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Le constat est là : il y a échec des négociations entre la junte et la Cédéao. Quelles alternatives ?

Après une semaine de négociations et des journées de va-et-vient entre Kati, l’hôtel de résidence des négociateurs et même Ouagadougou, la médiation n’a rien donné. La Cédéao voulait que Dioncounda continue la transition, que cette transition dure un an. Le CNRDRE voulait Bolly, et une concertation nationale pour fixer la durée de la transition.

Dimanche soir, sur l’ORTM, le confrère Youssouf Touré a beau bousculer Bolly avec des questions on ne peut plus pertinentes, celui-ci est resté très flou sur ses vraies intentions. Il n’a pas dit qui il voit à la place de Dioncounda, comment il compte s’y prendre pour nommer quelqu’un et comment, la suite va se dessiner. A la sortie de l’interview, les téléspectateurs étaient aussi confus et les questions sans réponse qu’au début.

Qu’est-ce qui va se passer ? A une semaine à peine de la fin des 40 jours de Pr. Dioncounda Traoré, le pays risque de replonger dans l’incertitude et les mêmes menaces planent sur nos têtes. A ce jour, ne se dégage aucun leader, aucune initiative fédérant les parties et partagée par la majorité. Tout se passe comme si on va attendre, passif, la fin des 40 jours pour décider ou pour voir quelle orientation donner à la vie politique.

Et pendant ce temps, aucune initiative n’est prise pour le Nord. Pis, la rébellion se fortifie, prend ses quartiers et fait du lobbying à l’international. Zakiatou Wallet Halatine, ancien ministre de l’Artisanat et du Tourisme, qui nous a arraché des larmes après le saccage de son domicile de Kati, et qui jurait, la main sur le cœur, ne rien avoir avec la rébellion et être une éternelle victime, a conduit une délégation du MNLA à Bruxelles pour plaider sa cause.

Les jours à venir ne seront pas tranquilles. Selon nos informations, la communauté internationale attendait l’issue des négociations actuelles pour adopter une position. Déjà, avec la suspension de l’aide budgétaire de l’Union européenne, les jours à venir vont être très difficiles. Mais en plus, il y aura des sanctions individuelles contre des personnalités, supposées être des facteurs de blocage dans les négociations.

« Le Millenium Challenge Account qui avait suspendu ses activités au Mali au lendemain du coup d’Etat vient de les arrêter définitivement. Cela veut dire que l’aéroport ne sera pas terminé, qu’Alatona est abandonné, sans parler de ce que cela fait en perte d’emplois ».

Alexis Kalambry

Les Échos du 14 Mai 2012