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Dans une démocratie émergente comme celle du Mali, la presse se doit de comprendre le pouvoir judiciaire et son indépendance pour mieux couvrir les activités judiciaires et comprendre les professions judiciaires. C’est fort de cette conviction que le ministère de la Justice organise depuis le mardi dernier, ce jusqu’au 11 octobre 2008, à l’Institut National de Formation Judiciaire (INFJ) “Me Demba Diallo”, sis à Banankabougou, un atelier de formation à l’intention d’une trentaine de journalistes maliens. Le thème retenu pour cet atelier est : “Justice et Médias”.

Ouvrant les travaux de cette session de formation, le ministre de la Justice, garde des sceaux, Maharafa Traoré, a affirmé que le choix de ce thème n’est pas fortuit. Il prouve à suffisance que les relations qu’entretiennent la justice et les médias constituent un facteur déterminant dans la bonne distribution de la justice, car elles sont essentielles à la manifestation de la vérité et au respect des droits de la personne humaine.

Ce séminaire “est donc une occasion idéale pour vous, les représentants des médias, de mieux vous imprégner du processus en cours pour la réalisation du Renouveau du Service Public de la justice”, a-t-il dit aux hommes et femmes de la presse. Selon lui, imbus de leur indépendance et de leur liberté constitutionnelle respective, le monde de la justice et celui de la presse doivent échanger, se connaître et collaborer en vue d’une meilleure distribution de la Justice au Mali.

En effet, l’existence d’une presse libre est une condition, voire un élément constitutif de la démocratie. Malgré tout, les journalistes comptent souvent parmi les premières victimes des dictatures et le contrôle des médias est toujours l’un des premiers objectifs des régimes autoritaires et des gouvernements liberticides. En tout état de cause, les médias ne peuvent jouer le rôle qui leur est assigné dans ces conditions.

Or, il est établi que les médias contribuent à éclairer le citoyen, mais aussi à lui permettre de vérifier la véracité de la parole publique, de discuter de l’efficacité des politiques, leur conformité avec les buts affichés. En un mot, ils remplissent une fonction essentielle dans la vie démocratique de notre pays.

Dans cette dynamique, il est indispensable pour l’ancrage démocratique dans notre pays, que la justice et les médias soient complémentaires dans le sens d’une plus grande transparence des affaires publiques.

En somme, ce séminaire de formation des journalistes sur la question judiciaire vient à point nommé. Cette formation renforcera, à n’en pas douter, le pont entre les médias du Mali et le monde judiciaire et constitue une contribution substantielle du ministère de la justice, à travers l’INFJ, au renforcement des capacités des journalistes en matière de justice.

Car, au terme des quatre jours de formation, ces hommes et femmes des médias seront outillés sur des thèmes aussi variés qu’importants tels que: séparation des pouvoirs et indépendance de la justice, les faits divers et la protection des personnes impliquées, genres journalistiques (reportage et interview), les relations publiques, les délits de presse, la chronique judiciaire, l’organisation judiciaire et les professions judiciaires, etc. Les travaux seront sanctionnés par des recommandations qui permettront d’imprimer une nouvelle dynamique à la distribution de la justice dans notre pays.


Bruno Loma

09 Octobre 2008