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Point Sud a organisé, samedi dernier, dans ses locaux une conférence-débats sur « l’indépendance de la Guinée : le sens et la portée du non à la Communauté française ».

Faire profiter à la jeune génération des connaissances du passé : tel était l’objectif de la conférence débats de Point Sud sur « l’indépendance de la Guinée : le sens et la portée du non à la Communauté française ». La conférence a enregistré la participation d’éminents professeurs d’histoire et d’étudiants.

D’entrée de jeu, Pr. Modibo Diakité, conférencier, chercheur à l’Institut des sciences humaines et ancien ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme de l’Etat, expliquera que Sékou Touré, le père de l’indépendance de la Guinée, est un héros pour la Guinée et pour l’Afrique.

« Au cours des années 1950, le combat politique et syndical pour l’émancipation du territoire est dominé par la figure emblématique de Sékou Touré dont le charisme déborde le cadre de sa Guinée natale. En 1953, il organise une grève générale de 72 jours au terme de laquelle seront institués le Smig et un code du travail d’outre-mer. Sous son impulsion, le mouvement syndical africain acquiert son autonomie notamment à travers la création de l’UGTAN en janvier 1957 » , a-t-il raconté.

Pr. Diakité a évoqué les motifs qui ont poussé Sékou Touré à dire « non » à la France et pour que la Guinée puisse acquérir son indépendance. Peu convaincu par cette version des faits, Pr. Francis Simonis, maître de conférence d’histoire de l’Afrique à l’Université de Provence, avouera que Sékou Touré n’a pas voté non. C’est la forme de son discours, ajoutera-t-il, qui a choqué le général De Gaulle.

Une leçon pour la jeune génération

Toutefois, les propos de Pr. Modibo Diakité ont été corroborés par certains anciens collaborateurs du premier président de la Guinée indépendante. El hadj Youssouf Traoré, un ami de Sékou, né en 1922, expliquera que « Sékou Touré a réellement dit non à la France. A l’époque personne n’osait dire non à De Gaulle. Les jeunes ont besoin de comprendre cette partie de l’histoire. Les jeunes n’ont plus la volonté de savoir parce que les anciens ont été très longtemps silencieux ». Il ajoutera que « 50 ans jour pour jour, Sékou Touré a dit non au référendum. Le non de Sékou Touré est à saluer. 100 ans après, nous allons pleurer Sékou Touré ».

S. E. Sanné Mohamed Topan, l’ambassadeur du Burkina Faso au Mali, dira que « les jeunes veulent vite réussir. Mais on ne peut pas réussir sans travailler, sans s’inspirer du passé. Aujourd’hui, on a appris des choses sur notre histoire qu’on ne peut pas apprendre en 4 ans d’études ».

En servant de creuset aux chercheurs intéressés par les différents aspects du savoir local, Point Sud vise à établir un dialogue constant entre les chercheurs d’Afrique, d’Europe, d’Asie et d’Amérique.

Sidiki Doumbia

15 Décembre 2008