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Depuis la mise en place du Collège transitoire, rien ne va plus à la Ccim. Le président semble totalement dépendant de son deuxième vice-président, lequel s’évertuerait à diviser le personnel par des manœuvres douteuses.

A l’expiration du mandat des membres du bureau légalement élu pour présider aux destinées de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (Ccim), le gouvernement avait décidé unilatéralement, contre l’avis de plusieurs instances dont la Cour suprême, de mettre en place un Collège transitoire pour gérer l’institution. Mais depuis la mise en place du bureau de ce Collège, il semble que rien ne va plus à la Chambre. Selon certains travailleurs rencontrés, de graves dysfonctionnements ont vu le jour depuis la nomination du président Konaté, lequel se laisse manœuvrer par son deuxième vice-président, Youssouf Bathily, sous prétexte que ce dernier aurait des accointances dans le gouvernement.

«Bathily s’est fait nommer pour défendre ses propres intérêts à tout prix. Il fait semblant d’être avec tout le monde, mais il n’est avec personne », confie un cadre de la Chambre. Par ce jeu d’intérêts personnels, il serait parvenu à faire naître de graves divergences non seulement au niveau du personnel, mais également au sein même du bureau nommé.

Ainsi, des clans se sont désormais formés et se regardent en chiens de faïence. Cela aurait commencé par la constitution des commissions techniques de travail lorsqu’il s’est arrogé la présidence de celle des investissements et des infrastructures qui s’occupe des grands chantiers de la Ccim.

Pour plus d’un, il n’aurait pas les qualifications nécessaires pour présider une telle commission, poste qui devait revenir à la sixième vice-présidente, Mme Lalaïcha Ascofaré, qui a le profil le plus adéquat puisqu’évoluant dans les Btp. Ensuite, c’est encore Bathily, calculette en poche, qui démarcherait les fournisseurs pour le paiement des factures ou la confirmation de leurs contrats. La trésorière générale, Adja Mouye Sanogo, laissée sur la touche, serait très furieuse d’un tel comportement d’un vice-président qui sortirait de ses attributions.

Ce serait toujours Bathily, cette fois avec son ami et «complice», Baba Sylla, président de la Commission foires et expositions, qui aurait dépossédé de ses prérogatives le président de la Commission coopération internationale et délégations régionales, Sidi Moctar Théra. Ainsi, ils auraient imposé l’organisation forcée de la Rue marchande sur le site de la Febak, en guise de cadeau de fin d’année aux commerçants détaillants pour leur soutien, moyennant des dividendes. Tout cela, bien entendu, avec la bénédiction du président Konaté.

Mais ce dernier, sans doute excédé par les pratiques de son deuxième vice-président, se serait quand même rebiffé lorsque Bathily, faiseur de roi, a fait miroiter à Mamadou Lamine Tounkara, quatrième vice-président, la possibilité de lui faire payer des indemnités dues à un ancien président de la Chambre, et à lui faire jouer les premiers rôles.

Après le niet catégorique du président Konaté, un froid s’est installé entre Konaté et son challenger, Tounkara. Ce dernier va même réfuter la présidence d’une Commission technique de travail, se sentant sans doute trahi par Bathily. Accentuant ainsi la déchirure au sein du bureau.

Youssouf Bathily, encore lui, se serait également illustré lors de l’élaboration du budget de l’institution. Programmé à un peu plus de trois milliards par de vrais techniciens avertis, le deuxième vice-président aurait proposé qu’on rehausse ce budget à dix milliards. Pour les technicens, c’était un moyen pour lui de s’adjuger certains marchés.

Aurait-il oublié qu’il n’est que dans un simple Collège transitoire qui n’est pas censé prendre certaines décisions? Toujours est-il que, selon plusieurs cadres de la Ccim, non seulement le Collège lui-même sort de ses prérogatives, mais, pire, il est dirigé, en réalité, par un vice-président aux manières peu orthodoxes, aux ambitions démesurées.

A rappeler qu’il y a quelques années déjà, ces mêmes manières lui avaient valu d’être déflaté de l’équipe de Bittar I et de ne pas figurer non plus dans Bittar II, non sans être interpellé à plusieurs reprises sur la gestion de l’équipe Bittar dont il était le Trésorier. Saura-il durer dans ce Collège transitoire avec un président permissif ? Affaire à suivre.

Cheick Tandina

17 Janvier 2013