Partager

A l’heure actuelle, une polémique est en cours à propos de deux questions, à savoir: l’abolition de la peine de mort et l’élaboration d’un nouveau code de la famille. C’est dans ce cadre que le Haut Conseil Islamique avait saisi le président de la République, il y a presqu’un mois pour lui demander de retirer les projets de loi portant sur l’abolition de la peine de mort au Mali et le code de la famille.

Et c’est sur demande du Haut Conseil Islamique que le président Amadou Toumani Touré a reçu les membres de son bureau le 19 novembre dernier à Koulouba. Selon nos sources, au cours des débats, le président Amadou Toumani Touré a été étonné qu’il existe deux projets de loi à savoir: celui sur l’abolition de la peine de mort et celui relatif au code de la famille. Car, s’il existe un projet de texte pour le premier, il faut souligner qu’il n’en existe pas pour le second.

DES ACCUSATIONS GRATUITES

Seulement ATT avait demandé au ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille de dépoussiérer les textes existants. Autrement dit, revoir les textes existants car, sous Alpha Oumar Konaré, il y a eu des concertations dans le but d’élaborer un code de la famille. Et l’objectif était de rédiger un projet de loi. Mais avant même la rédaction, on accuse le président de la République de soutenir un code de la famille où quelque part, il est question de l’homosexualité. Est-ce qu’on peut connaître le contenu d’un texte qui n’existe pas ?

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE A SES VISITEURS

A ces visiteurs, ATT a précisé qu’à propos de l’abolition de la peine de mort dont le texte est sur la table à l’Assemblée Nationale il n’y a aucune urgence par rapport à son adoption. Avant de souligner qu’il est sensible aux préoccupations des uns et des autres par rapport à ce texte. Ainsi, il a décidé d’élargir le débat à toutes les personnes intéressées par la question pour recueillir leurs avis.

Par ailleurs, une commission ad hoc de la société civile a été mise en place pour qu’elle donne son avis sur l’avant-projet du document (projet du code de famille). Et un bâtiment sera affecté à cette commission. L’objectif étant de mener une large concertation autour de la question.

En plus, une autre commission de travail sera mise en place au niveau de l’Assemblée Nationale pour élargir le débat à propos du projet de loi portant l’abolition de la peine de mort. C’est à la lumière de ce débat élargi que l’Assemblée verra ce qu’elle peut faire, soit elle va adopter le projet de loi, soit elle sera rejetée. C’est dire qu’il n’est pas à écarter que l’examen éventuel de ce projet de texte se fasse en 2008.

DE LA RECUPERATION

Mais ce qu’on ne sait pas, ceux qui s’agitent par rapport aux deux questions sont ceux-là qui visent autre chose. Autrement dit, ils se servent de l’islam pour “se faire aimer” parce qu’ils veulent être membreS du bureau du Haut Conseil Islamique dont le bureau sera renouvelé en janvier prochain. Donc, c’est une bataille de positionnement de religieux pour devenir membres, voire président du Haut Conseil Islamique.

En tout cas, la balle n’est plus dans le camp du gouvernement, c’est aux commissions de travail et aux élus de la nation de trancher. La voie est donc ouverte pour l’élaboration d’un projet de texte consensuel portant code de la famille.

Dado CAMARA

22 novembre 2007.