Partager

camion-3.jpg
Mais son amélioration est loin d’être acquise si on en juge par le nombre élevé d’accidents de la circulation provoqués par les gros porteurs et qui endeuillent profondément des familles entières. Dans le district de Bamako, la palme de la dangerosité revient à la pente qui va de Sabalibougou à Quartier Mali (Commune V). Sur ce tronçon mortifère, on ne compte plus ni les tragédies humaines, ni les dommages matériels causés par les poids lourds.

Face à ce phénomène persistant, l’Action jeunesse développement et sécurité routière (AJD-SR) ne veut pas rester les bras croisés. Elle a organisé mardi dernier au pied de l’échangeur de Quartier Mali une conférence de presse avec comme thème « La circulation des gros porteurs dans le district de Bamako« . On y notait la présence du représentant du chef de quartier Mali Habibou Cissé et de l’inspecteur divisionnaire du 4ème arrondissement, Souleymane Sylla.

Selon le président de l’AJD-SR Mamadou Fofana, l’association avait proposé en 2005 et en 2006 aux autorités compétentes (ministère de l’Équipement et des Transports, département en charge de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, gouvernorat et mairie du district) l’interdiction de la circulation diurne des gros porteurs dans notre capitale. Ses multiples démarches avaient abouti à la signature de l’arrêté n°039/M-DB du 16 août 2007 du maire du district de Bamako, interdisant la circulation des gros porteurs sur le pont Fahd entre 06 heures et 22 heures. Mais cet acquis fut de courte durée.

« Après seulement 2 mois et 13 jours d’application, contre toute attente et au moment même où la Compagnie de circulation routière était à l’aise dans l’application de l’arrêté, le gouverneur du district de Bamako par décision n° 612/GDB-CAB en date du 29 octobre 2007 a invité le directeur régional de la police à laisser circuler les gros porteurs du lundi au samedi de 11 heures à 15 heures et de 22 heures à 06 heures et le dimanche pendant toute la journée, annulant du coup l’arrêté du 16 août« .

Préoccupée par la fréquence et les conséquences dramatiques des accidents de la circulation causés par les gros porteurs au niveau du Quartier Mali, l’association a demandé au gouverneur de revenir sur sa décision et au ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales l’annulation pure et simple de la mesure dès le 1er novembre dernier. Elle n’a reçu aucune réponse et les gros porteurs continuent à faire des ravages.

Comme mesures urgentes à prendre, le président de l’AJD-SR demande aux autorités de rétablir dans les plus brefs délais l’arrêté du maire et d’organiser à court terme un atelier sur la circulation des gros porteurs dans le district de Bamako et dans toutes les capitales régionales.

Au cas où sa conférence de presse resterait infructueuse, l’AJD-SR compte utiliser tous les moyens et voies légaux pour faire cesser la circulation diurne des gros porteurs dans notre capitale, ont averti ses membres. Au nombre de ces moyens Mamadou Fofana a cité l’utilisation de pétitions et l’organisation de marches, mais sans pour autant rompre les contacts avec l’administration.

Pour le président de l’AJD-SR, le choix du lieu pour tenir la conférence de presse est chargé de symbole, car c’est précisément à cet endroit que s’est produit le plus grand nombre d’accidents.

S. DOUMBIA – L’Essor

06 Mars 2008.