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Le cinéaste Souleymane Cissé réinvestit les plateaux de tournage. Intitulé « Soba », son nouveau long-métrage de 80 minutes, ambitionne d’être un miroir reflétant les problèmes actuels de nos compatriotes. C’est Bruno Maïga, le ministre de la Culture qui a donné le premier coup de clap du tournage, jeudi dernier à Niaréla, derrière l’ambassade de la Russie.

D’après le synopsis, « Soba », la « grande famille » en bambara, est l’histoire de quatre vieilles femmes qui ne comprennent pas ce qui leur arrive quand la police encercle leur maison et les en expulse. Les femmes décident alors de camper devant la porte de leur maison paternelle, bravant les intempéries. Elles résistent aux caprices de la nature et à la volonté des hommes pour défendre ce qu’elles jugent être leur droit.

Le film s’attache à camper le problème du foncier qui constitue une préoccupation majeure dans notre société. En effet, les litiges se multiplient dans toutes les grandes agglomérations. L’expulsion des nos vieilles dames de leur domicile sur décision de justice, n’est qu’une des manifestations du phénomène. Elles ne se laissent pas faire et décident de résister. Leur opiniâtreté frappe les esprits dans le vieux quartier de Bamako nommé Bozola.

« En réalité, cette histoire sert de prétexte pour traiter de nombreux problèmes sociaux qui assaillent nos compatriotes depuis quelques années », explique Souleymane Cissé. « Je me disais qu’il y a un symbole très fort dans le fait que ces vieilles femmes décident de rester devant la porte de cette maison jusqu’à leur mort », poursuit-il. Cela méritait donc d’être immortalisé soit par écrit, soit par un film. Les actrices principales ont pour noms : Aminata dite Mantchini Koroba Cissé, Aminata dite Mantchini Cissé, Ba Djènèba Cissé et M’BaCissé.

Souleymane Cissé réalise ce film est en partenariat avec la maison de production française Walter films. Cette dernière a fourni une équipe de tournage composée de cameramen et d’un ingénieur de son avec leur équipement technique.

Le réalisateur finance le tournage. Le ministère de la Culture interviendra pour la post-production. Le cinéaste indique attendre d’autres moyens provenant de partenaires qu’il n’a pas voulu dévoiler pour l’instant.

Souleymane Cissé a déjà réalisé 7 long-métrages de 1965 à nos jours. Il a obtenu de nombreuses récompenses et prix à travers le monde dont deux fois l’Etalon du Yennenga au Fespaco et surtout le prix du Jury du Festival de Cannes en 1987 avec Yeelen ou la lumière. Depuis 1996, il est à la tête de l’Union des créateurs et entrepreneurs du cinéma et de l’audiovisuel en Afrique de l’Ouest (UCECAO). Il organise chaque année le Festival du film de Nyamina avec de nombreux vidéastes maliens.

Y. DOUMBIA

Essor du 29 Octobre 2013