Les autorités doivent prendre des mesures légales et réglementaires pour assainir le secteur« , plaide notre interlocuteur.

Comme Tam-Voyages, Delta Voyages organise les colonies de vacances depuis une dizaine d’années. Cette année, elle a envoyé en France et en Suisse une quinzaine d’enfants âgés de 7 à 14 ans. Et une trentaine d’autres âgés de 7 à 18 ans au Sénégal. La durée des séjours est de trois semaines.

« Notre objectif est certes, de faire de la valeur ajoutée, mais aussi de faire découvrir aux enfants les réalités de l’Afrique et d’ailleurs« , explique Amadou Diarra, le chargé de communication de Delta Voyages. Auparavant, l’agence rechignait à organiser des séjours en France et en Suisse à cause des multiples tracasseries administratives, surtout des problèmes consulaires, poursuit Diarra en précisant qu’en fait, ces problèmes résultaient essentiellement de cas de fugues d’enfant.


Concurrence déloyale?

« Nous avons relancé les sorties vers la France grâce à notre partenaire de France. Et nous avons fait un travail intense d’organisation au niveau interne afin d’éviter les fugues d’enfant« , ajoute Amadou Diarra, avant d’expliquer que l’agence a beaucoup investi dans la communication pour vendre son produit. Et de préciser : « notre objectif est de permettre aux enfants de voir les réalités de l’Occident afin qu’ils ne soient pas plus tard tentés par les mirages des pays développés« .

Une autre innovation initiée par Delta Voyages est l’organisation de colonies de vacances pour la diaspora en direction de notre pays. « C’est un produit que nous avons voulu proposer aux Maliens de la diaspora. Car il y a beaucoup d’enfants de nos compatriotes vivant à l’extérieur qui veulent visiter le pays de leurs parents« , explique Amadou Diarra. Les première colonies qui devaient être organisées cette année n’ont malheureusement pas pu l’être à cause du retard pris par l’agence dans le lancement de l’opération.

Amadou Diarra, comme son collègue de Tam-Voyage, dénonce les associations et autres organismes qui ont selon lui indûment investi le secteur. Mais Amadou Diarra ne s’en émeut pas trop. Les agences, estime-t-il, feront la différence grâce au professionnalisme et au savoir-faire de leurs agents.

Interrogé sur la question, le chef de « la division activités socio-éducatives et loisirs » de la direction nationale de la Jeunesse, Abdrahamane Touré, rappelle que les colonies de vacances sont d’abord une activité éducative. A ce titre, elles sont ouvertes à toute personne physique ou morale qui s’engage à respecter les textes en vigueur.

« Les colonies de vacances ne sont pas l’apanage des seuls voyagistes comme le pensent beaucoup de gens du secteur. C’est d’abord et avant tout est une activité d’éducation« , précise-t-il en indiquant que les autorisations sont délivrées par le département en charge de la jeunesse après consultation de celui en charge de l’enfant.

Pour la campagne actuelle, seuls cinq organismes ont obtenu le feu vert du ministère de la Jeunesse et des Sports. Celui-ci, pour des raisons évidentes de sécurité, a adjoint un agent de supervision à chacune de ces structures. « Nous tenons beaucoup à la sécurité des enfants.

C’est la raison pour laquelle en dehors de certaines structures compétentes, il est interdit d’organiser les colonies de vacances sans l’avis du département de la Jeunesse qui est un partenaire pédagogique aux côtés des parents, pour que les valeurs que notre société défend aident chaque jeune à se structurer et se préparer à la vie d’adulte« , détaille Abdrahamane Touré.


Be COULIBALY

26 Août 2008