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La situation politique a beaucoup évolué ces derniers mois avec le cheminement des élections générales de 2007. En effet, au tout début, avant même l’annonce des candidatures à ces élections tant attendues par certains acteurs politiques qui croyaient avoir la chance de présider aux destinées du pays, il y avait de la passion dans l’air. Rarement on avait assisté à une telle boulimie d’acteurs politiques déterminés, disaient-ils à changer le cours des choses. A apporter, disaient-ils les changements souhaités par le plus grand nombre de Maliens.

N’avaient-ils pas soutenu que la gestion des affaires publiques était catastrophique, quand bien même que certains d’entre eux y avaient pris une part active pendant au moins trois ans? Les clivages au sein de la classe politique étaient déjà au rendez-vous depuis ce moment. Ainsi, avait-on assisté à une bipolarisation de la classe politique après un temps plus ou moins long de gestion consensuelle du pouvoir.

RECULER POUR MIEUX SAUTER?

Le moins qu’on puisse dire, c’est que certains avaient fait volte-face. N’était-ce pas une manière de reculer pour mieux sauter? Mais, au finish, le constat a été amer pour eux, puisque cela a été pour un simple recul par rapport aux missions qu’ils s’étaient assignées, celles des partis et acteurs politiques. Et il s’agissait en fait, ni plus ni moins que d’acteurs politiques qui, au-délà de la conquête pure du pouvoir, conformément à la vocation de tout parti politique, voulaient plutôt regler leurs comptes avec le président de la République. Mais, de quels comptes s’agissait-il? Se demandait-on au sein de l’opinion publique nationale.

C’est justement à partir de cette interrogation restée sans réponse que les électeurs mêmes ont pris du recul par rapport à ces acteurs politiques, estimant que leur attitude, dans certains cas, était déloyale. On leur en veut pas parce qu’ils ont voulu briguer la magistrature suprême, mais bien parce que leur stratégie a consisté à un mattraquage sans merci du pouvoir. Ainsi, avaient-ils vainement usé de tous les moyens à leur portée pour tenter de déstabiliser politiquement le pouvoir qui en est sorti indemne.

APRES LES ELECTIONS QUELLE SERA LA FORMULE?

En cette circonstance, certaines grandes figures du paysage politique étaient devenues méconnaissables, en raison du fait qu’on les avait surestimés du point de vue stratégie électorale. A la limite, ils ont étalé au grand jour leurs lacunes et insufisances en matière de communication politique, malgré leur aura politique et les moyens et ressources humaines dont ils disposaient pour la cause.

Par rapport à cet aspect spécifique il n’y a pas un grand commentaire à faire. La situation ayant évolué, les détracteurs du pouvoir, malgré le fait qu’ils étaient partie prenante de la gestion des affaires publiques ont été réduits à leur plus simple expression.

La rentrée parlementaire a été une autre étape importante, tant elle a contribué à semer la confusion au sein de la classe politique. En effet, à cette compétition, les partis politiques n’ont pas tenu compte des clivages qui existaient avant, au cours et après les élections générales de 2007. Ils ont joué la carte du pragmatisme.

LES PREMICES DES NOUVELLES CONNEXIONS

Autant les partis membres de l’ADP sont allés en rangs dispersés, autant ceux du FDR qui n’ont pas eu la chance de présenter un candidat à cette compétition ont choisi leur camp. Ce faisant, ils se sont démarqués de certains partis et acteurs politiques de façon pragmatique. Toute chose qui traduit les relations actuelles et ouvre la voie à de nouvelles perspectives.

Alors, à un moment où le président Amadou Toumani Touré entame son second mandat, tous étant rassurés qu’il ne sera pas question d’un troisième, se positionnent. Cependant, force est de constater que se profile à l’horizon une recomposition du paysage politique.

Déjà, on constate un rapprochement entre le le RPM et l’Adéma qui est pourtant du même regroupement que l’URD. Aussi, l’UDD et le PARENA étaient déjà là avec l’Adéma. Cela augure que les données sur l’échiquier politique national vont bientôt se remodeler.

Mais ce processus se fera à l’avantage de qui? La question reste posée.

Moussa SOW

05 septembre 2007.