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La CMA, pour le moment, a repris la gestion totale de Kidal, tandis que dans la région, les principales villes sont sous la domination d’un camp ou d’un autre. « A Kidal, c’est la CMA qui gère, mais ils sont sous la pression constante de la Plateforme. A Anéfis, c’est la Plateforme qui gère la ville. A Aguelhok, il n’y a aucun mouvement présent militairement, mais la gestion est partagée 50/50 entre CMA et Plateforme. A Tessalit, c’est aussi le cas, mais là-bas, il n’y a pas mal de membres du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) », explique une source locale.


CARBURANT SALE AU MALI : La polémique enfle malgré le démenti de l’Onap

A la suite du rapport intitulé « Dirty Diesel » sur la présence sur le marché de l’Afrique de l’Ouest du carburant toxique, le directeur général de l’Office national des produits pétroliers (Onap), Zoumana Mory Coulibaly, conteste et soutient que « le taux de soufre est de 0.5 %. Qu’on nous dise si ce taux n’est pas dans les normes ». Une ONG de la place ne partage pas cet avis.

Les propos du DG de l’Onap sont en contradiction avec ceux d’Oumar Samaké, directeur de l’Association malienne d’éveil au développement durable (AMEDD). Il a participé au rapport de l’ONG Public Eye selon lequel « le maximum de concentration de souffre a été détecté au Mali ».

Sur la polémique du carburant toxique, le directeur général de l’Onap, Zoumana Mory Coulibaly, a tenté samedi de rassurer les consommateurs maliens. Interrogé par l’ORTM, il fera remarquer le respect des normes internationales par le Mali. « Le taux de soufre est de 0.5 %. Qu’on nous dise si ce taux n’est pas dans les normes », s’est-il exclamé.

Si l’on s’en tient aux explications du DG de l’Onap, le carburant malien est contrôlé à tous les niveaux jusqu’à la pompe. Pour corroborer sa thèse, il a laissé entendre que « les pays voisins achètent du carburant au Mali, alors si c’était une mauvaise qualité… »
Ces propos sont pourtant en contradiction avec ceux d’Oumar Samaké, directeur de l’AMEDD. Joint par nos confrères de RFI, il dénonce l’attitude des négociants suisses, mais aussi des autorités des pays concernés.

« C’est également choquant que des décideurs africains acceptent de se faire approvisionner en carburant de mauvaise qualité, sachant bien que cela est nocif pour la santé. En tant que société civile malienne, on s’était dit que nos décideurs ne le savaient peut-être pas. Maintenant, nous allons les informer pour qu’ils puissent prendre des dispositions urgentes », a-t-il déclaré, avant de lancer un appel aux décideurs.

« C’est dans l’immédiat qu’il faut réviser les standards maliens. On ne peut pas comprendre qu’on continue à accepter que des négociants suisses nous fournissent de tel carburant ! C’est inacceptable ! Vraiment, à l’attention des décideurs africains, il est urgent qu’on agisse pour protéger les populations et protéger l’environnement qui est un bien commun mondial », a-t-il insisté.

« C’est choquant parce que c’est du carburant toxique extrêmement mauvais pour la santé et là où nous sommes choqués c’est que dans des pays comme la France, la Suisse, les Etats-Unis ou encore d’autres, la teneur en soufre des carburants est beaucoup moindre. Or, tous les êtres humains ont le même droit à la vie », a-t-il rappelé.
« Il s’agit de la vie humaine ! Il n’y a pas de différence entre un Africain, un Européen ou un Américain quand il s’agit de la vie ! Et j’ai envie de dire aux négociants suisses d’arrêter de couler l’Afrique, d’arrêter de tuer les Africains », a insisté Oumar Samaké.

Ce que révèle le rapport

Des échantillons de diesel recueillis dans huit pays d’Afrique de l’Ouest contenaient une teneur en soufre 300 fois plus élevée que ce qui est autorisé en Europe. Le rapport intitulé « Dirty Diesel » souligne que les négociants suisses exploitent les faibles normes réglementaires afin de vendre du carburant toxique aux consommateurs africains.

Bien que ce soit dans les limites légales fixées par les gouvernements nationaux, les vapeurs de diesel issues de ce combustible pourraient augmenter les maladies respiratoires comme l’asthme et la bronchite dans les pays concernés.
Le document épingle Vitol, Trafigura, Addax & Oryx et Lynx Energy, toutes des sociétés suisses. Elles profitent de ce marché en tant qu’actionnaires dans les sociétés de distribution.

Rassemblés par M. D.

21 Septembre 2016