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Une vraie guerre des chiffres oppose Maître Mountaga Tall aux dissidents de son parti conduits par le ministre du tourisme Ndiaye Ba. « Chaque jour qui passe, assure un dissident, nous sommes rejoints par des sections entières et des élus. C’est le cas, notamment, à Kayes où nous avons fait une razzia, à Bafoulabé, Sikasso et Tombouctou où toute la section nous a rejoint, à sikasso; la section de Bougouni a aussi quitté le CNID. ».

Le grand trophée de guerre brandi par les dissidents concerne la commune emblématique de Ségou, fief de Maître Tall et dont il reste le député: « Nous avons été rejoints par le secrétaire général de la section, le vice-président, le secrétaire à l’organisation, les 2 secrétaires permanents et aussi le maire Ousmane Simaga. »

Les dissidents, ayant appris que Maître Tall se rendrait hier (dimanche) à Ségou pour tenir une conférence de section, y ont dépêché Djiby Tall, cousin du premier et président d’honneur de la section: « Partout où Maître Tall conservera un minimum d’influence, nous l’acculerons à la défaite.

Nous avons sur lui deux avantages: depuis longtemps, il ne se rendait plus sur le terrain, laissant cette corvée à ses actuels adversaires; ensuite, la moindre conférence de section coûte 200 000 FCFA de frais logistiques que Tall peinerait à exposer, étant désormais privé du soutien des grands argentiers du parti passés à l’adversaire. ».

Quand on leur oppose qu’à ce jour, ils n’ont pas rallié de députés, les dissidents répliquent: « C’est une stratégie; sachant où se trouvent leurs intérêts, les députés du parti viendront bien assez tôt dans nos rangs. »

Impassibles, les partisans de Mountaga Tall assènent leur formule favorite: « Le déluge annoncé n’a pas eu lieu. Que Ndiaye Ba, après 15 de secrétariat général du parti et 8 ans de ministère, ne puisse débaucher que quelques éléments çà et là montre que le parti avait un piètre secrétaire général. Le Comité directeur, il y a une semaine, a décidé d’organiser des conférences dans les 45 sections.

La soixantaine de membres du comité directeur sont descendus sur le terrain. L’objectif est d’informer les militants sur ce qui est arrivé. Parallèlement, le tour des sections entamé il y a quelques mois par Tall sera poursuivi et Tall n’a pas attendu la défection de Ndiaye Ba l’initier. La dépense ne nous fera pas reculer. »

Par rapport à la situation spécifique de Ségou, le CNID se réjouit que seuls 5 des 96 membres de la section aient démissionné: « Notre contrôle sur la section reste entière et le maire démissionnaire n’est pas membre de la section! », explique-t-on.

Les partisans de Tall préparent deux armes qu’ils pensent irrésistibles: l’organisation rapide d’un congrès pour neutraliser toutes les « taupes » de Ndiaye Ba et l’opposition formelle du parti à toute reconduction de Ndiaye Ba et des siens dans le prochain gouvernement au titre du parti.

On le voit, le CNID est devenu un gigantesque champ de bataille…

Tiékorobani

Le Procès verbal du 21 Juin 2010.

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CNID FYT : Putsch ou remembrement du Comité Directeur ?

Nous nous étions fait l’écho d’une information selon laquelle, les députés du parti du soleil levant proposeraient un congrès extraordinaire à l’effet de débarquer l’honorable M. Tall de la présidence du parti. C’était à la Une de notre parution du lundi 14 juin. Notre source, assurément pas de très bonne foi, soutenait que la décision avait été prise lors de la rencontre tripartite de Radisson.

C’est vrai que la rencontre a bel et bien eu lieu ! Mais à en croire une source indépendante crédible, la décision de convoquer un Congrès extraordinaire aurait été prise la semaine dernière seulement, donc plus de deux semaines après Radisson et mieux à Bagadadji, au siège du parlement.

Les honorables élus du Soleil Levant envisageraient cette éventualité dans la perspective du remembrement du Comité Directeur, après le départ du Secrétaire général démissionnaire, de ses fidèles et sans doute des camarades qui avaient claqué la porte avant la tempête N’Diaye Bâ.

Une hypothèse possible lorsqu’on sait que l’instance supérieure du parti qui avoisinait les 60 personnes a connu une forte saignée, ce qui n’est pas faux. Mieux, Me Tall garderait toujours la confiance de certains de ses camardes de l’hémicycle au nombre desquels camarades : Fanta Mantchini, Yaya Haïdara, Bati Diawara. Cinq (5) députés si l’on s’amuse à ajouter l’honorable Tall lui-même.

Fadi Ganda

La Nouvelle Patrie du 21 Juin 2010.