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Depuis la semaine dernière, le chantier du projet de construction de la Cité administrative est complètement paralysé. Les trois bureaux de contrôle qui sont chargés de veiller sur la qualité des travaux réalisés par l’entreprise libyenne, Général Company for construction (GCC) ont décidé d’observer une suspension de leur mission suite à un préavis de 15 jours qu’ils ont adressé à l’Administration du bureau du projet de construction de la Cité administrative dirigée par Lahaou Touré.

Ces trois bureaux de contrôle – le Groupement des BET qui assure le suivi technique ; le Groupement d’architectes qui assure le suivi architectural et le bureau Veritas qui assure le contrôle pour la sécurité et la garantie décennale – réclament aujourd’hui le paiement de leurs prestations à l’entreprise libyenne chargée des travaux de construction du projet de la Cité administrative.

En plus de cette réclamation, ils exigent ni plus ni moins une renégociation ou la reconduction pure et simple de leur contrat qui a pris fin le 31 février 2008. Faut-il rappeler qu’en la matière, les bureaux de contrôle ont un contrat calqué sur la durée des travaux de l’entreprise libyenne majoré d’un mois. Or, la durée des travaux de l’entreprise libyenne, Général company for construction (GCC) après une prolongation de délai supplémentaire de 19 mois a pris fin le 31 décembre 2007.

Donc, c’est dans l’attente d’un règlement de cette situation, c’est-à-dire de combler ce vide juridique de la part des hautes autorités maliennes et libyennes, que les trois bureaux de contrôle refusent d’observer le service minimum sur le chantier.

Le chantier conduit par l’entreprise libyenne accuse beaucoup de retards par rapport à l’avancement des travaux. C’est ainsi que tous les délais fixés pour la réception provisoire de cette cité administrative ont été faussés par l’entreprise libyenne. Le 1er délai qui était de 32 mois a pris fin le 24 mai 2006. A la fin de ce 1er délai de 32 mois, les travaux n’étaient qu’à 30 %. Après une prolongation de 19 mois (du 24 mai 2006 au 31 décembre 2007), l’état d’avancement des travaux n’est que de l’ordre de 50 %.

Face à ce constat, c’est-à-dire le grand retard dû à la mauvaise organisation de l’entreprise et surtout à l’insuffisance de moyens personnels et matériels, la situation de prolongation ou de poursuite sont en cours d’examen au niveau des plus hautes autorités.
Il y a donc nécessité aujourd’hui de prendre des mesures idoines pour continuer les travaux.

En attendant qu’une solution soit trouvée, le chef du bureau du projet de construction de la Cité administrative, Lahaou Touré, que nous avons rencontré pense que “tant que les travaux continuent, il est nécessaire qu’un service minimum de contrôle soit assuré”. Selon lui, la démarche des bureaux de contrôle est illégale parce que “normalement un bureau de contrôle ne doit même pas faire de grève”. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il pense que “cette suspension c’est pour manifester”.

Et pourtant, malgré le retard accusé par l’entreprise libyenne, les travaux de construction de la Cité administrative sont en train de continuer d’une manière normale sur les voiries et caniveaux ; la station de traitement des eaux usées mais de façon très timide pour les autres corps d’état secondaires à l’intérieur des bâtiments (électricité, plomberie, sanitaire).

Pour ces raisons seulement, les bureaux de contrôle doivent assurer un service minimum de contrôle. Déserter le chantier, c’est courir les risques et inconvénients d’un arrêt des travaux avec les gros oeuvres. Un arrêt qui peut aussi provoquer la dégradation des acquis sans oublier les pertes dues aux vols et consorts. La vérité est que personne ne peut surveiller un chantier arrêté.
Mais par ailleurs, il faut souligner qu’aucun Malien ne peut s’hasarder à spéculer sur la réception définitive de la nouvelle Cité administrative. Les nouveaux délais relèvent de la discrétion des autorités des deux pays : Mali-Libye.

Il est important aussi de savoir que ce chantier n’est pas un chantier normal comme les autres. C’est le fruit de la coopération libyo-malienne. Le prêt est libyen, l’entreprise est libyenne et a été choisie sans appel d’offres. C ‘est pourquoi la solution doit être trouvée au niveau des plus hautes autorités des deux pays.

Birama Fall

18 février 2008.