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« Nul ne pourra sauver cette fois-ci Salif Kéita et son équipe qui ont atteint leur limite dans la gestion de notre football, et il est grand temps que nous prenions toutes nos responsabilités avant les grandes échéances ».

Cette sentence est de Moussa Kéita, l’ancien défenseur des Aigles et actuel entraîneur de Bakaridjan de Barouéli, qui précise que son but n’est pas de troubler la préparation des futures échéances, dont les matches des éliminatoires combinées Can/Mondial-2010. Il veut néanmoins attirer l’attention sur l’attitude des dirigeants de notre football dans les choix de nos staffs techniques et surtout dans la formation des cadres sportifs.

Les initiateurs soutiennent qu’il s’agira, pour eux, de dénoncer cette incompétence, mais aussi et surtout le fait que l’homme, qui est à l’origine de leur mal, pourtant fruit de leur milieu, continue à ignorer leur existence en reléguant leurs préoccupations au second plan.
Arrivé aux affaires en juin 2005 à la suite d’une crise, Salif Kéita « Domingo » avait promis que la formation des cadres serait l’une de ses priorités. Mais de nos jours, malgré les multiples opportunités offertes à Malifoot pour le volet en question, comme ce fut le cas de la convention avec la Fédération française de football (FFF), la formation des cadres est mise dans les placards. Ce qui est à la base de la colère des anciens joueurs en activité.

« Nous avons besoin de la formation, si Keshi est là aujourd’hui, c’est parce qu’après sa carrière, il a bénéficié d’une formation par sa Fédération. S’ils pensent que les courtes sessions de formation de la Caf et autres suffisent, ils se trompent… », fulmine Dougutigui.

Ce dernier, porte-parole des anciens joueurs en activité, multiplie des déclarations sur les antennes de certaines radios. Face à la situation, Salif Kéita et son équipe, qui n’arrivent pas à prendre une décision pour les choix du futur directeur technique national (DTN) et de l’entraîneur adjoint, selon certaines indiscrétions, ne veulent pour l’instant pas faire de déclarations officielles. D’autant que certains anciens des années 1970 qui en réalité reconnaissent les limites de Malifoot dans la gestion actuelle de notre sport roi, ont, selon des sources bien introduites dans le milieu, demandé à Salif de ne point réagir.

Mais, toujours est-il que cette nouvelle crise ternira à coup sûr l’image de Malifoot. Les suspicions entre Salif et les anciens joueurs en activité au sujet de la formation est de plus en plus légitime dans la grande famille du football malien si bien que des questions restent ambiguës dans les esprits.

La collaboration entre Salif et les anciens joueurs en activité va-t-elle continuer ? Les anciens joueurs vont-t-ils accepter de lier leur destin aux projets de formation de Malifoot ? Des préoccupations que Dougoutigui et son équipe refusent d’éclaircir pour l’instant en faisant savoir qu’ils restent des valeurs sûres de notre football preuves à l’appui.

Boubacar Diakité Sarr

28 avril 2008