Partager

L’atmosphère de la période de pré campagne électorale avait suscité des inquiétudes au sein de la population générale. Forts de cette tendance négative, certains acteurs politiques avaient prédit le pire. Avaient-ils pensé une seule seconde aux conséquences de ce qu’ils envisageaient? Rien n’est moins sûr. Mais, ce que l’on ne doit surtout pas perdre de vue, c’est le fait que le Mali est différent de plusieurs pays, en ce sens que, quelle que soit la gravité d’un problème donné, on parvient toujours à trouver un terrain d’entente. C’est cela la principale force de notre démocratie basée sur une culture solide de paix, de solidarité, de partage et de respect de l’autre dans la différence.

En effet, de façon générale, les acteurs politiques sont unanimes que le Mali n’a pas besoin de situations qui seraient de nature à entraver son développement amorcé au prix de gros efforts consentis par tous. La culture de paix est sans ambages une réalité au Mali.

LES ATOUTS DE LA STABILITE

C’est ce constat qui est à l’origine des facilités dont bénéficie notre pays auprès des bailleurs de fonds. Ne vaut-il pas la peine de pérenniser de tels acquis dans l’intérêt de tous? De plus en plus, au sein de l’opinion publique nationale et de la classe politique, on prend conscience de ce fait. Cela est à l’avantage de la démocratie, de son approfondissement.

En effet, ces dernières années le Mali est en train de bénéficier de plusieurs opportunités de financement à travers le Millenium Challenge Account ou d’autres financements dans le cadre de la coopération bilatérale ou multilatérale. En plus, le Mali, en raison de sa stabilité politique mais aussi des progrès réalisés dans les domaines les plus variés, bénéficie du soutien des partenaires au développement pour l’accompagnement des efforts de développement des secteurs prioritaires ainsi que dans le cadre des réformes institutionnelles.

UNE COLLABORATION A PARTIR DE L’ESSENTIEL

Mais, peut-on affirmer que les passions se sont tues pour longtemps? Dans le cas du Mali, il est hasardeux de répondre à cette question par l’affirmative, dans la mesure où les acteurs politiques sont généralement très controversés le long de notre processus démocratique. Le moins que nous puissions dire aujourd’hui, c’est que nous observons une période d’accalmie, en raison du fait que les acteurs politiques qui animent en ce moment l’opposition, ou plutôt les membres du Front pour la Démocratie et la République (FDR) ont mis pour l’instant en veilleuse la passion qui les animait et ce, malgré leurs griefs par rapport aux conditions de déroulement du scrutin du 29 Avril.

Ils ont, en effet, reconnu le président de la République et le fait que les arrêts de la Cour Constitutionnelle sont sans appel. La sagesse est ainsi allée au rendez-vous à la satisfaction générale. L’investiture du nouveau président de la République fut également un moment de communion entre le président Amadou Toumani Touré et ses partenaires politiques.

Ont également bien voulu partager avec lui ses adversaires politiques, en particulier plusieurs autres candidats aux élections présidentielles de 2007. D’ailleurs ravi de cette présence remarquable, le président Amadou Toumani Touré leur a adressé ses salutations sincères dans son premier discours qu’il a prononcé immédiatement après son investiture par la Cour Suprême le vendredi dernier au Centre International de Conférences de Bamako.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que tout est mis en oeuvre pour éviter que la situation ne dégénère.

Moussa SOW

11 juin 2007.