Partager

cmdt1.jpg

Cette conférence était conjointement animée par le secrétaire général de la section syndicale de la filière coton, Zakariyaou Diawara, et le représentant de la Coalition des alternatives africaines dette et développement-Mali (CAD), Témo Tamboura.

Ils ont notamment expliqué les grandes lignes de la pétition de 265.000 signatures déposée par les travailleurs de la CMDT à l’Assemblée nationale, vendredi dernier.

Zakariyaou Diawara assure que 90% des producteurs des zones CMDT s’opposent à la privatisation, pilotée, de leur point de vue, par la Banque mondiale et considèrent comme des « prétextes« , les arguments avancés par les autorités pour justifier la privatisation de la société. Celle-ci, souligne-t-il, n’est pas mal gérée parce qu’elle fait l’objet de façon régulière de contrôles du vérificateur général et du Contrôle général de l’État qui n’ont apporté aucune preuve de mauvaise gestion.

Zakariyaou Diawara a cité les mauvais exemples fournis par l’échec des privatisations de différentes filières cotonnières africaines pour étayer ses appréhensions.

L’échec est ainsi consommé au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Bénin, au Togo et les subventions de ces États aux filières n’ont jamais cessé, relève le syndicaliste. L’État burkinabé, assure-t-il, a injecté 87 milliards dans sa société en 2007/2008 pour la récapitaliser. Le Bénin en a fait autant sans empêcher sa filière d’être totalement paralysée en raison d’incompréhensions entre l’État et l’interprofession.

La réunion de l’Association cotonnière africaine (ACA) dont le Mali est membre, qui s’est tenue au début de ce mois à Cotonou, a ainsi constaté que les subventions accordées aux intrants coton lors de la campagne 2008/2009 sont de 6,5 milliards Fcfa au Burkina Faso et 6,9 milliards Fcfa au Bénin. En Côte d’Ivoire, l’État a subventionné les intrants coton jusqu’à concurrence de 50%.

Sans compter que les subventions décriées en vain par nos pays continuent de plus belle avec en tête de peloton les États-Unis, l’Union européenne et la Chine, souligne le syndicaliste.

Nos filières ne sont donc pas victimes de la mauvaise gestion mais de la conjoncture internationale, soutient Zakariyaou Diawara. En conséquence, le syndicat de la CMDT maintient son opposition ferme à la privatisation et réclame l’application du plan social de 2003, seul à même de rassurer travailleurs et d’éviter le sort fait à Huicoma.

800 travailleurs de l’huilerie ont, en effet, été renvoyés malgré les assurances données par l’État, engendrant des drames sociaux et familiaux, constate le syndicaliste.

La question du coton, a jugé Zakariyaou Diawara, va au-delà des comptes froids car la filière a apporté le développement socio-économique dans toutes ses zones d’intervention. Son démantèlement affecterait tout cet édifice, ramènerait et accentuerait la pauvreté, gonflerait les rangs des chômeurs prévoit-il. La solution réside donc, de son point de vue, dans la relance et la pérennité de la filière coton au prix de réformes judicieuses et d’efforts financiers importants et soutenus.

Le représentant de CAD-Mali a apporté son soutien aux travailleurs et estimé légitime leur position au regard des échecs enregistrés.


M. COULIBALY

31 Juillet 2008