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La Compagnie de la circulation routière (CCR) est décidée à mettre fin aux multiples violations du Code de la route. Elle multiplie les opérations et traque les contrevenants. Les résultats sont là, très satisfaisants : plus de 2 000 engins appréhendés pour non respect de la réglementation, des fraudeurs démasqués et des recettes pour le trésor public.

Du 1er au 14 avril derniers, la Compagnie de la circulation routière a effectué des opérations de contrôle au niveau de plusieurs carrefours du District de Bamako et des postes DTR (Droit de traversée routière). Les contrôles étaient entre autres axés sur les phares, les feux de position (feu rouge, feu de stop), les pièces administratives (permis de conduire, visite technique, assurances, etc.), l’usage du téléphone portable au volant, les vitres teintées, les plaques d’immatriculation, les véhicules sans plaque, l’excès de vitesse, et le non respect de l’arrêté N° 039/PMD sur la circulation des gros porteurs.

L’opération a permis d’appréhender 2 159 engins dont 1 960 véhicules et 199 engins à deux roues. La verbalisation des contrevenants a engendré, dans la période indiquée ci-dessus, 5 784 000 F CFA au trésor public.

Mais au-delà de l’aspect purement financier, l’opération a permis à la CCR de mettre la main sur plusieurs faux documents administratifs, des véhicules non dédouanés, des fausses immatriculations et des fraudeurs de tous genres.

Le Commandant de la CCR, Commissaire principal Mohamed Koureïchi est formel : « les populations doivent beaucoup faire attention aujourd’hui parce qu’il y a trop de faux documents dans la circulation ».

Pour étayer cette preuve, le commandant Koureïchi nous explique comment sa compagnie a pu arrêter un faussaire, qui a eu l’idée de subtiliser la plaque d’immatriculation d’un véhicule SOTRAMA.

Les faits remontent à environ un mois, quand le propriétaire de la SOTRAMA a fait une déclaration de perte de sa plaque d’immatriculation N° 11-9116-2.

Les agents de la circulation routière alertés n’ont pas tardé à appréhender une 406 appartenant à un certain Mahamadou Cissé qui présentait toute l’apparence d’un haut responsable ou d’un VIP.

En effet, l’homme s’est débrouillé à avoir la photocopie d’une fausse carte grise qu’il a pu légaliser, le macaron d’un député de la législature 2002-2007, des pare-brises vierges (pas de vignette, ni de visite technique) et des vitres teintées. Les policiers qui avaient des soupçons sur la plaque d’immatriculation, sont passés au contrôle.

Le faussaire fut ainsi démasqué et mis aux arrêts. Cette arrestation soulève la nécessité du contrôle des usagers sans exception et la complicité que ces fraudeurs et voleurs ont avec les agents de l’administration. Si les délinquants peuvent se procurer sans problèmes des documents aussi importants que le macaron d’un député, les cachets et signatures des responsables administratifs, il y a de quoi avoir peur.


Opération d’envergure

Pour le Commandant Koureïchi, sa compagnie est prête à poursuivre l’opération pour démasquer tous les fraudeurs qui pillulent nos axes, et faire respecter le code de la route. Il explique qu’il y a trop de fausses plaques d’immatriculation, de fausses cartes grises, de fausses visites techniques sur des véhicules non dédouanés.

Au moment même de notre entretien avec le Commandant (vendredi 18 avril) sur les indélicatesses de certains usagers de la circulation routière, ses agents ont intercepté deux véhicules non dédouanés avec des fausses plaques d’immatriculation.

Le premier est une RAV4 appartenant à un certain A. Dramé et qui dispose d’une fausse carte grise et immatriculé P 7663 M3.
L’intéressé a placé le numéro (d’une ancienne Toyota) sur sa RAV4 et remplacé le N° châssis de la RAV4 par celui de la Toyota. Avec la fausse carte grise, le propriétaire de ce véhicule s’est procuré une vignette de 2008 et façonné une fausse visite technique afin d’échapper aux contrôles.

L’autre véhicule appartenant à O. Diallo est immatriculé S 3808 MD. Lui aussi est parvenu à scanner une fausse carte grise pour un véhicule non dédouané, venu du Niger avec le N° XR23. Avec ces faux documents, il s’est procuré une vignette 2008 et fabriqué une fausse visite technique.

Le premier fraudeur a abandonné son véhicule dans la circulation et l’autre avait promis d’aller chercher le véritable propriétaire. Il n’est toujours pas de retour. C’est autant de constats qui interpellent les citoyens et même les autorités. Les pertes sont énormes et les conséquences incalculables pour le trésor public.

La CCR se prépare à lancer une grande opération pour arrêter les détenteurs de ces faux documents placés sur des véhicules venus des pays voisins et au-delà. Les contrôles seront étendus aux gros porteurs et aux engins à deux roues.

S’agissant des gros porteurs, le contrôle sera désormais strict en ce qui concerne le respect de l’arrêté du gouverneur qui interdit leur circulation pendant certaines heures de la journée. Le Commissaire principal Mohamed Koureïchi est catégorique « Il ne sera plus permis aux gros porteurs de circuler en dehors des heures indiquées… ». Les gros porteurs doivent seulement circuler la mi-journée de 11h à 15 heures et la nuit de 22h à 6 heures. Le constat est que certains chauffeurs s’obstinent à circuler en dehors de ces heures. Ils ne seront plus tolérés.

Des moyens limités

Les engins à deux roues ne seront pas non plus épargnés. Koureïchi précise que les contrôles concerneront particulièrement les engins conduits par des mineurs (9-13 ans). Il s’agira pour les agents de la CCR de confisquer tout engin conduit par un enfant dans la circulation. Les parents seront convoqués, entendus et contraints à payer une amende. Et l’engin ne sortira de la fourrière que lorsque le propriétaire apporte les documents correspondants (vignette de l’année en cours ou document équivalent).

Ce sont les seules conditions pour pouvoir retirer un engin de la fourrière, selon le Commandant de la CCR, Mohamed Koureïchi, qui explique que les dites conditions ont l’avantage de permettre de retrouver les engins volés et de ne pas remettre l’engin d’autrui à quelqu’un d’autre.

Mieux, les acrobaties sur la voie publique devraient cesser. Le Commandant conseille aux adeptes de ce phénomène de mode à travers le District de Bamako de trouver un espace neutre à eux puisque l’activité en tant que telle n’est pas interdite. Mais, elle n’est pas autorisée sur la voie publique.

Désormais, des motards de la circulation routière assurent la garde et n’hésiteront pas à interpeller tous les acrobates qui tenteront des démonstrations sur la voie publique en mettant en danger la vie des populations et la leur propre. Les contrevenants s’exposeront à de lourdes amendes.

Depuis le début de l’opération, des résultats encourageants ont été enregistrés, malgré les moyens limités de la CCR. Le Commandant affirme que des efforts sont fournis par les autorités de tutelle, même s’ils sont insuffisants. Il pense seulement que le gros du travail est accompli grâce au courage et à la détermination des agents de la circulation routière.

Reste à souhaiter que cette opération se poursuive, sans entrave. Car le chef de l’Etat avait, lui-même, instruit aux forces de sécurité plus de fermeté.


I. Maïga

21 avril 2008.