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Législatives : le faible taux de participation est le fruit d’un «clash entre la classe politique et la population»

Quarante huit heures après le scrutin du 24 novembre 2013, il n’y a pas encore de chiffre officiel publié par le ministère de l’administration territoriale. Les tendances jusqu’ici relayés par la presse proviennent des états major de campagne des candidats ou des commissions locales de centralisation des résultats.jpg_une-2346.jpg

La première certitude en discussion au sujet de cette élection est le faible taux de participation. «Pour ce premier tour du scrutin des législatives, les électeurs ne se sont pas beaucoup mobilisés», a concédé le Pôle d’observation citoyenne et électorale (Poce) dans un rapport préliminaire publié le lendemain du scrutin. Dispositif de veille de la société civile mis en œuvre sous l’impulsion du Réseau Appui au processus électoral au Mali (Apem), le Poce avait déployé sur le terrain quelques 3 700 observateurs et 200 superviseurs, repartis sur l’ensemble du territoire y compris à Kidal.

Au niveau national, la participation est estimée à 31,7 % contre 22 % dans le district de Bamako. A la présidentielle de juillet-août dernier, les 6,5 millions d’électeurs s’étaient mobilisés à auteur de 49 %. Pourquoi un tel désarroi en l’espace de trois mois ? Pour le porte-parole du Poce, Ibrahima Sangho, cette situation est le résultat d’un «clash entre la classe politique et la population». A son avis, les alliances politiques formées par les partis n’ont pas aidé à la clarification des visions politiques.

Les incidents qui ont émaillés le scrutin ont été enregistré dans une commune du cercle de Goundam où 10 des 14 urnes ont été emportés par des hommes armés ainsi que dans la ville de Kidal où des heurts ont opposé des manifestants du Mouvement national de libération de l’Azawad qui s’opposait à la tenue du scrutin à des populations de la localité favorables à la République.

Hier, «la tension était vive à Kidal» mais le «vote s’est bien déroulé» le lendemain. Et selon des sources officieuses, il n’y aura pas de second tour dans cette région. Les députés des quatre circonscriptions sont tous parvenus à se faire élire dès le premier tour. Comme Tin-Essako, Abeïbara, Tessalit, Kidal, les cercles de Dioïla (Koulikoro), Baraouli (Ségou), Djenné, Bandiaga(Mopti), Niafunké (Tombouctou) et Bourem (Gao) semblent être dispensés d’un second tour.

Seydou Coulibaly

© AFRIBONE

Le 26 Novembre 2013