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Initié par Alioune Diop et l’équipe de Présence africaine, le premier congrès des écrivains et artistes noirs, a regroupé une centaine de délégués venus d’Afrique, de la diaspora noire, d’Europe, des USA et des Caraïbes. Les travaux de cette rencontre internationale se sont déroulés du 19 au 22 septembre 1956 dans l’amphithéâtre Descrartes de la Sorbonne.

Le congrès de Paris s’inscrivait essentiellement dans le contexte de la décolonisation culturelle. Il est significatif à cet égard, que le débats se soient focalisés sur les questions d’ordre culturel et politique, accordant une place moins importante à l’analyse littéraire et artistique à proprement parler. Une telle attitude a été dictée par l’urgence de la situation et par le souci d’un engagement en faveur d’une cause qui transcende les considérations individuelles.

En plus de l’émergence culturelle des écrivains, des artistes et intellectuels du monde noir, cette renconctre internationale marque de façon décisive la reprise de l’initiative culturelle, en prélude à la décolonisation qui a revêtu différentes formes, selon les pays et les régions. Poétes, romanciers dramaturges, artistes et chercheurs ont participé à la réflexion sur la libération politique et culturelle des noirs, brisant ainsi le mythe des créateurs enfermés dans leur tour d’ivoire.

Cinquante ans après, certains sujets conservent leur intérêt et leur actualité nonobstant le changement de contexte. Le colloque de Bamako du 17 au 19 mai dernier s’est proposé de les analyser à la lumière d’un environnement mondial en constante évolution. Ses travaux s’articulaient autour de trois axes de réflexion à savoir : art, littérature et politique, la question de la contribution des écrivains et artistes noirs à l’émancipation politique et sociale de leur pays ou de leur région continue aujourd’hui de se poser. Il importe de l’examiner à la lumière de plusieurs paramètres, les écrivains et artistes nègres, ont-ils une mission particulière à assumer envers leur peuple? Participent-ils à l’éveil des consciences populaires?…

Culture négro-africaines et diversite culturelle, cette question de la diversité culturelle revêt une importance capitale pour l’Afrique et la diaspora nègre qui n’ont d’autre solution que de prendre leur place sur l’échiquier international ou de subir passivement la globalisation des marchés… (art, tradition et évolution, les crises et ruptures semblent inhérentes à l’évolution de l’art négro-africains, elles prennent souvent la forme d’une confrontation entre conservateurs et progressiste, il arrive que certains écrivains ou artistes se demarquent de toutes formes de généralisation ou qu’ils ne se reconnaissent pas dans la culture négro-africaine. Telle qu’elle apparaît à travers discours réducteurs.


Bakoroba COULIBALY

23 mai 2007.