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C’est en effet à Tombouctou que le guide a mis en forme son rêve d’unir les tribus vivant au Sahara. Chacun de ces peuples, de l’Algérie au Soudan, avait été invité à participer à la grande rencontre du Maouloud 2006 à Tombouctou. Le guide libyen voulait en faire, dit-on, le levier de son engagement pour la paix, la sécurité et le développement des 7 millions de kilomètres carrés que couvre le Sahara.

D’aucuns avaient dit que cette rencontre des peuples du grand Sahara était une façon pour le guide de se réconcilier avec le géant américain avec lequel il est resté longtemps en brouille. Question de démonter aux Américains qu’il est désormais un homme de paix. Mais, en fait d’instrument pour la paix, cette association des tribus du grand Sahara devait être un moyen de pression entre les mains d’un guide avide de tout régenter, de tout contrôler en sa faveur.

Plus rien ne devait donc être entrepris dans ce grand Sahara sans qu’il ait son mot à placer. Résolu à faire aboutir son idée, on se souvient que le guide avait entrepris une randonnée solitaire sur le territoire malien. Au point que son hôte ATT en était réduit à faire la battue dans le désert malien dans l’espoir de le retrouver. En quittant le Mali, le guide avait donc fini d’installer son association de tribus.

Une association de tribus ? Du jamais vu !

Depuis qu’elle a été créée, on en a rarement entendu parler. Jusqu’à ce vendredi 16 mai 2008 où le président ATT a reçu à son palais le président de ladite association, en l’occurrence Rafaa Al-Madani. Monsieur Al-Madani est actuellement en tournée au Mali, au Niger et au Tchad. Trois pays riverains du Sahara en proie à des rebellions dirigées par des «tribus du Grand Sahara».

Parlant cette mission au Mali, les termes de la dépêche de nos confrères de la Pana sont clairs : « les efforts de cette délégation (de Al-Madani) seront appuyés par le colonel Kadhafi en vertu de son titre de haut médiateur permanent de la paix dans l’espace de la Communauté des Etats sahélos-sahariens (CEN-SAD) ainsi que par les bons offices de la Fondation Kadhafi pour le développement (FKD) qui avait déjà réussi à faire libérer des militaires maliens et nigériens détenus par des mouvements touaregs dans ces pays.»

Force est de se convaincre jusqu’où le guide libyen entend tirer les ficelles quand même qu’il fait semblant d’aider à les démêler au Mali et au Niger. Il n’y a que l’Algérie de Boutflikha pour opposer de la résistance aux visées expansionnistes du guide.

Belco TAMBOURA

L’observateur du 19 mai 2008