Partager


Le Centre Culturel Français de Bamako a abrité, le mercredi 21 mai, la projection de l’avant-première séance du film documentaire de 26 minutes, intitulé Ra, la réparatrice, du jeune cinéaste réalisateur Mamadou Vieux Cissé.

Cela se passe dans une rue très mouvementée du quartier de Bozola, une jeune dame de 25 ans, fiancée et mère d’un enfant, exerçant une profession d’homme. Elle est réparatrice de groupes électrogènes.

Le documentaire qui est une réalité, est un film de 26 minutes axé sur le genre, essayant de briser certains préjugés et certaines appréhensions sociales pour promouvoir la participation pleine et entière de la femme dans le développement économique, social et culturel du Mali.

Ra est venue dans ce métier, il y a de cela 7 ans, par amour, sinon, elle n’a pas fait d’études appropriées. Elle est la seule femme parmi ses collègues hommes qui la respectent beaucoup.

En plus d’être chef, elle travaille au rythme des saisons tout en encadrant les jeunes garçons stagiaires de 12 à 15 ans.

Le travail de Ra ne l’empêche pas d’être sociable, elle va jusqu’à s’offrir le luxe de participer à des tontines des femmes.

Dans le film, nous voyons aussi que les groupes électrogènes qui ne peuvent plus être réparés sont récupérés par un jeune chaudronnier qui les recycle pour en faire de la vaiselle. Ce qui fera que dans la réalisation de Vieux, le jour du mariage de la réparatrice, des cadeaux offerts provenaient du recyclage des pièces de groupes électrogènes.

Aux dires de son réalisateur, le film a été réalisé dans des conditions très difficiles.

De la conception du scénario à la production, le film lui a coûté trois bonnes années : «Cela est dû à un manque de soutien à la production cinématographique au Mali» a-t-il regretté.

Le film a été réalisé grâce à l’appui technique et financier du ministère des Affaires étrangères français, de la Société d’Equipement du Mali, la Banque Malienne de solidarité, les Assurances AGF, Helvetas-Mali,

les Services de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France à Bamako, l’UCECAO, les films Cissé, Sarama films, le musicien Toumani Diabaté, les Caisses associatives et mutuelles d’épargne : Misselini, Jemeni et Kondo Jigima. Il en a en profité pour leur dire grand merci.

Vieux Cissé d’ajouter «J’ai librement choisi cette voie qui me passionne tant, à tel point que je ne tomberai jamais dans le désespoir malgré les difficultés».

La directrice régionale de la Panafricaine des Femmes, Alwata Ichata Sahi d’encourager le réalisateur ainsi que l’actrice, puisque celle-ci a fait la fierté de la gente féminines «Il n’y a pas de sot métier mais de sottes gens» dit-elle, car, «il y a 20 ans, j’étais Alwata, la ramasseuse d’ordures, je suis aujourd’hui, la directrice régionale de la Panafricaine des femmes, cela est dû au travail».

Elle a exhorté les femmes à faire davantage preuve de courage tout en montrant aux hommes que celles qu’on surnomme sexe faible peuvent mieux faire.

La cérémonie de projection était agrémentée par Madina N’diaye, la joueuse de kora.

F. M.T.D

28 Mai 2008