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La circulation à Bamako est aujourd’hui devenue un vrai casse-tête. Les gens ont maintenant tellement l’habitude des accidents, si bien qu’ils ne paniquent pas lorsqu’ils en voient un. Et il n’y a pas un jour que Dieu fait sans qu’il n’y ait plusieurs accidents de la circulation routière à Bamako. Ainsi, pour trouver une solution idoine à ces accidents meurtiers sur les routes, de nombreuses initiatives sont prises à plusieurs niveaux dans notre pays, notamment par le département de tutelle, la mairie du District de Bamako et par des stuctures privées de la place dont CAPRIVES.

Dans notre pays, l’essor démographique s’est accompagné de la multiplication du nombre d’engins, notamment à deux roues. Cette augmentation virtigineuse a eu un impact négatif sur le trafic routier. Malheureusement, les infrastrctures routières, en particulier n’ont pas suivi cette croissance de la population.

Aussi, avec l’existence de la quasi totalité des facultés de l’université du pays à Bamako, chaque année, beaucoup de milliers de bacheliers affluent dans la capitale à la poursuite de leurs études et la majeure partie de ces étudiants s’achètent des motos pour les déplacements. Ces nouveaux conducteurs sont considérés comme responsables des nombreux accidents.

LE CAS DES GROS PORTEURS

Mais après mûre réflexion, il a été démontré que les gros-porteurs sont pour beaucoup dans les accidents qui se produisent dans le District de Bamako et environs.

Considérant leur lourdeur et leur grosseur sur les petites voies, particulièrement du centre-ville, il leur avait été interdit de circuler aux heures de pointe dans la ville de Bamako sous le règne de Moussa Traoré. Ainsi, les conducteurs de ces engins devaient-ils circuler là seulement entre 23H à 6 H.

Aussi, à peine élu, Adama Sangaré, le nouveau maire du District de Bamako, sur instruction du Gouverneur du District, avait pris un arrêté réduisant considérablement la circulation de gros-porteurs sur les artères principales de la ville de Bamako.

Il s’agit de l’arrêté N°007/M-DB du 8 avril 2004 du maire du District de Bamako interdisait aux gros-porteurs de circuler les jours ouvrables de 6H à 10H et de 15H à 20H dans le District. Mais, les gros-porteurs pouvaient circuler pendant les autres heures de la journée.

LA COLERE DES TRANSPORTEURS, COMMERCANTS ET SYNDICATS

Cet arrêté a fini par être abrogé par l’arrêté n°039/M-DB du 10 août 2007 qui suscite aujourd’hui beaucoup de eréactions dans le milieu des transporteurs, clients, syndicats et commerçants. Cette décision interdit la circulation de gros-porteurs de 8H à 22H.

Ils ne semblent pas être d’accord avec cette nouvelle expérience qui, selon eux, serait contre leurs intérêts. Ainsi, ils n’arrêtent pas de manifester leur ras-le-bol par rapport à cette décision. La coordination nationale des associations et syndicats des gros-porteurs a, dès le début protesté contre cette mesure qui ne sert ni ses intérêts ni l’intérêt des commerçants.

LES ARGUMENTS

En effet, les syndicalistes, selon leur représentant disaient : “Nous ne partageons pas cette décision car, cela faussera les données par rapport au rythme de ravitaillement correct et sécurisé des magasins”. Il n’a pas manqué de dénoncer la manière dont cette mesure a été prise, sans consultation préalable des interressés, toute chose qui, selon eux n’est pas démocratique.

Si les transporteurs se plaignent de la rigueur de cette mesure, en revanche un conseiller municipal de la Commune II du District trouve cette mesure salutaire : “Ici, nous avons tous les problèmes de circulation dans nos rues. Et souvent même en cas de décès, il est difficile de trouver un passage pour se rendre au cimetière”, a-t-il dit.

Le marché de dabanani est l’exemple type de ce casse-tête. Dans tous les cas, pendant les jours ouvrables et les heures de pointe, ces gros-porteurs représentent de grands dangers sur les petites voies à l’intérieur de la capitale.

Comme la mobilité concerne tout le monde, à un avis sur le sujet et les débats prennent vite un caractère enflammé, voire idéologique, nuisant à une approche sereine. Ainsi, tous les efforts doivent converger vers une solution pérenne du problème crucial de la circulation routière.

Moussa KONDO (Stagiaire)

03 septembre 2007.