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Plus d’une décennie après la liquidation de la Société des ciments du Mali (Socima), notre pays aura dans trois ans son usine de ciment qui promet de vendre la tonne à 80 000 F CFA.

Le mercredi 24 décembre 2008, le ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce, en présence de ses collègues des Mines, de l’Energie et de l’Eau, des Finances, du Logement, de l’Urbanisme et des Affaires foncières, a signé une convention de création d’une cimenterie intégrée au Mali avec le PDG de West African Ciment-SA (Wacem).

La filiale malienne de la société Wacem est Diamond Cement. « Son dossier répond mieux aux exigences du code minier sur les 18 intentions d’investissement reçues par le gouvernement », a laissé entendre Ahmadou Abdoulaye Diallo de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie. La fin des travaux d’installation de l’usine est prévue pour fin 2011 et Wacem prévoit de vendre à un prix d’usine de 80 000 F CFA la tonne. L’entreprise va générer 250 emplois permanents et 1000 emplois temporaires.

Le projet, estimé à 66 milliards de F CFA de coût prévisionnel, aura une capacité annuelle de production de 1 million de tonne de ciment. Sa production s’étalera sur 800 000 t en première année, 900 000 t en deuxième année et 1000 000 t par an de la 3e à la 10e année.

Le capital de Diamond Cement sera détenu à 70 % par Wacem et la SFI. Les 30 % seront répartis entre les privés maliens (20 %) et le gouvernement 10 %.

100 milliards de ciments importés par an

La création de la nouvelle cimenterie est attendue avec beaucoup d’optimisme par le ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce, Ahmadou Abdoulaye Diallo. Selon lui, « le Mali importe 1 million de tonnes de ciment par an du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Togo et du Burkina Faso ». La facture d’importation est de 100 milliards de F CFA par an avec une absence de valeur ajoutée au niveau local, le manque de renforcement des capacités locales et un ralentissement du développement de l’économie malienne.

Le ministre des Finances, Abou-Bakar Traoré estime pour sa part qu’ « il y aura de la valeur ajoutée locale même si les recettes au cordon douanier vont baisser ». La réduction de la facture d’importation va contribuer aussi à équilibrer la balance des paiements. Mme Gakou, Salamata Fofana, du Logement, de l’Urbanisme et des Affaires foncières a montré tout l’intérêt pour son département dans le cadre de la construction des logements sociaux.

Wacem, une société d’origine indienne, a une solide expérience de fabrication de ciment en Inde et en Afrique (Togo, Ghana et Burkina Faso). Elle a déjà effectué des recherches sur le site d’Astro à Gangonterie.

Contrairement aux autres pays qui importent de la matière première pour la fabrication du ciment, le Mali dispose du calcaire estimé à 67 millions de tonnes et 11 millions de tonnes de marbre. Ce qui sera un atout considérable pour la nouvelle société, qui mise aussi sur les voies routières de la région et les rails pour écouler facilement ses produits.

La fermeture de la cimenterie de Diamou en 1997 a fortement renchéri le prix du ciment au Mali dépendant aujourd’hui de ses voisins. Le coût du transport lié à la hausse des hydrocarbures a exacerbé la hausse des prix. Le ciment a connu une forte flambée au Mali en 2008. La tonne a franchi la barre des 140 000-150 000 F CFA. Un prix qui n’avait jamais été pratiqué.


Abdrahamane Dicko

29 Décembre 2008