Partager

L’armée de terre est déjà de plain-pied dans les festivités du cinquantenaire. Les hommes du colonel Mamadou Adama Diallo ont lancé leurs activités le vendredi 5 février 2010 par une opération de don de sang, suivie mardi dernier par une conférence sur « l’Armée malienne de la période coloniale à 1968 ». Le mois de l’armée de terre sera bouclé le 27 février par l’émission Top Étoiles. En attendant la grand-messe du 22 septembre 2010.

Dans le cadre de la commémoration des festivités du cinquantenaire de l’indépendance du Mali, l’armée de terre est entrain de donner un bel exemple aux autres corps de la grande muette et à l’ensemble des composantes de la société malienne. L’unité dirigée par le col. Mamadou Adama Diallo a décidé de faire sien ce mois de février.

Le 5 février dernier, l’opération de don de sang, qui marque le début des activités, a connu un franc succès. Au camp Soundiata Kéïta de Kati, environ 250 volontaires, essentiellement des militaires, des épouses et enfants de militaires, ont donné leur sang « pour sauver des vies ». Un acte salué, à sa juste valeur, par Mounirou Baby, directeur général du centre de transfusion sanguine.

Avant-hier mardi, c’est une conférence de presse qui a été animée, à l’Ecole nationale de police, par le colonel Séga Sissoko, directeur du Musée des armées assisté du lieutenant colonel en retraite Sékou Doumbia. Le thème initial : « L’armée malienne de l’indépendance à nos jours » a été modifié : « L’armée malienne de la période coloniale à 1968 ».

Le principal conférencier a d’abord parlé de l’Armée face aux forces coloniales (1878-1898), notamment la résistance des vaillants combattants, les frères Tiéba et Babemba Traoré, Samory Traoré opposée aux Français Archinard, Gallieni, Joffre etc.

Le col. Séga Sissoko a ensuite fait cas de ce qu’il appelle la mission commune France-Soudan français. 43 000 Africains auraient participé à la guerre de libération de la France au cours de la 2è guerre mondiale. On n’en connaît pas le nombre de morts.

La 3è étape de l’intervention du col. Sissoko a porté sur les indépendances africaines, qui, rappelle-t-il, sont une promesse faite aux tirailleurs.
La constitution et l’éclatement de la fédération du Mali (dans la nuit du 19 au 20 août 1960), la nomination du Col. Sékou Traoré comme premier chef d’Etat major et de défense de l’armée malienne au Soudan (le 3 août 1960), l’envoi par les autorités sénégalaises de Abdoulaye Soumaré en France (le 5 septembre 1960), la proclamation de l’indépendance de la République du Mali (le 22 septembre 1960), son renvoi au Mali en qualité de coopérant militaire (le 23 décembre 1960), sa nomination comme chef d’Etat major de défense (28 décembre 1960), sa promotion au grade de Général et CEMGA (le 1er janvier 1961), son décès (le 2 octobre 1964), le retour du col. Sékou Traoré au poste de CEMGA (en 1964), sont autant d’événements rappelés au cours de cette conférence par le col. Séga Sissoko.

Qui a déclaré que l’armée malienne a été officiellement créée le 1er octobre 1960.
Il a aussi révélé que la date du 20 janvier 1961 retenue comme le jour du départ du dernier soldat français du territoire malien n’est que politique. Et que c’est le 5 septembre.

Le conférencier dira, enfin, qu’après 1968, l’armée malienne a été complètement décimée, voire décapitée, avec des officiers nommés gouverneurs ou ailleurs ou tout simplement mis à la retraite.

Le col. en retraite Sékou Doumbia a complété cette longue intervention par un témoignage sur l’implication du Mali (et la sienne propre) dans la résolution de la guerre Algérie-Maroc au début des années 1960.
Le col. en retraite Issa Ongoïba, le capitaine en retraite Moussa Dramé, ont tous témoigné leur vécu au cours de cette période charnière de l’histoire du Mali.

Les débats ont porté sur l’héritage laissé aux jeunes militaires par les anciens, la différence entre l’armée des années d’indépendance et celle d’aujourd’hui, le rôle de l’armée dans la commémoration du cinquantenaire etc.

Après cette conférence, les autres activités programmées par l’armée de terre sont, entre autres, des journées portes ouvertes à Kati et Bamako, la formation des hommes, une conférence sur le contrôle parlementaire des armées au cercle Mess des officiers les 16 et 17 février, et l’émission Top Étoiles, le 27 février.

Sékou Tamboura

11 Février 2010.