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Le transport en commun urbain est un véritable casse-tête au Mali en général, en particulier à Bamako. Par sa vaste étendue, Bamako pose problème aux citoyens pour rallier ses différents quartiers. Quant au choix des moyens de transport, les Bamakois ne sont guère gâtés. Pour l’écrasante majorité de nos concitoyens, le Sotrama s’impose, rien d’étonnant pour qui connaît le pouvoir d’achat faible des Maliens. Une minorité de Bamakois peut se permettre quelques fois le taxi. Mais quel taxi ?

Sotramas, Dourinis et tatas qui s’imposent comme unique moyen de transport pour plus de 90% des Maliens ne présentent aucune commodité.

Les véhicules, généralement en état de délabrement avancé, sont souvent de taille fort modeste : il faut se plier en deux pour y pénétrer. Une fois à l’intérieur, les passagers y sont entassés comme des sardines sans compter le manque d’aération.

Ces véhicules étant dépourvus de coffre, les bagages sont déposés au pied des passagers, les obligeant à des postures gênantes durant tout le long du trajet.

L’étroitesse des véhicules fait que l’on se courbe à l’intérieur pour ne pas se cogner la tête. Au toit. Bref, la liste des désagréments en rapport avec ces moyens de transport est longue, on ne saurait les citer tous.

S’y ajoutent les bagarres qui éclatent fréquemment entre passagers ou entre passagers et apprentis pour des questions de place ou parce que tel s’est fait piétiner ou tel autre s’est vu salir ou déchirer ses vêtements par des sceaux ou autres ustensiles tranchantes qu’on y fait pénétrer.

Pour résumer, on peut dire que c’est un véritable supplice que d’entrer dans un de ces véhicules. Est-ce parce qu’on est pauvre que l’on n’aurait pas droit au minimum de confort ?

Une minorité de Maliens de la classe moyenne emprunte les taxis. Là aussi, ce n’est pas la joie car ces taxis sont autant que les précédents dans des états désastreux.

Soit ils sont sales, soit ils ont des fauteuils déchiquetés, laissant entre-voir leur ferraille et dès fois même la route. On a des soucis à se faire pour ses vêtements, surtout lorsqu’on est habillé en blanc.

Cependant, le plus dramatique du transport à Bamako c’est, tenez-vous bien, « Point G place ». Cet endroit est tout simplement apocalyptique, les véhicules baptisés  »requins » par les citadins en référence à leur ferraille tranchante, datent de la nuit des temps.

Il s’agit de vieilles Peugeot 405 dans des états indescriptibles, de véritables carcasses, des fossiles qui non seulement, ternissent l’image de marque de notre pays, mais surtout mettent en danger constamment la vie des passagers qui les empruntent chaque jour.

Sans compter leur impact délétère sur l’environnement où ils déversent des tonnes d’huile moteur et les nuages de fumée toxique qui nous asphyxient. Je vous épargne des conditions de transport inhumaines et honteuses.

Les Maliens ne méritent pas ça. Dire que ces véhicules détiennent le monopole pour rallier Point G au reste de la capitale. C’est inouï. Depuis quelques années, on a constaté la mise en circulation de quelques bus, aussi mal organisés que les Sotramas et compagnie. Leur nombre est très insuffisant, leur itinéraire mal connu, ils sont absents sur la plupart des tronçons de la capitale sans compter l’inexistence totale d’arrêts créant ainsi des embouteillages.

Au vu de ce qui précède, on peut dire que le secteur du transport en commun se porte très mal au Mali. Le constat est sombre. Il est temps de songer au renouvellement de notre parc automobile.

De plus ce secteur est un des moteurs de notre économie et fait vivre des milliers de gens. Il mérite qu’on s’y intéresse davantage. Il pourrait générer certainement plus de ressources s’il était mieux structuré. Surtout pour ces chauffeurs obligés de reverser leurs bénéfices pour réparer des véhicules fantômes toujours en panne. Beaucoup de Maliens ne risqueraient pas leur vie sur des engins à deux roues si nous disposions de moyens de transport adéquats. En cinquante ans, ce secteur n’a pas du tout évolué, au contraire il a dégringolé. Il est comme laissé pour compte au grand – dam des citoyens.

Le renouvellement du parc automobile avec la mise en circulation de Bus modernes (en attendant le tramway promis par ATT) comme cela se voit dans les grandes capitales du monde, permettrait d’améliorer le quotidien de milliers de Maliens, élèves, étudiants, fonctionnaires, ouvriers etc.…en leur assurant de meilleures conditions de transport et de sécurité.

Dr Ramatoulaye HAIDARA

Depuis Rabat
01 Septembre 2010.