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La conférence de presse a été organisée, suite à un accident causé par deux camions sous l’échangeur qui avait entraîné la mort de deux personnes et provoqué plusieurs blessés graves. Le gouverneur du district n’a pu donner les éclaircissements concernant son “arrêté” puisqu’il a dit que l’arrêté du maire restait valable mais qu’il était suspendu jusqu’à la construction de nouvelles gares routières destinées à accueillir les gros porteurs.

Quand est-ce que ces gares seront opérationnelles ? Le gouverneur n’a pu avancer une date. Ce qui démontre à suffisance le manque d’autorité de l’Etat que le maire du district de Bamako n’a pas manqué de signaler. Le directeur de la sécurité publique, Adama Samaké, a confirmé la nécessité de revoir cette disposition de la circulation des gros porteurs à Bamako qui leur crée beaucoup de problèmes, car elle est la cause de plusieurs accidents graves.

Interrogée sur les problèmes de désengorgement de la capitale, Mme Sy Kadiatou Sow, ancien gouverneur du district, a précisé qu’il faut une affirmation nette de l’autorité de l’Etat et des moyens conséquents pour régler ces difficultés. Elle a expliqué que, c’était grâce à l’application de cette autorité de l’Etat qu’elle était arrivée à faire déguerpir les occupants de la zone devenue aujourd’hui l’ACI et celle de Niamakoro où les malfrats avaient établi résidence en agressant, détroussant des gens et en violant des femmes. Le débat avait donc unanimement fait constater cette absence notoire d’autorité de l’Etat.

Le gouverneur était contraint de reconnaître la validité de l’arrêté du maire tout en bafouillant que la mesure était suspendue. Ce n’est ni plus ni moins que le rejet de la politique de l’Etat en matière de sécurité routière faute d’affirmation de son autorité. Pourtant, au cours de sa campagne électorale, avant l’élection présidentielle de 2002, ATT déclarait : “en politique comme dans toute entreprise, rien de durable ni de solide ne peut se concevoir et se réaliser dans l’anarchie et le manque de discipline. Le dépérissement de l’autorité de l’Etat et l’érosion continue de son crédit moral font le lit de toutes sortes de dérives au plan de la gestion publique, mettant en péril la stabilité et la paix sociale. Si certains errements peuvent s’expliquer par l’apprentissage de la démocratie dans une société en crise, la dégradation des mœurs politiques et son corollaire de corruption généralisée sont parmi les véritables raisons de la déliquescence de l’autorité de l’Etat…la désaffection chronique de nos concitoyens pour la politique provient de cet affaiblissement du crédit moral de l’Etat”.

ATT avait donc rejeté la faute, à savoir le manque d’autorité d’Etat, sur les hommes politiques. Malheureusement, c’est sous son règne que le crédit de l’Etat est le plus bas. Mme Sy Kadiatou Sow, ancien gouverneur du district de Bamako, le maire du district de Bamako, Adama Sangaré et le directeur de la sécurité publique, Adama Samaké ont tous reconnu que, sans l’autorité nettement affirmée de l’Etat, c’est un leurre que de dire aux citoyens qu’ils vont vivre dans un cadre assaini, désengorgé et sécurisé. Quand un maire prend la courageuse décision de sécuriser les citoyens, ce n’est sûrement pas le gouverneur qui doit suspendre la mesure. Il ne le ferait certainement pas sans la complicité de l’Etat.
Baba Dembélé

18 mars 2008