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Dans cette interview, l’entraîneur français, Claude Leroy surnommé « Globe Trotter » et consultant à la Can-2012, de la chaîne de télévision, Orange-Sport ouvre une fenêtre sur les Aigles et estime que le Mali n’avait pas arrêté de progresser dans la Can, tout comme son sélectionneur, Alain Giresse « pas qu’il est Français », précise-t-il, qui a fait un super travail.

Les Echos : Que pensez-vous des Aigles d’Alain Giresse ?

Claude Leroy : Alain Giresse a fait un super travail au Mali. On a découvert des joueurs au fur de la compétition. Cette équipe n’a fait que se bonifier comme Alain qui n’arrêtait pas de se bonifier. On l’a vu danser avec ses joueurs, lui qui était un peu introverti. L’Afrique l’a fait grandir, pas en centimètre parce qu’il ne peut plus grandir, mais mentalement. Il s’est ouvert. Il est devenu un homme de grande qualité. Et je pense que il n’a pas fini de progresser, de faire progresser son équipe.

Les Echos : Avant Ghana-Mali de la 3e place, Alain Giresse n’avait plus le cœur à la rencontre. N’est-ce pas ?

C. L. : C’est toujours le même problème. Quand on est entraîneur, c’est vrai que la déception est tellement énorme après les demi-finales qu’on se dit à quoi sert de disputer la 3e place. Alors, tout dépend du contexte. J’ai joué ce match de la 3e place en 2008 avec le Ghana à Kumasi contre la Côte d’Ivoire, ça aurait dû être l’affiche de la finale. Donc, tout le monde avait envie de le jouer et c’était un match exceptionnel. Mais tout dépend du contexte. On savait que les Maliens eux voulaient jouer. J’étais avec eux à l’hôtel pendant deux jours, je discutais avec Seydou Kéita, Cédric, avec tous les joueurs. Je vous dirais qu’ils voulaient gagner cette médaille de bronze.

Les Echos : On peut dire que le Ghana a été une déception ?

C. L. : Ce n’est pas une déception. Ils ont raté une demi-finale parce qu’ils ont raté un penalty d’entrée de jeu qui aurait changé complètement la face de cette demi-finale. Vous savez, ça s’est joué à peu de chose. Après, c’est tellement facile de porter des jugements sur tout le monde. Le Ghana peut faire un assez bon match dans la phase de poule, pas en maximum. Je pense que cette équipe collectivement, tactiquement a répondu, mais elle a raté de très peu la finale. Je pense qu’on retrouvera encore le Ghana à un très haut niveau dans les prochaines années, pendant un bon moment.

Les Echos : Pouvez-vous nous faire une lecture globale de la Can ?

C. L : Pour l’instant, on a eu 31 matches et il y a eu aucun 0-0 déjà, ce qui n’est pas anecdotique. Ce qui veut dire qu’il y a eu des matches ouverts tout le temps. Ça été une Can rafraîchissante, on a fait beaucoup de découvertes, beaucoup de joueurs qui jouaient les championnats locaux qu’on ne connaissait pas. Même cette équipe du Mali avant cette compétition, des joueurs comme Gara Dembélé, qui est un grand de la sélection espoir en France, qui a fait un match énorme, athlétique alors que souvent on lui reprochait un peu de nonchalance.

Si Tamboura à ce qu’on connaissait par sa rigueur, par son intelligence, c’est que Cédric Kanté, sa qualité tactique et technique de Seydou Kéita. Mais, à côté de ça, Cheick Tidiane Diabaté a capitalisé la confiance, les Samba, Soumaïla le portier étaient très bons. Ceux qui sont entrés aujourd’hui dont Ousmane Coulibaly aussi étaient bons. Je pense que cette équipe a un bel avenir devant elle.

Propos recueillis à Malabo (Guinée équatoriale) par

Boubacar Diakité Sarr

24 Février 2012