Partager

Cheick Oumar Sissoko, émérite réalisateur malien et non moins ancien ministre de la culture du Mali, quatorze ans après son dernier film, a décidé de passer derrière la camera. Depuis deux semaines, il a lancé dans le tournage de son film intitulé « Rapt à Bamako ». Le 17 octobre 2013, Bruno Maïga, ministre de la culture a donné le premier coup de clap du tournage de ce film qui fera parler de lui.

« C’est un projet auquel le département de la culture du Mali tient particulièrement. Je souhaite beaucoup de réussite à l’équipe de tournage, sous la houlette de Cheick Oumar Sissoko. Et, pour celui qui connait les qualités techniques de ce professionnel de l’image et sa rigueur, nous sommes convaincus que le film fera date », a indiqué Bruno Maïga, ministre de la culture, tout juste après avoir donné le premier coup de clap officiel du tournage, dans une somptueuse villa à Kabala. Le film dont le tournage nécessitera 6 à 7 semaines, selon le réalisateur Cheick Oumar Sissoko, sera prêt dans 4 à 5 mois et sera probablement présenté pour la sélection du FESPACO 2015. Selon le synopsis disponible, le film « Rapt à Bamako » traite de l’Afrique engagée dans essai de la démocratie multipartite, en ce début de 3ème millénaire.

Avant d’ajouter que « Rapt à Bamako » est un film d’action qui nous introduit dans les difficiles tentatives d’exercice de la démocratie en Afrique. Dans ce film, le regard de deux jeunes de 14 ans, Malik et Sara, révèle l’insouciance et l’agonie des hommes politiques pour la condition humaine. Mieux, le film met en confrontation trois générations. Et seuls l’ouverture d’esprit et la combativité des jeunes issus de deux cultures, malienne et occidentale, et l’engagement de leur grand-mère MAH, conduisent à empêcher deux drames : le Rapt et l’assassinat d’un albinos et le rapt des résultats d’une élection présidentielle par un des candidats. Le film « Rapt à Bamako » est une adaptation du roman du même nom de Mandé Alpha Diarra.

Par la production de ce film, Modibo Bah, producteur délégué, dira que le Centre National de la Cinématographie du Mali (C N C M) répond à un souci permanent, d’officialiser par les écrans de cinéma, de TV et par internet, les façons de vivre, d’aimer, de prendre du plaisir, de lutter, qui sont celles des sociétés africaines insuffisamment présentes dans l’univers des images. Selon lui, les sociétés africaines, depuis deux décennies, s’essaient à la démocratie multipartite, mais la mauvaise gouvernance de nos états, crée la violence et la paupérisation des populations, tout en éloignent la paix, la stabilité, indispensables au développement et au renforcement de la démocratie, liés à une bonne organisation des élections, au respect des droits des minorités comme les albinos, objets d’exclusion et de sacrifice rituel dans la plupart des pays africains au sud du Sahara. Il dira que l’adaptation cinématographique du roman « Rapt à Bamako » est une réponse culturelle contre de telles pratiques. Pour ce film, Cheick Oumar Sissoko a fait appel à d’éminents comédiens comme Hamadoun Kassogué, Maimouna Hélène Diarra et tant d’autres.

Assane Koné

Le Républicain du 22 Octobre 2013