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L’approche des prochaines élections communales est en train de susciter l’éveil chez certains partis, pendant que d’autres demeurent constants dans leur attitude. Au même moment, des partis se créent par des transfuges d’autres partis plus grands. Cela serait-il en harmonie avec l’idée de retrouvailles prônée par certains acteurs politiques? Loin s’en faut !

En ce moment, il semble que les partis sont à la recherche d’une nouvelle voie, celle susceptible de les conduire vers un changement d’approches, de comportement, notamment à l’égard des électeurs.

Mais cela aura-t-il un sens si les animateurs des différents partis ne parviennent pas à y maintenir et pérenniser la cohésion? Rien n’est moins sûr.

En tout cas, chaque parti, selon ce qui lui parait important, est en train de poser des actes, en termes d’adhésion à d’autres partis ou de refus d’adhérer, comme c’est le cas de l’UDD dont les ténors ont récemment fait une déclaration afin de lever l’équivoque sur ce qu’ils ont appelé des confusions entretenues par certains acteurs politiques.


Faire autrement la politique

En l’espace de trois semaines, deux partis politiques ont été mis sur les fonts batismaux dans le District de Bamako. Il s’agit de l’UDM Jama ka wasa présidé par l’ancien ministre Ibrahima Siby et de la CODEM dirigé par l’Honorable député Housseyni Guindo.

Un constat : les principaux fondateurs de ces partis sont issus du RPM qui appartient à l’opposition depuis le milieu du premier mandat du président Amadou oumani Touré. Les ténorsde ces partis, les plus jeunes soutiennent qu’ils entendent faire autrement la politique.

Comment peut-on comprendre cela? Le moins qu’on puisse dire, c’est la rupture qui est définitivement consommée entre eux et le RPM. De là on ose croire qu’ils feront différemment du RPM la politique, en tentant de corriger les lacunes et insuffisances constatées pendant qu’ils étaient membres de ce parti.

En ont-ils les ressources humaines adéquates et suffisantes pour faire de leurs organisations des partis d’avant garde susceptibles de mieux prendre en compte les préoccupations des électeurs, des populations en général? C’est le temps qui nous en dira.

LUDM et la CODEM: Des forces d’appoint?

En effet, après avoir démissionné depuis plusieurs mois, ces acteurs politiques qui travaillaient discrètement, ont pris la décision de créer avec des camarades leur propre parti.

D’ores et déjà, pour une bonne frange de la population, ces partis ont été créés afin de devenir des forces d’appoint à d’autres plus grands qui auraient bientôt besoin de leur concours pour arrondir leurs angles.

Est-ce vrai? En tout cas, lorsqu’on se réfère aux propos de leurs ténors, ils sont déterminés au même titre que les autres partis à tirer leur épingle du jeu politique.

Mais parmi eux, il n’y en a pas dont les animateurs sont sûr de remporter les élections présidentielles. Toute chose qui explique qu’ils seront, après les élections communales de 2009, obligés de chercher à se rapprocher d’autres partis. Choisiront-ils des fusions, des alliances électorales ou politiques?

Le choix obligatoire d’une option précise

Il appartiendra à chacun de définir son option, dans la mesure où seuls, ils ne pourront pas avoir une grande capacité de mobilisation susceptible de leur permettre de remporter des victoires aux présidentielles comme aux législatives d’ailleurs.

Il y a d’une par le travail d’implantation de ces partis sur l’étendue du territoire national et d’autre part une stratégie électorale qui démontrera que les ténors de ces partis sont en train de faire différemment la politique.

La tache n’est pas facile pour eux et pour tous les autres partis d’ailleurs, y compris les partis considérés comme les mieux implantés surtout dans le contexte actuel où on assiste à un cycle infernal d’ahésion de partis ou de cadres et militants de partis à l’Adéma ou à l’URD. Ces deux partis sont considérés aujourd’hui comme les mieux implantés de l’échiquier politique national.

Cependant, avec les affluences à leur direction, certains observateurs de la scène politique expriment des inquiétudes par rapport à leur possibilité de maintenir en leur sein la cohésion.

L’UDM, la CODEM et le RPM

Au moment où deux partis viennent d’être créés par des acteurs politiques issus du RPM, ses ténors ont entrepris des offensives sur le terrain.

En effet, restés longtemps sans mouvement particulier sur le terrain en direction des cadres et militants de base , des cadres et responsables du RPM ont commencé à bouger en direction de leurs base, en faisant cap sur Kita où il y a eu des échanges sur les questions d’actualité, mais aussi sur les préparatifs des élections communales de 2009.

Cela est comparable à un instinct de survie du RPM, dans la mesure où les partis qui ont été mis sur les fonts batismaux récemment pourraient occuper le terrain dans le cadre de l’implantation de leurs structures et si c’était le cas, cela coûterait au RPM quipourrait voir des cadres et militants virer au CODEM ou à l’UDM.

Ce qui est sûr, c’est que la création de ces partis ne peut laisser indifférents les ténors du RPM, au contraire, ils doivent même en être inquiets au risque de voir leurs structures vidées de leurs substances.

Autre aspect important, c’est la déclaration faite selon laquelle le RPM ne fusionnera pas avec un autre parti. Effectivement, si cela devrait arriver, il n’est pas évident que tous suivraient cette dynamique. En tout cas, il y a de quoi, puisque les deux partis tenteront de se nourrir du RPM comme cela est fréquent sur l’échiquier politique national.

Les partis sur l’Echiquier politique National

Au sein de l’échiquier politique national, les partis sont divisés; il y a ceux qui ont commencé depuis plusieurs mois des offensives sur le terrain et poursuivent les actions dans ce sens, et ceux qui attendent que certains jeux se dévoilent.

Ainsi, il y a ceux qui ont opté pour la course de vitesse et ceux qui estiment que les élections sont surtout une course de fond. La question que l’on se pose, c’est de savoir si les premiers concerveront leur place ou s’ils pourraient se réveler les derniers.

Mais il ne fait pas de doute que les données changeront continuellement sur l’échiquier politique national.


Moussa SOW

27 Mai 2008