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L’équipe de la rubrique «Le coin des artistes» de votre journal est partie à la rencontre d’une jeune griotte et artiste musicienne du Mali. Il s’agit de Mme Diabaté Astou Niamé Diabaté. Très accueillante, cette dame nous a reçus chez elle, à Lafiabougou.

C’est le Mardi 20 novembre 2012 que nous avons rencontré Mme Diabaté Astou Niamé Diabaté fraichement venue de la France. Elle nous a reçus dans son grand salon. «C’est avec un réel plaisir que je vous reçois chez moi dans le cadre de votre rubrique», a-t-elle affirmé.
A l’entame de notre entretien, Astou Niamé Diabaté nous a fait savoir qu’elle est originaire de Kita, dans la région de Kayes. Issue d’une famille de griots, de feu Cheickna Diabaté et de Aminata Diabaté, elle est mariée à Sékou Diabaté (l’incontournable percussionniste de la diva Oumou Sangaré), l’un des descendants de feu Kélémonzon Diabaté et de Djélikani Kouyaté. Notre artiste de la semaine, Mme Diabaté Astou Niamé Diabaté, est donc une griotte de sang, si l’on peut s’exprimer ainsi.

Comment est-elle venue dans la musique?

L’arrivée de Mme Diabaté Astou Niamé Diabaté dans la musique n’est pas une surprise encore moins un hasard. Mais il faut retenir que, fille d’enseignant, son père tenait beaucoup à ses études. Astou nous confia que son père, feu Cheickna Diabaté, venait la réveiller chez elle pour qu’elle aille à l’école.

En effet, la talentueuse Astou Niamé Diabaté a depuis son enfance fait son initiation dans la musique, tout en la cumulant avec ses études jusqu’à l’obtention du Diplôme d’étude fondamental (Def) et ensuite du diplôme à l’Institut national des arts (Ina) dans la section musique afin d’approfondir les connaissances dans le domaine musical. Sa formation tant à l’école qu’à la maison, n’a point été du tout rose car au cours de notre entretien, Astou nous dira que malgré son attachement à sa carrière musicale, son feu père s’y opposait parfois.

Comme le dirait l’autre, Astou avait déjà son destin bien tracé. Donc malgré les pressions de son feu père, elle a été à l’école de bon nombre de grandes cantatrices de la musique malienne, notamment Diallou Damba, Bako Dagnon, Ami Koïta, Fatoumata Koné dite Babani. Elle a quitté cette dernière en ayant beaucoup de bénédictions de sa part.
Forte des formations reçues auprès des grosses pointures de la musique malienne, Astou a lors d’une nuit de «Badjuru», (genre musicale Djéli) remporté le trophée avec une chanson composée par l’une de ses maîtresses, à savoir Diallou Damba.

Astou Niamé, une griotte pleine d’entrain:

Il faut savoir que Mme Diabaté Astou, en dehors de sa vivacité sur les scènes, est une dame sage, respectueuse, très timide et surtout sensible aux problèmes des autres. Au cours de notre entretien, elle dira qu’elle tisse de très bonnes relations tant avec ses voisins qu’avec ses collègues. Pour preuve, «à chaque fois que je vois un clip de l’une d’entre elles à la télé, je l’appelle pour la féliciter» a laissé attendre notre interlocuteur. Elle pense également qu’à partir du moment où on choisit d’être dans le monde du showbiz, surtout chanter pour faire plaisir aux fans, il faut tout admettre. Les insultes et les critiques nous permettent de nous corriger aussi, dit-elle.

Sans album sur le marché, mais une célébrité:

Il faut dire que l’artiste musicienne n’a aucun d’album sur le marché discographique. Mme Diabaté Astou Niamé Diabaté nous dira qu’elle a été très vite connue à travers son premier tube dédié à son mari Sékou Diabaté. Celui-là même qui est une source d’inspiration pour elle. Sans un album sur le marché, Astou a été connue et appréciée par les producteurs. Cela s’explique par le fait que chacun a sa chance dans la vie, certains sont connus à travers les albums et d’autres à travers les maquettes, pense Astou Niamé.

Mais en ce qui concerne son retard pour la production d’un album, elle dira que cela est dû à beaucoup de facteurs, notamment ses études, les maternités, les voyages. Malgré tout, elle a aujourd’hui une place indiscutable et incontournable dans le monde du showbiz malien, voire mondial. Elle nous a alors confirmé qu’elle s’apprête à lancer deux albums sur le marché dans les jours à venir. Un album industriel et le second en sumu car, selon elle, «il y a des gens qui aiment les ‘’sumus’’ et d’autres les K7 industriels. Donc moi je souhaite faire plaisir à tous mes fans du Mali et du monde entier» a-t-elle soutenu.

LES PROJETS DE MME DIABATE ASTOU NIAME:

En dehors de sa carrière, elle aide également son mari Sékou Diabaté dans ses contrats également. Mais ce qu’elle tient à faire comme projet en dehors de sa carrière musicale, c’est de venir en aide aux plus démunis de notre pays, très prochainement. Précisément, elle aimerait aider les enfants de la rue, les mendiants, les femmes veuves. Elle dira alors qu’elle prie chaque jour le bon Dieu pour avoir les fonds nécessaires à la réalisation de ses vœux qui lui tiennent à cœur.

La Crise Malienne:

Patriote engagée, Astou dira qu’elle est très touchée par la crise qui secoue notre pays. Elle pense également que les Maliennes et les Maliens doivent se donner la main, se pardonner, s’aimer «car c’est avec ça que nous pouvons résoudre les problèmes». Elle juge inacceptable ce qui se passe aujourd’hui au Mali, un pays où il fait bon vivre. Donc pour elle, les hommes politiques également doivent jouer pleinement leurs rôles, arrêter les querelles partisanes afin de trouver rapidement une solution aux problèmes qui touchent toutes les couches socioprofessionnelles.

A la fin de notre entretien, Astou Niamé Diabaté, une dame à l’allure de mannequin, mais très simple et modeste, talentueuse avec sa voix suave, a interpellé les leaders politiques, les imams, bref tous les Maliens à faire des prières, bénédictions et des lectures du saint coran pour le retour de la paix sur toute l’étendue du territoire national et partout dans le monde. Elle dira également qu’elle prie le bon Dieu pour le repos éternel de l’âme de tous les musulmans du monde et surtout de sa grande sœur décédée au Sénégal.

Seydou Oumar N’DIAYE

Le Prétoire du 29 Novembre 2012