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Il y a trois 3 ans, des individus non identifiés sans doute pour des raisons mystiques, ont déterré un cadavre de sa tombe afin de lui amputer les bras. Une année après, au même cimetière, une femme a été retrouvée déterrée, les seins coupés.

La semaine dernière, une tombe, vraisemblablement d’un bébé a été retrouvée ouverte et le cadavre tout entier emporté. Tous ces actes peuvent être attribués au fait que le cimetière n’est ni clôturé, ni gardé en effet.

A l’époque, les populations ont adressé une lettre aux autorités de la République pour leur faire part de la situation. Elles avaient cependant demandé à ce que le cimetière soit clôturé, et qu’un surveillant légal, c’est-à-dire avec l’autorisation de la mairie, soit embauché. Cette correspondance est restée sans suite. Dès lors, les populations ne savaient plus à quel saint se vouer.

Dans la recherche d’une solution à ces problèmes, le même cimetière fait récemment l’objet d’un litige foncier entre les populations et un individu nommé Barou. Ce dernier, prétendant être détenteur du titre foncier n°2147, selon nos informations, a planté les bornes dans la surface destinée au cimetière.

Mais de l’avis des populations, le titre que possède le nommé Barou est faux. C’est du moins ce qu’a laissé entendre Yacouba Fané, un notable de Sébénikoro, qui a participé au bornage du cimetière il y a environ 14 ans avec les géomètres .

Aux dires de Yacouba Fané, le terrain où se trouve le cimetière appartenait d’abord aux familles Touré (les notables de Bamako). C’est dans les années 90 que les autorités ont lancé l’enquête de commodo et incommodo.

Personne ne s’est présenté avec un titre, c’est ainsi que le colonel Niaré a attribué cette surface pour servir de cimetière communal.

Nous ne comprenons pas qu’un individu détenant un faux titre vienne planter des bornes dans la zone cimetière. Les autorités qui doivent prendre la situation à bras-le-corps, sont en train de la négliger. Nous avons décidé maintenant de trouver nous mêmes une solution à ce problème.
Le dimanche dernier, les populations se sont rendues au cimetière pour enlever toutes les bornes plantées dans le cimetière par Barou. Le dimanche prochain, nous procéderons à la démolition des réalisations faites dans la zone destinée au cimetière
” ,a-t-il fait savoir.

A ce stade, est-il nécessaire de rappeler aux élus, aux populations, le rôle de tout un chacun?

Investis de la confiance des populations, les élus doivent agir dans l’intérêt et avec l’aval des population et sous leur contrôle.

Donc, il est grand temps que les autorités communales s’engagent à trouver une solution à ce problème avant que la situation ne dégénère en une confrontation entre les populations et les travailleurs engagés sur le site litigieux.

Moussa TOURE

28 février 2006.