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L’événement était organisé par la Commission européenne. La cérémonie d’ouverture des travaux a eu lieu jeudi au palais d’Egmont de Bruxelles en présence du chef de l’État, Amadou Toumani Touré et du commissaire européen au développement et à l’action humanitaire, Louis Michel. On notait aussi la présence du ministre de la Culture, Mohamed El Moctar, du président de la commission de l’UEMOA, notre compatriote Soumaïla Cissé.

Mettre en exergue l’importance de la culture pour l’identité des peuples, la paix et la stabilité des sociétés, et le développement économique des pays ACP, tel est l’objectif de ce colloque qui s’inscrit dans le cadre de la coopération avec les pays ACP.

En prenant la parole dans une salle remplie de professionnels de la culture et de décideurs politiques, le président Touré, le seul chef d’État africain francophone invité à cette rencontre, a souligné l’importance du thème en indiquant que la place de la culture est au cœur d’un débat qui intéresse les politiques, les chercheurs et les hommes de culture depuis les indépendances.

« Le thème a une résonance particulière pour le Mali, terre de traditions multiséculaires, terre du mythe et de la légende, situé au cœur des pays que les anciens appelaient le Bafour, zone de toute l’Afrique occidentale par opposition au Darfour, zone correspondant à l’Afrique orientale », a-t-il commenté.


Amadou Toumani Touré
a ainsi évoqué la richesse du patrimoine culturel de notre pays et son apport au développement socio-économique. La culture au Mali, a souligné le chef de l’État, joue un rôle essentiel de régulation sociale et de médiation.

Il a pris l’exemple du « Sinankouya » ou la parenté à plaisanterie qui contribue à l’apaisement des relations sociales et humaines. Les griots et les personnes âgées ont un rôle important dans la conservation de nos valeurs culturelles, a indiqué le président Touré, rappelant la célèbre citation de l’écrivain malien Amadou Hampaté Ba : « Un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle« .

Hommages aux artistes

Le président de la République a ensuite laissé entendre que les atouts culturels de notre pays sont énormes. Il a cité à ce propos certaines manifestations telles que les Biennales artistiques et culturelles, ainsi que les festivals qui font actuellement de notre pays une des destinations touristiques prisées dans la sous-région.

Amadou Toumani Touré a également rendu hommage à certains de nos artistes qui contribuent au rayonnement de notre culture à travers le monde. Il n’a pas manqué de souligner la vitalité de la culture africaine en général. Une vitalité qui se traduit par des manifestations comme le Fespaco de Ouagadougou, le Marché des arts et du spectacle d’Abidjan, le Festival des arts nègres de Dakar.

La culture contribue au développement économique de notre pays en créant des milliers d’emplois, a ajouté le président Touré qui a souligné l’ambition de notre pays à faire émerger de véritables industries culturelles, créatrices de richesses à l’image des pays occidentaux. Il a ainsi sollicité l’accompagnement de l’Union européenne dans la mise en œuvre de ce vaste projet de développement culturel.

A propos du financement, le président Touré s’est réjoui de la signature du 10è Fonds européen de développement qui prend en compte le financement des projets culturels. L’objectif visé, a-t-il précisé, est de mettre en valeur les potentialités de la culture et d’optimiser la part de celle-ci dans le développement économique de notre pays.

Le commissaire européen au développement et à l’action humanitaire a salué la présence remarquée du président Touré avant d’aborder le rôle de la culture dans le développement socio-économique de nos pays.

« C’est un euphémisme que de dire qu’il aura fallu du temps pour que la place de la culture dans le développement soit enfin reconnue », a dit Louis Michel qui a fait remarquer ensuite que la culture est restée trop longtemps dans les cercles du pouvoir, un sujet d’incompréhensions, de suspicions, de clichés, et de préjugés.

« Longtemps, la culture a été considérée comme une quantité négligeable, un jouet plaisant pour des élites prétentieuses. Pire encore, la culture était parfois vue comme un obstacle, une entrave au progrès et au développement, une sorte de divertissement luxueux, voire pernicieux. Vous l’aurez compris, je ne partage pas cette opinion là« , a-t-il critiqué.
Pour Louis Michel, la culture est un « ciment mental de la cohésion sociale ».

« Le développement doit donc s’appuyer sur des identités culturelles, sur ce que l’on pourrait aussi appeler un art de vivre, de penser, voire de rêver ensemble« , a-t-il énoncé, exprimant sa confiance au rôle vecteur de richesses et d’emplois de la culture. En guise d’illustration, il a cité l’exemple des États européens où le secteur des industries créatives contribue en moyenne entre 2 et 3% au PIB et à l’emploi.

Évoquant l’aide de l’UE dans le développement du secteur de la culture dans les pays ACP, Louis Michel a révélé que les ressources réservées à l’appui aux activités culturelles ont été porté à 30 millions d’euros, soit plus de 4500 milliards Fcfa.

Cet appui permettra de mieux structurer les industries culturelles des pays ACP et de faciliter leur accès au marché européen et international, a-t-il indiqué, évoquant la nécessité d’un changement plus profond dans la façon d’appuyer, de mettre en œuvre, de voir, de concevoir la culture. Pour ce qui concerne notre pays, l’appui de l’UE au secteur de la culture se chiffre à 3 milliards Fcfa.

Plusieurs hommes de culture et artistes maliens étaient présents à ce colloque, notamment la chanteuse Rokia Traoré qui a animé une conférence sur le thème : « Quel marché pour un artiste africain ? ».

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Colloque culturel de Bruxelles : Le président Touré présente les atouts culturels du Mali

Il a souligné l’ambition de notre pays à faire émerger de véritables industries culturelles, créatrices de richesses

Ce sont plus de 150 experts, artistes et professionnels de la culture provenant des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et de l’Union européenne qui ont participé la semaine dernière au colloque international de Bruxelles sur la culture et la création et leurs facteurs de développement.

L’événement était organisé par la Commission européenne. La cérémonie d’ouverture des travaux a eu lieu jeudi au palais d’Egmont de Bruxelles en présence du chef de l’État Amadou Toumani Touré et du Commissaire européen au développement et à l’action humanitaire, Louis Michel. On notait aussi la présence du ministre de la Culture, Mohamed El Moctar, du président de la commission de l’UEMOA, notre compatriote Soumaïla Cissé.

Mettre en exergue l’importance de la culture pour l’identité des peuples, la paix et la stabilité des sociétés, et le développement économique des pays ACP, tel est l’objectif de ce colloque qui s’inscrit dans le cadre de la coopération avec les pays ACP.

En prenant la parole dans une salle remplie de professionnels de la culture et de décideurs politiques, le président Touré, le seul chef d’État africain francophone invité à cette rencontre, a souligné l’importance du thème en indiquant que la place de la culture est au coeur d’un débat qui intéresse les politiques, les chercheurs et les hommes de culture depuis les indépendances.

« Le thème a une résonance particulière pour le Mali, terre de traditions multiséculaires, terre du mythe et de la légende, situé au coeur des pays que les anciens appelaient le Bafour, zone de toute l’Afrique occidentale par opposition au Darfour, zone correspondant à l’Afrique orientale« , a-t-il commenté.

Amadou Toumani Touré a ainsi évoqué la richesse du patrimoine culturel de notre pays et son apport au développement socio-économique. La culture au Mali, a souligné le chef de l’État, joue un rôle essentiel de régulation sociale et de médiation.

Il a pris l’exemple du « Sinankouya » ou la parenté à plaisanterie qui contribue à l’apaisement des relations sociales et humaines. Les griots et les personnes âgées ont un rôle important dans la conservation de nos valeurs culturelles, a indiqué le président Touré, rappelant la célèbre citation de l’écrivain malien Amadou Hampaté Ba : « Un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle« .


Hommage aux artistes

Le président de la République a ensuite laissé entendre que les atouts culturels de notre pays sont énormes. Il a cité à ce propos certaines manifestations telles que les Biennales artistiques et culturelles, ainsi que les festivals qui font actuellement de notre pays une des destinations touristiques prisées dans la sous-région. Amadou Toumani Touré a également rendu hommage à certains de nos artistes qui contribuent au rayonnement de notre culture à travers le monde.

Il n’a pas manqué de souligner la vitalité de la culture africaine en général. Une vitalité qui se traduit par des manifestations comme le Fespaco de Ouagadougou, le Marché des arts et du spectacle d’Abidjan, le Festival des arts nègres de Dakar.

La culture contribue au développement économique de notre pays en créant des milliers d’emplois, a ajouté le président Touré qui a souligné l’ambition de notre pays à faire émerger de véritables industries culturelles, créatrices de richesses à l’image des pays occidentaux. Il a ainsi sollicité l’accompagnement de l’Union européenne dans la mise en oeuvre de ce vaste projet de développement culturel.

A propos du financement, le président Touré s’est réjoui de la signature du 10è Fonds européen de développement qui prend en compte le financement des projets culturels. L’objectif visé, a-t-il précisé, est de mettre en valeur les potentialités de la culture et d’optimiser la part de celle-ci dans le développement économique de notre pays.

Le Commissaire européen au développement et à l’action humanitaire a salué la présence remarquable du président Touré avant d’aborder le rôle de la culture dans le développement socio-économique de nos pays.

« C’est un euphémisme de dire qu’il aura fallu du temps pour que la place de la culture dans le développement soit enfin reconnue », a laissé entendre Louis Michel qui a fait remarquer ensuite que la culture est restée trop longtemps dans les cercles du pouvoir un sujet d’incompréhensions, de suspicions, de clichés, et de préjugés.

« Longtemps, la culture a été considérée comme une quantité négligeable, un jouet plaisant pour des élites prétentieuses. Pire encore, la culture était parfois vue comme un obstacle, une entrave au progrès et au développement, une sorte de divertissement luxueux, voire pernicieux. Vous l’aurez compris, je ne partage pas cette opinion là », a-t-il critiqué.

Pour Louis Michel, la culture est un « ciment mental de la cohésion sociale ». « Le développement doit donc s’appuyer sur des identités culturelles, sur ce que l’on pourrait aussi appeler un art de vivre, de penser, voire de rêver ensemble », a-t-il énoncé, exprimant sa foi au rôle vecteur de richesses et d’emplois de la culture.

En guise d’illustration, il a cité l’exemple des États européens où le secteur des industries créatives contribue en moyenne entre 2 et 3% au PIB et à l’emploi.

Évoquant l’aide de l’UE dans le développement du secteur de la culture dans les pays ACP, Louis Michel a révélé que les ressources réservées à l’appui des activités culturelles ont été porté à 30 millions d’euros, soit plus de 4500 milliards Fcfa.

Cet appui permettra de mieux structurer les industries culturelles des pays ACP et de faciliter leur accès au marché européen et international, a-t-il indiqué, évoquant la nécessité d’un changement plus profond dans la façon d’appuyer, de mettre en oeuvre, de voir, de concevoir la culture. Pour ce qui concerne notre pays, l’appui de l’UE au secteur de la culture se chiffre à 3 milliards Fcfa.

Plusieurs hommes de culture et artistes maliens étaient présents à ce colloque, notamment l’artiste Rokia Traoré qui a animé une conférence sur le thème : « Quel marché pour un artiste africain ?« .

Envoyé spécial

M. KEÏTA



Des contacts de haut niveau

En marge des travaux du colloque international sur la culture et la création, le président de la République, Amadou Toumani Touré, a rencontré plusieurs personnalités dont le ministre belge de la Coopération au développement, Charles Michel. Leur entretien a essentiellement porté sur la coopération bilatérale et la situation politique en Afrique.

« J’ai parlé avec le président Touré du financement des secteurs du développement rural et de la décentralisation au Mali. L’enveloppe prévue pour ces deux secteurs est estimée à 50 millions d’euros, soit plus de 32 milliards Fcfa. J’ai également évoqué avec le président la situation politique en Afrique, notamment en Guinée Bissau. Je pense que le président Touré peut jouer un grand rôle afin que ce pays puisse retrouver sa stabilité politique », a-t-il déclaré.
Le chef de l’État a également rendu une visite de courtoisie au président du parlement européen au siège de l’institution.

Avec Hans-Gert Pöttering, il a été question de coopération bilatérale, de démocratie, de multipartisme. Le président Touré a informé son hôte du retour du calme dans le nord de notre pays et a demandé l’aide de l’UE à instaurer une paix durable dans cette partie du pays.

Il faut rappeler que le Mali entretient de très bons rapports avec l’Union européenne. Les deux parties viennent d’ailleurs de signer le 10è FED pour une enveloppe globale de 533 millions d’euros pour la période 2008-2013.

Le chef de l’État avait auparavant rencontré les ambassadeurs des pays de l’Afrique de l’Ouest auprès de l’Union européenne. « C’est l’Afrique qui doit désigner le prochain secrétaire général ACP.

Nous en avons informé le président qui nous a donné des conseils utiles. Nous avons aussi parlé avec lui des effets de la crise économique sur nos États et de la situation sécuritaire sur le continent, notamment au Mali et au Niger », a déclaré leur porte-parole, l’ambassadeur ghanéen, Nana Bema Kumi.

Le président de la République avait dès son arrivée dîné avec les Maliens de Bruxelles à la résidence de notre ambassadeur. Il a informé nos compatriotes des grands chantiers de développement ouverts par le gouvernement avant de les exhorter à investir au pays.

M. K M

Essor 06 Avril 2009