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D’une valeur totale d’environ 65 milliards de Fcfa, ces documents d’entente portent sur des activités qui changent la vie des populations.

Hier, les membres du Conseil national de Transition (CNT) ont adopté cinq projets de lois en séance plénière au Centre international de conférences de Bamako. Quatre de ces textes concernaient la ratification de prêt et de financement pour faire face à la Covid-19.

Il s’agit du projet de loi portant ratification de l’accord de prêt signé à Khartoum et à Bamako le 30 novembre 2020 entre le gouvernement et la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (Badea) en vue du financement de l’opération de réponse urgente pour affronter la pandémie de Covid-19 ; de deux projets de loi autorisant la ratification de l’accord de prêt signé à Lomé le 21 décembre 2020 entre le gouvernement et la Banque ouest africaine de développement (BOAD) en vue du financement des mesures urgentes prises pour faire face à la crise sanitaire liée à la Covid-19 et du projet de loi autorisant la ratification de l’accord de financement signé à N’Djamena au Tchad le 13 février 2021 entre le gouvernement et le Fonds international de développement agricole (Fida ) relatif au Programme régional conjoint Sahel en réponse aux défis Covid-19, conflits et changement climatique au Mali (SD3C). 

Ces quatre projets de lois étaient défendus par la ministre de la Santé et du Développement social Diéminatou Sangaré et le cinquième, par sa collègue des Transports et des Infrastructures Mme Dembélé Madina Sissoko.  

Dans son rapport, la Commission de la santé, du développement social et de la solidarité saisie pour l’étude au fond des quatre premiers projets de loi a précisé que le prêt que la Badea consent au Mali s’élève à environ 4,914 milliards de Fcfa. Tandis que les prêts que la BOAD consent s’élèvent respectivement à 13 milliards de Fcfa pour le premier et à 15 milliards de Fcfa pour le second. Et pour ce qui concerne le prêt Fida, le montant est de 9,941 milliards de Fcfa, mais assorti d’un don de 3,676 milliards de Fcfa.

Le principal du prêt de la Badea sera remboursé sur une période de 20 ans avec une période de grâce de 4 ans. Pour les prêts BOAD, le principal des 13 milliards de Fcfa sera remboursé sur 10 ans après un différé de trois ans. Tandis que les 15 milliards de Fcfa seront remboursés sur 18 ans avec un différé de 5 ans. Pour ce qui concerne le prêt Fida, le remboursement qui n’engendre aucun intérêt se fera sur 40 ans avec un différé d’amortissement de 10 ans. 

Les objectifs de ces prêts sont la réduction des impacts sanitaires, économiques et sociaux de la pandémie de Covid-19, la prise en charge des cas infectés, l’équipement des laboratoires nationaux, le renforcement des capacités sanitaires et le soutien aux entreprises dans les secteurs économiques les plus affectés. Au cours des débats, les questions des membres du CNT ont porté essentiellement sur la nécessité de ces prêts à cause de la régression de la Covid-19 dans notre pays, le point des fonds extérieurs déjà engagés dans cette lutte, la place accordée à la recherche scientifique, le point de la vaccination et des vaccins disponibles. 

En réponse, la ministre Dieminatou Sangaré a précisé qu’en 2020, le département de la Santé a reçu 16,233 milliards de F cfa et en 2021, le financement intérieur du budget de l’État s’élève à 25 milliards de Fcfa repartis entre plusieurs départements. Concernant les donations, elle dira qu’il y a 6,647 milliards de F cfa logés au niveau du ministère de l’Économie et des Finances.

Faisant le point de la vaccination, la ministre dira qu’à ce jour, 179.634 doses de vaccin ont été inoculées pour 133.377 personnes qui ont reçu la première dose et 46.317 personnes qui ont reçu la seconde. D’après elle, il y a un restant de vaccins qui arrive à péremption en juillet 2021. Et notre pays attend de nouvelles doses de vaccins en août prochain.

Concernant, la recherche scientifique, Diéminatou Sangaré a donné la garantie que cela fait partie de ses priorités. Pour améliorer la couverture vaccinale, elle a annoncé une action commune avec le service de Santé des Armées qui va appuyer son département pour booster la vaccination avec une forte campagne de sensibilisation. Elle assure que des actions nouvelles sont en cours pour une réforme en profondeur du secteur de la santé. 

Avant de préciser que tous les financements font l’objet d’audit et de vérification. Mieux, Diéminatou Sangaré a révélé qu’actuellement, il y a une mission du Vérificateur général sur les fonds alloués à la Covid-19 au niveau du département de la Santé. Enfin, la ministre dira que dans les conditions actuelles du pays, ces prêts sont une nécessité car il n’y a pas d’autres solutions. 

Le cinquième projet de loi portait sur la ratification de l’accord de prêt signé à Khartoum et à Bamako le 31 décembre 2020 rentre le gouvernement et la Badea en vue du financement du projet de réhabilitation de la route Sevaré-Gao lot1 : Sevaré-Boré. Par cet accord, la Badea consent au gouvernement, un prêt d’un montant de 40 millions de dollars en deux tranches soit 22,200 milliards de F cfa. Nonobstant quelques questions d’éclaircissement sur le réseau routier du Mali, la sécurisation du projet, les intervenants au cours des débats ont tous salué la pertinence de ce projet. 

Répondant aux questions, la ministre Dembélé Madina Sissoko dira que notre pays est enclavé et compte 44 routes nationales pour 14.102 km. Mais également, des routes d’intérêt régional au nombre de 40 pour 7.052 km. Et des routes d’intérêt local au nombre de 833 pour 28.929 km. 

Elle a donné l’assurance que les départements de la Défense et de la Sécurité ont la volonté d’accompagner ce projet. Pour la ministre Dembélé Madina Sissoko, ce projet est financé à hauteur de 5,18% par le budget national. D’après elle, les études ont déjà été faites. Et pour le reste du tronçon à savoir Boré-Douentza,Douentza-Gossi et Gossi-Gao, les études et les avant-projets sont disponibles pour le reste des travaux. 

La ministre de la Santé et du Développement social et sa collègue des Transports et des Infrastructures ont ainsi réussi leur baptême du feu devant le CNT. Les quatre projets de loi défendus par la première ont été adoptés par 107 voix pour, 0 contre et 2 abstentions tandis que celui défendu par la seconde a été adopté à l’unanimité par 107 voix pour, 0 contre et 0 abstention. 

Dieudonné DIAMA

Source: L’Essor