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Le code minier actuel ne satisfaisant pas les communautés locales, la Fondation pour le développement dans le Sahel (FDS) et le collectif des organisations de la société civile plaident en faveur de sa révision.

Depuis quelques mois, une campagne de plaidoyer est menée pour aboutir à la prise en compte des intérêts des communautés locales. Mardi dernier, à la faveur d’un point de presse animé à la Maison de la presse, les initiateurs de la compagne ont partagé avec les journalistes les actions en cours. Le directeur exécutif par intérim de la Fondation pour le développement au Sahel, Boubacar Sidiki Sangaré et président de la Coalition malienne Publiez ce que vous payez (PCQVP), Abdoul Wahab Diakité, sont revenus sur les résultats obtenus durant la campagne pour la révision du code minier.  

A en croire les conférenciers, l’initiative est de parvenir à un code minier de développement qui protège les intérêts de l’Etat et des communautés et cela en harmonie avec les instruments juridiques sous régionaux et régionaux.

Ils ont justifié qu’à travers la campagne en cours, le code minier de notre pays devrait être conforme à celui de l’UEMOA, avec la directive minière de la CEDEAO et la vision minière Africaine. Pour réaliser cet idéal, la FDS, grâce à un financement de la Fondation Ford, travaille à mettre en œuvre le « Projet plaidoyer pour l’adoption d’un code minier qui consacre 1% du chiffre d’affaires des compagnies minières au développement local ».

Un long processus

Convaincue de la délicatesse de sa mission, la Fondation pour le développement au Sahel avec ses partenaires de la société civile, va à la rencontre des différentes couches du pays. Et de prime à bord, c’est la société civile qui a vu ses capacités renforcées pour réussir la révision du code minier. A sa suite, la mobilisation a été étendue à l’opinion publique à l’intérieur et à l’extérieur du pays. « L’idée est d’obtenir du gouvernement l’adoption d’un nouveau code minier qui reflète les meilleurs standards. Pour réussir une telle ambition, les capacités de parlementaires, les femmes et des jeunes ont été renforcées sur les enjeux du secteur minier », ont aussi expliqué les conférenciers.

De façon pédagogique, les activités de campagne de plaidoyer ont porté sur les impacts sociaux et environnementaux de l’exploitation des ressources au Mali, l’initiative de transparence dans les industries extractives (ITIE), le processus de révision du code minier.

Pour ce qui est du volet Dialogue politique sur le secteur minier et développement local, il a été discuté du « rôle des industries extractives dans la promotion d’une croissance économique durable et la création d’emploi ».

En plus d’une présentation des exemples des communes rurales de Sitakaly, Gouandiaka et Sanso sur l’apport des mines dans leur développement, la campagne a traité d’un autre thème : « contenu local et les transferts infranationaux dans le secteur des industries extractives au Mali ». Ce thème a été exposé par Me Alifa Abib Koné qui a axé son intervention sur les faiblesses du secteur minier malien. Le conférencier a fait le constat que « la promotion du contenu local est un des moyens les plus sûrs permettant de mettre fin aux  enclaves  que constituent encore les sites miniers, de faire la promotion de l’industrie locale et de parvenir à la diversification de l’économie ».

Le point de presse a été mis à profit par Abdoul Wahab Diakité de présenter les résultats de la 6e conférence Afrique 2017 de « Publiez ce que vous payez » (PCQVP) tenue du 11 au 13 juillet. La conférence qui a eu lieu à Livingstone en Zambie, a dégagé des priorités et a défini les défis pour réussir son plan d’action.

Alpha Mahamane Cissé

17 Aout 2017