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web-3.jpgAlors, elles sont masquées intégralement par leurs maris qui, eux, marchent allègrement la barbe au vent comme si eux- mêmes ne pouvaient pas être sources de tentation pour des femmes. Personnellement je n’ai rien contre, mais tout de même !

Bon. Salam fait donc partie de cette communauté. Il a deux épouses masquées et barricadées à domicile. Salam lui-même sort, se ballade là où il veut et fait en cachette la cour à la femme d’autrui. Mais comme Dieu sait mettre la honte aux trompeurs et comme rien de ce qui est caché ne le restera éternellement, Salam s’est fait prendre de la manière la plus humiliante qui soit. Voici l’histoire.

Salam draguait l’épouse de son coreligionnaire Morou. Morou lui-même a plusieurs épouses ; alors pour la dernière, il a loué une maison dans un autre quartier où elle loge seule. Certes, Morou lui consacrait plus de temps qu’aux autres mais il est vérifié que quelle que soit l’intensité de l’amour d’un homme pour sa femme, il ne peut rester toujours collé à elle surtout qu’ici, l’adorée à des coépouses qui entendent bien être satisfaites à tout point de vue par leur polygame de mari.

Etant lui-même mari de deux femmes, Salam savait bien cela. Aussi en complicité avec la «Roumdé» de Morou, il venait chez elle au secteur n°30 alors que celui-ci allait chez ses premières épouses ; Salam lui-même habitant le secteur n°19.

Cette nuit-là, Salam s’est délecté de Mme Morou. Il a puisé tout ce qu’il pensait lui appartenir ; en fait «il a pris pour lui-aussi» comme on dit dans certains milieux.
Quelqu’un d’autre après cela ne penserait qu’à s’en aller, pas Salam pour qui, il fallait se laver, se purifier de cette saleté qui, pourtant, lui a procuré bien de plaisirs. C’est ainsi qu’en maître des lieux, il s’est fait déposer un seau d’eau dans les toilettes externes, qu’il rejoignit drapé dans la serviette de Morou qui de ce fait est doublement trompé. Et Morou arriva.

Parce qu’il avait eu envie de sa dernière, Morou s’était rendu chez elle vers les 21 heures. C’est ainsi qu’il aperçut la chose. Quelqu’un d’autre qui n’était pas lui se lavait dans sa douche. Et comme ce quelqu’un ne l’avait pas vu arriver, il fonça dans les toilettes et découvrit qu’il s’agissait de Salam, celui dont on avait dit qu’il draguait son épouse.

Le voyant, Salam voulut prendre la serviette. Morou le devança et jeta le linge loin dans la cour en disant «aujourd’hui c’est toi ou moi !». Salam savait qu’un mari cocu ne dit pas cela à la légère, mais comment se défendre étant tout nu dans les toilettes de son cocufié, cocufié qui de plus, est plus costaud que lui ?

Le fait d’avoir été surpris lui ôtant tout réflexe, Salam ne songeait même plus à se défendre. Morou le frappait, le boxait comme s’il voulait le tuer. Le nez et la bouche de Salam ressemblaient plus à une tomate rouge éclatée qu’à ceux d’un homme.

Salam encaissait avec des «houm» étouffés mais sans crier ; ce que voyant, Morou entreprit de lui arracher son «Bakari» avec ses deux sœurs du dessous, les deux douloureuses. Et de fait, la douleur fut si vive, que Salam dans un sursaut de survie, bouscula celui qui s’apprêtait à l’assassiner et se lança dans la rue, les «affaires» lui fouettant les cuisses dans sa course éperdue.

Il s’engouffra dans la première concession venue où sa présence fit fuir femmes et enfants. Ce fut le propriétaire de cette concession qui alla négocier ses vêtements avec Morou afin qu’il puisse rejoindre Nonsin son quartier.

Hypocrisie où es-tu ? Ca masque les femmes pour éviter qu’elles succombent à la tentation et c’est soi-même cochon comme diable !

Sacré Chédou OUEDRAOGO | Sidwaya

20 juillet 2007